Big Eyes, le nouveau chef-d’Oeuvre signé Tim Burton

affiche big eyes

Avis aux amateurs d’art, de cinéma, d’histoire de l’art, passionné des années 50 ou de Tim Burton…

Etant dans l’optique de l’impossibilité de concevoir un métrage de Tim Burton sans les incontournables Johnny Depp et Helena Bonham Carter, j’apprenais la sortie du film Big Eyes. Histoire basée sur la vie de Margaret Keane, artiste américaine des années 50. Tim Burton s’initie là à un autre univers. Le printemps du cinéma comme motivation, brisant mon scepticisme d’aller à la rencontre d’un métrage signé Burton sans n’avoir aucun des prérequis de ceux-ci.

Nous sommes plongés dans l’univers de l’Amérique des années 1950 : quartiers résidentiels, urbanisme rectiligne et dandys charmeurs. Le film débute par une fuite, celle d’une femme malheureuse. Elle part en direction de San Francisco avec ses valises et sa fille sur la banquette arrière, pour reconstruire une nouvelle vie. Mère, partie du foyer, peintre qui ne vend pas, elle travaille dans une fabrique de meuble, n’hésite pas à brader son talent pour rapporter l’argent dont elle a besoin pour vivre. S’en suivra la rencontre avec Walter Keane, sourire vendeur et peintre sans talent, manipulateur et businessman. C’est donc dans cette Amérique beaucoup moins sombre et bancale que dans nombre des créations comme Sweney Todd ou Alice au pays des merveilles, que nous sommes immergé. On nous fait découvrir l’histoire d’une femme malheureuse mais pleine de courage dans un ensemble proche des œuvres d’Edward Hopper et de Philippe Lorca diCorcia.

Il est interessant de voir comment les personnages féminins sont traités chez Tim burton, on voit donc des femmes virtuoses au caractère fort, une pale douceur, une froideur exacerbée parfois.  Repensons à la folie de la Reine de Cœur, la profondeur du personnage de Mrs Lovett ou encore la célibataire dépressive complètement tarée Julia Hoffman. On est certes avec Big Eyes dans un macrocosme plus doux, stable, idéal et bien plus clair, un réel virage dans la création de Tim Burton, cependant le personnage n’en est pas moins travaillé. En Bref, une mère déterminée, une femme forte qui sera détruite par un mari assoiffé et à l’ego surdimensionné. Une fin Hollywoodienne mais qui réserve la scène du procès qui fera rire, preuve à l’appui, les juristes parmi vous.

Big eyes

Chose exceptionnelle, Tim Burton malgré ce virage d’univers, ne perd en aucun cas son talent à nous déranger, à nous faire nous sentir de trop, à la limite du voyeurisme il joue moins dans l’ambiance et largement plus dans le caractère. Ce sont des personnalités réelles mais originales qui auront sans doute poussé Tim Burton à s’essayer à l’historicité, au personnage vrai. L’imagination de coté, il ma personnellement touché. Margaret Keane, artiste qui perd son être, son âme et ses raisons de vivre. Elle se bat pour ce (et ceux) qu’elle aime, prisonnière d’un secret dont seul le caniche de la famille est le confident. On en arrive à en haïr certain et en aimer d’autres puis, après une heure et quart de film il relâche la pression à la fin du métrage, moment magique. Une réelle pirouette, un exploit dans l’idée puisqu’il joue les skieurs hors-pistes. Tim Burton nous montre ici  qu’il sait se débarrasser des carcans qui sont les siens, et que même dans ces expériences là il reste maitre dans l’art du ressenti.

Amy Adams dans le rôle principal sait transmettre avec légèreté la douleur lancinante de l’artiste. Christoph Waltz incarnant Walter Keane vous donnera des frissons par la schizophrénie de sa personnalité.

A voir absolument, aucune excuse ne saura être de taille.

François MAILLET, Co-Chat Moka

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