LE CHAT MOKA SORT LES GRIFFES !

Tant d’atrocités, tant de barbaries sous prétexte de raison religieuse… Le Chat-Moka – très tardivement – Souhaitait réagir à ces événements. Nous sommes un blog étudiant d’actualité culturelle et artistique et soutenons toutes les cultures, l’art au sens le plus ouvert et ne pouvons considérer ce genre d’ignominie.

Premièrement nous sommes étudiants, et à ce titre, nous prenons des libertés :

Celle de parler, librement, de sujet sans contrainte d’Age, de titre, de classe sociale ou de sexe. Les milieux étudiants sont ceux qui forment les générations à venir et c’est pourquoi nous aimons être critique. De tels immondices dans la société ne nous donnent que l’envie d’être plus acides et justes, critiques et exubérants. Nous continuerons à parler de sexe, à montrer des gens nus, à soutenir les opprimés par la culture et l’art. Le chat Moka à sorti les griffes et comptes bien continuer à écrire !

Celle de prêcher, pas de bonne parole ou de parole religieuse, nous prêchons l’amour, le sentiment, la peur et les larmes, le bonheur et l’exaltation par la curiosité et la découverte. Les populations sont restées trop longtemps la tête dans le sable, il faut ouvrir les yeux, se cultiver, éteindre la télévision et ouvrir un livre par exemple. C’est comme cela que le monde se reconstruit à notre avis. C’est en plaçant l’art et la culture au milieu de nos vies. L’histoire nous le prouve bien.

« Celui qui ne connait pas l’Histoire est condamné à la revivre »
KARL MARX

Secondement nous parlons d’actualité :

L’actualité c’est la critique, nous nous engagerons aux causes qui nous paraîtrons justes et objectives. L’actualité c’est prendre position, c’est ne pas s’encombrer des non-dits et aller là où un étudiant n’est pas censé mettre le nez.

Nous ne faisons pas de politique.
Nous restons critique face au monde.
Nous adoptons une vision humaine, sans distinction d’origine, de croyances, d’age ou de sexe…(ni même de sexualité)
Chat Moka prêche un monde plus rock n’roll et plein d’intelligence bien utilisée.

Face à toutes ces horreurs… Le Chat Moka sort les griffes !

Nos prochains sujets ne sont autres que les grandes figures homosexuelles des années 1900 et la représentation du diable lui-même. Nous cherchons toujours désespérément un chaton pour nous pondre de bons articles sur le Rock dépravés qui déplaît tant à Daesh. Continuons à être isolants et effrontés. Le chat moka n’a peur que des boules de poils et des puces mais certainement pas de la haine, l’Histoire nous à prouver que contre la haine, les plus belles actions étaient celles de l’amour et de la culture.

Bien à vous,

Chat Moka

Publicités

Top 5 des mondaines plus Rock N’Roll qu’il n’y parait

Tout d’abord, je m’excuse auprès de nos lecteurs, les ignominies de ces derniers jours ont quelque peu ralenti ma productivité.

Mais qui étaient donc ces femmes, ces mondaines posant pour les peintres à  la suite de rendez-vous pris dans les soirées mondaines en vogue. C’est intéressant de voir que l’on ne connait/s’intéresse à qu’une partie des 1900, peut être question de choix, peut être question de mode, ceci étant, on ne parle jamais de ces femmes qui ont pourtant inspirées tant de grands artistes.

Portrait de la Comtesse de Greffulhe par Alexius Philip Laszlo

Portrait de la Comtesse de Greffulhe par Alexius Philip Laszlo

Comtesse de Greffulhe

Actuellement au Palais Galliera à Paris sévit une exposition sur la Garde-Robe de la Comtesse de Greffulhe, mais peu de gens connaissent réellement ces femmes qui, à l’aube du XXème siècle ont apprivoisé Paris lors des salons et des soirées mondaines.

Cousine éloignée de la Princesse Bibesco, et encore plus éloignée d’Anna de Noailles, Cette femme s’implique véritablement dans la culture des tous paris mondains. Elle se plait à organiser une exposition au profit de la Société Philanthropique sur le thème des « Chapeaux de Théâtre ». C’est tout un univers de relations autour de ces femmes qui s’y attroupent. La mode est quelque chose qui est pris au sérieux par celles-ci. L’exposition à pour but de porter secours aux amateurs de théâtre, on voit nombre de publication dans les journaux de l’année 1906.  Dans ces années ci, c’est le journal « Les modes » qui parlent le mieux de tout cela. On y trouve des explications quant à l’exposition mais aussi et surtout les reproductions en image sans oublier la liste du gratin qui s’y trouvait.

Elisabeth de Caraman-Chimay, Comtesse de Greffulhe a été dans ces premières années du XXème siècle la femme la plus en vue de la capitale. Femme douce mais à l’élégance atypique, son intelligence et sa culture font d’elle la femme passionnée par l’organisation de spectacle qu’elle restera. C’est un véritable entrepreneur en son temps ! Proust aura le désir d’approcher cette femme fascinante aux yeux profond mais cela se révélera « trop facile » et il devra de nombreuses fois se résoudre à refuser ses invitations.

Ces journaux sont une réelle mine d’or historique (bien sur demandant vérification, mais tout de même) nous y apprenons que tel comte vient de passer l’été à tel endroit et qu’il y a organisée une sauterie des plus mondaines (Encore ici on trouve la liste des invités). Vous l’aurez compris c’est un peu l’ancêtre de la presse people.

Portrait officiel de la Comtesse de Noailles décorée de la Medaille de Commandeur de la Legion d'Honneur par Kees Van Dongen en 1931

Portrait officiel de la Comtesse de Noailles décorée de la Médaille de Commandeur de la Légion d’Honneur par Kees Van Dongen en 1931

Comtesse de Noailles

Oui, vous allez finir par en avoir assez, mais pas encore…

Bien sûr que la Comtesse de Noailles fait partie intégrante de ce gratin, mais ce ne sera pas toujours le cas. Son salon de l’avenue Hoche aura beaucoup d’influence, ses écrits son commenté par beaucoup. Bien sur la richesse du Comte de Noailles (tout comme celle du Comte de Greffulhe) aura contribué à donner à ces dames du monde avec le temps une image d’idiote et d’inutile. Heureusement ces jours ci, ces princesses, comtesses et autres mondaines font leur grand retour dans l’histoire et l’histoire de l’art ainsi que dans nos musées.

Au-delà de son salon, les tenues de la Comtesse sont absolument extraordinaires. Récemment j’ai pu croisé un site de vente de vêtement traditionnel sur internet qui prétendait que la Comtesse de Noailles avait fait connaitre la tenue traditionnelle roumaine à la capitale, bien sûr ! C’est une aberration. La tenue traditionnelle roumaine ? Si l’on connait un tant soit peu le pays, on voit ces tenues blanches à broderies rouge, figure du paysan national si longtemps entretenu… on imagine mal la comtesse se vêtir telle une « ţarancă » (Paysane) dans les salons littéraires mondains de la Capitale.

Passionnée par les grands de ce monde, par la nature et le lyrisme romantique de Musset, ou l’universalité d’Hugo. Anna de Noailles sera à l’initiatrice de l’actuel Prix Femina, Académicienne en Belgique et première femme Commandeur de la Legion d’Honneur Française.

Au-delà de ces quelques formalités, Pour moi c’était surtout un être de sentiment, d’érudition et de culture, une femme usée par le verbe ! Imaginez donc cette jeune fille que l’on appelait Anna Brancovan, une fleur roumaine se sentant plus française que toutes les françaises, qui à l’Age de 15 ans avait déjà lu tout Hugo et Musset, qui commençait Anatole France et qui ne croyait résolument pas en Dieu.

Autoportrait par Winnaretta Singer

Autoportrait par Winnaretta Singer

Princesse de Polignac

Pour ceux qui ne la connaisse pas, je me permets de vous présenter « Winnie », Winnaretta Singer, Madame Edmond de Polignac. Elle représentait, comme les Noailles, les Greffulhe ou les Bibesco, une des grandes familles fortunées de la fin du XIXème. Son nom ne vous est pas inconnu avouez ?  Nous avons tous une grand-tata qui raccommodent les bas de pantalons à l’aide de sa machine à coudre Singer ! Eh  ! et bien, Winnaretta Singer est l’héritière de cet empire de machine à coudre ! Winnie, c’est aussi une des grandes figures lesbiennes du debut des années 1900. Que voulez-vous, il fallait bien sauver les apparences. Elle fréquentera Romaine Brooks, pour ne citer que la plus connue [que dis-je, en plus de son mari].

New-yorkaise d’origine, après un mariage raté qu’elle fait annuler par le Vatican, Elle se marie avec un Homosexuel discret de 59 ans, ce qui lui permet d’avoir une liberté amoureuse. Le plus drôle dans l’histoire c’est que ce n’est pas la seule à avoir recours à ce genre de mariage. Romaine Brooks par exemple a fait –à peu de choses près– la même chose avec son mari.

Tout comme la Comtesse de Greffulhe, elle aime à donner l’argent de son merveilleux mari (et de sa propre famille) aux œuvres caritatives et sociales. C’est, tout comme le portrait mondain, une des grandes pratiques de l’aristocratie de ces années-ci. C’est une femme qui fréquente les milieux érudits, les salons littéraires et ainsi, sa double nationalité lui sera bien utile car on viendra lui demander la traduction de certains ouvrages tels que le fameux « Walden ou la vie dans les bois » de Henry David Thoreau dans sa première version. Livre qui nous avait déjà été conseillé par Radio Pulsar il y a quelques semaines.

Portrait de le Princesse Bibesco par Boldini en 1911

Portrait de le Princesse Bibesco par Boldini en 1911

Princesse Bibesco

Marthe Lahovary de son nom de jeune fille est née à Bucarest en 1886. Bibesco lui viendra de son mariage avec Georges Valentin Bibesco de Caraman Chimay [Gare à ceux qui critiqueraient les noms à rallonge, j’ai écrit ici la version courte]. Mariage qui fait d’elle, la cousine par alliance d’Anna de Noailles, une de ses lettres à Marcel Proust nous révèle qu’elles ont en plus de cela une arrière-grand-mère en en commun. Moi ? Cautionner la consanguinité ? Jamais !

Parlons peu mais parlons bien, Marthe Bibesco est une éminente femme de lettre des années 1900, elle siégera aussi en tant que membre étranger littéraire à l’académie royale de langue et de littérature française en Belgique mais contrairement à ce qui est dit bien souvent, pas à la même chaire que la comtesse de Noailles.

La princesse Bibesco est surtout la Muse véritable de Marcel Proust, la plus douce et la plus lyrique.

Portrait de Laure de Sade, Comtesse Adhéaume de Chevigné par Federico de Madrazo

Portrait de Laure de Sade, Comtesse Adhéaume de Chevigné par Federico de Madrazo

Comtesse de Chevigné

Pour continuer dans la liste des mondaines plus Rock N’Roll qu’il n’y parait, j’introduis Laure Marie Charlotte de Sade de son nom de jeune fille. Ce n’est pas rien d’être descendante du Marquis de Sade ! Elle aussi fut une des sources d’inspiration pour Marcel Proust. Je pense que toutes ces comtesses, princesses et autres mondaines 1900, avait pour confesseur l’Abbé Mugnier. Il devait en savoir des choses cet homme. Peut–être que le Chat-Moka écrira un article sur lui d’ici peu.

Laure de Chevigné, Comtesse d’une famille légitimiste, elle tient un salon musical et artistique. C’est un milieu ou la culture est aussi importante que l’argent. Loin de toute critique, elle disait que ses amis et ses années se pouvaient être comptés sur  ses colliers ». En effet ceux-ci avait pour tradition de se cotiser pour lui acheter un nouveau rang de perle chaque année.

Toutes ces femmes, si l’on oublie leurs penchants Légitimistes, Bonapartiste, Royalistes, paraissent pour les néophytes bien ennuyeuses, et puis, en creusant un peu on trouve plus qu’ailleurs le lot d’amusement nécessaire à chaque classe sociale. Entre les mariages arrangés entre homosexuels notables, salons bondés d’artistes, Comtesses extravagantes aux milles tenues, muses des années 1900. Ces femmes sont ici bien maigrement résumées, j’espère vous avoir intrigué sur ces quelques personnages. Il existe bien des références littéraires à leurs sujets, à vous de jouer !

Bien à vous,

Chat Moka.

Pour un autre Jean Cocteau

Aujourd’hui mes chatons je réalise le veux de vous parler d’un livre qui me tiens à cœur tellement il m‘est personnel. Quelque part c’est paradoxale mais ce que Jean Cocteau confie dans ce livre est une chose extrêmement personnelle et à la fois universelle.

Alors que l’on assiste à un retour en force du personnage de Cocteau dans la recherche et les événements culturels du moment, la question la plus pertinente serait : Oui, mais quel Cocteau choisissons nous de montrer ? Il y a des facettes de Cocteau que l’on oublie bien souvent de montrer, parce que

« La France supporte mal un rôle qui n’est pas tout d’une pièce. L’avare doit être toujours avare, le jaloux toujours jaloux. C’est le succès de Molière. »

Dit Jean Cocteau lui-même en 1927 dans l’ouvrage que je vais vous présenter.

Autoportrait de Jean Cocteau

Autoportrait de Jean Cocteau

Le Cocteau des débuts : L’Anna-Mâle

Né le 5 Juillet 1889 dans une famille Bourgeoise, Il grandit alors dans un « un climat postromantique empreint de fantaisie, d’érudition légère et de mélancolie » (Claude Arnaud). C’est un enfant qui est « mal dans sa peau » dirait-on aujourd’hui. Élevé par une gouvernante allemande qui prendra une place intéressante dans son éducation, il devient un homme autour duquel gravite un petit musée imaginaire dans lequel on retrouve un univers fourni. Cette gouvernante sera un des points communs qu’il aura avec Anna Bibesco de Bessarab-Brancovan, Future Comtesse de Noailles.

C’est au cours des soirées mondaines de la première décade du siècle dernier qu’il fréquente la Comtesse de Noailles. Il écrit déjà et lui confiera quelques-uns de ses textes. C’est un Cocteau Jeune et dont le style aime à s’accommoder de celui d’Anna de Noailles. La rencontre avec Diaghilev fera de lui le poète que tout le monde connait. Mais qui se rappelle de l’Anna-Male ?  Pourquoi serait ce plaisant de l’effacer ? On a ridiculisé bien assez le Comtesse de Noailles, la réduisant à une païenne idiote et trop lyrique… Cocteau a raillé Proust comme la comtesse, mais les dessins de Jean Cocteau traduisent le manque, l’absence de celle qui fut bien longtemps sa « grande-sœur ».

En 1922, dans le Secret Professionnel, Cocteau se plaira à confier que

« La  poésie est pour lui affaire d’« électricité », non de « forme des lampes » : sous cet angle, elle est admirable aussi bien chez Anna de Noailles que chez Tristan Tzara »

Cocteau se faisait alors appeler l’Anna-Mâle par les journaux, ce qui lui valait la réputation d’une tutelle par la comtesse. Sem, caricaturiste hors-pairs, ne le ratera pas en faisant de lui le petit chien de madame la rose insinuant le fait d’un Cocteau servile et suivant la Comtesse.

Le coin des poètes, Caricature de Sem

Le coin des poètes, Caricature de Sem

Passé les années 1910, Cocteau, je vous l’ai déjà dit, est celui que nous connaissons bien. Mais il tient toujours une correspondance avec sa « Grande sœur », Celle qui lui disait « Je préfère à chaque page » parlant du troisième recueil de poésie « la danse de Sophocle », lui fait part de ses regrets quant à ce que j’appellerai son changement de Cap.

L’œuvre qui pour moi, est une des plus marquante de l’œuvre de Cocteau est [Symboliquement peut-être] Le livre Blanc. Certes j’apprécie le personnage de la Comtesse et de l’Anna-Mâle mais C’est le Cocteau de 1927 qui écrira cet ouvrage.  Laissez-moi vous le présenter.

INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS
[Nan j’déconne]

Cocteau et le livre Blanc :
une autobiographie érotico-historique

Le livre blanc a tout d’abord été publié anonymement, ce n’est que bien plus tard que Cocteau a affirmé la paternité de cette œuvre, figurant désormais au sein de ses œuvres complètes.

enfant jeune

Il se confie et essaye d’expliquer, du plus ancien souvenir qu’il ait, d’où vient son homosexualité. Sa relation avec sa famille, le jeune valet de ferme, puis plus tard, le Lycée Condorcet « La classe sentait le gaz, la craie, le sperme », Cocteau arbore la crudité des mots et nous dépeint ses souvenirs.

Oui, il s’agit d’un ouvrage érotique mais à la fois autobiographique, personnel et universel. Ainsi vous le disais-je.

Cocteau aime à nous conter son mal-être, son malaise parfois, ses déchirures. Ainsi et seulement ainsi on peut comprendre un être, s’y personnifier, re-contempler son chef-d’œuvre. [Appelez cela sa vie si vous le souhaitez]. Vous parcourrez ainsi le temps en sautant la relation en relation, de mensonges en tromperies.

Cocteau n’étant pas un coureur de jupons, [au masculin comme au féminin], l’unique qu’il est, n’est alors qu’errance dans le monde de ces

« rencontres rapides où l’égoïsme se satisfait ».

« Mon goût ne serait pas de m’amuser cinq minutes, mais de vivre toujours avec lui ».

Cocteau dors

dormir

C’est un être de sentiment qu’est Jean Cocteau et au travers du Livre blanc. Nous voyons ses maux, ses pansements mal faits et ses névroses, le conduisant toujours à l’échec. Revoyant sur chaque homme séduisant le visage de ceux qu’il eut aimé et perdu.

Les dessins :
la magnificence du Masculin

L’Edition illustrée de 1983 accompagnée des 47 dessins originaux de Cocteau est un petit bijou de livres rares. Le Chat-Moka rêve d’ailleurs de l’avoir dans sa bibliothèque et l’a soigneusement inscrit sur sa lettre au père noël.

coverture ed messine modiane

pour montage2 livre blanc cocteau-jean-1889-1963-france-etude-non-choisie-pour-une-ill-3619449

Le trait fin et souple de Cocteau est celui qui habille le mieux ces textes, ils laissent entendre les soupirs de ces hommes qui ont fait de lui le poète usé par le verbe qu’il est devenu. [On eut dit cela de la Comtesse aussi]. Ces traits dépouillés, semblant parfois divaguer rendent avec magnificence la beauté de ces scènes.

Les cheveux qui s’envolent, les poils qui tourbillonnent…Sacré Cocteau ^^

magnifique JeanCocteau_02avec Alfredo
Des musculatures exacerbés comme seul le Maniérisme nous en avait montrée, des drapées écorchés et solide nous rappelant Egon Schiele, Des visions de scènes d’amour ou règnent la douceur des traits de l’artiste et des sexes tendus et pourtant dénués de vulgarité. Dans une dualité entre complicité malicieuse et simple candeur. Dans la peinture ou même l’art de manière général, Cocteau vient prendre sa place aux cotés de Schiele et de Bouguereau dans ces artistes qui ont magnifié le corps de l’homme.

Le Livre n’est actuellement plus édité par aucune maison d’éditions et c’est vraiment dommage. Il fait partie des chefs d’œuvre méconnus qui ne font pas assez vendre. [Même en période de Cocteau-mania].

C’est une œuvre se doit d’être lu, Le Chat-Moka a été véritablement bouleversé par cette lecture.
Vous pouvez trouver le texte ici, ou ici. Il existe plusieurs version du livre mais l’illustrée me semble la plus judicieuse.

Au risque de vous spoiler, le livre se termine de façon magistrale avec cette phrase que je retiendrais pour des années à venir :

« Un vice de la société fait un vice de ma droiture. Je me retire. En France, ce vice ne mène pas au bagne à cause des mœurs de Cambacérès et de la longévité du Code Napoléon. Mais je n’accepte pas qu’on me tolère. Cela blesse mon amour de l’amour et de la liberté. »

bravo bravo bravo

N’hésitez pas à laisser vos impressions quant à ce livre en commentaire.

Bien à vous,

François MAILLET, pour Chat-Moka

Bibliographie : 

COCTEAU, Jean, Le Livre blanc illustrés des 47 dessins de l’auteur, (Version Numerisée), Ed. de Messine, 1983.

ARFEUILLERE, Manon, DOSSIER : Un artiste, un auteur, une Œuvre Pablo Picasso et Jean Cocteau,  Non édité, Poitiers, 2015.

NOAILLES, Anna (de), Le livre de ma vie, Ed. Barrillat (Réed. 1932), 2008, Paris

NEMER, François, COCTEAU : sur le fil, Coll. Découvertes, Ed. Gallimard, 2003, Paris

Automne-Hiver 2015 : La renaissance des 60’s

 » Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »
Antoine LAVOISIER

Quand Antoine Lavoisier (1743-1794) utilise cette paraphrase du philosophe grec Anaxagore de Clazomènes, pour expliquer l’équilibre des différents éléments chimiques, il n’a jamais du se dire que celle-ci pouvait être applicable pour le domaine de la mode vestimentaire. Et pourtant, l’équilibre des époques provoque, au fil des décades, un mélange surprenant et décapant au niveau du style. La génération du début XXIe siècle s’habille, écoute, voire mange comme nos grands-parents. Pull court, pantalon chino ¾, mocassins, etc. Les grandes maisons de prêt-à-porter ont donc profiter de l’occasion pour remettre au goût du jour des coupes et couleurs d’il y a soixante ans.

Les années 1960 présentent deux périodes vestimentaires bien distinctes : celle du début de la décade, de 1960 à 1964, où les codes fifties sont encore ancrés, avec cols roulés, jupes étroites, chemisiers pastel et vestes unies à chevrons, escarpins classiques aux tons neutres et souvent sombres ; le tout sans excentricités. Jackie Kennedy incarne parfaitement ce style de tenue, vestimentaire et comportemental, la morale dicte ces comportements.

image i

1. le fameux tailleur Chanel (source : desperatelyseekingsparkle.com)
2. source : ohmymag.com
3. source : vintagefashionguide .com

Pour les hommes, les costumes trois pièces avec gilet cintré sous une veste assortie, mouchoir dans la poche gauche, reste un classique : la série Mad Men illustre cet exemple.

image 2

Source : theguardian.com

image 3Source : hollywoodreporter.com
image 4

Source : indiewire.com

Après 1964, et ce jusqu’en 1969, avant l’arrivée des Hippies, la mode féminine se libère petit à petit : robes trapèze, minijupes, robes chemisiers, cuissardes, couleurs vives ; le tout surmonté d’une choucroute à la Bardot. Les hommes prennent exemples sur les Beatles, et autres groupes anglais que le vent britannique importe au-delà des mers Atlantiques et de la Manche. Des acteurs comme Steve Mc Queen, avec ses gilets à fermetures éclair, ou des chanteurs comme Tom Jones ou James Brown, avec leurs rouflaquettes et bananes, vont clairement instaurer une mode masculine « fémininisée » : le Swinging London montre que le « sexe fort » se préoccupe de son apparence, et impose la mode comme un jeu, où toutes les semaines, un tel accessoire se ringardise au profit d’un nouveau soit plus coloré, soit à la coupe différente de quelques centimètres au niveau des poignets.

image5

1. Tom Jones (source : mirror.co.uk)
2. James Brown © Jean-Marie Perrier

Pour ce qui est du maquillage, les yeux sont lourdement fardés et le visage poudré de tons naturels (rose pâle, pêche, corail). Le mascara épais étoffe les grands cils, les faux aident les petits cils, le crayon souligne le regard, et les lèvres sont nues et souvent assorties aux ongles. Des modèles, comme Pattie Boyd, Penelope Tree ou Brigitte Bardot (encore) peuvent vous aider.

coiffure

Pattie Boyd © Pinterest.com
Penelope Tree © luneblog.com
Brigitte Bardot © Le Mépris (1963) de JL Godard

Et les bijoux dans tout ça ? Oubliez les breloques hippie. Le must have c’est la perle ! En collier, en bague, en boucles d’oreilles, en bracelet…

bijou

Romy Schnedeir © Abaca
Catherine Deneuve
Sylvie Vartan © Jean-Marie Perrier

Dans le palmarès des enseignes de prêt-à-porter, la marque espagnole Zara tient le bon filon :

FEMME

image 6
Pull en maille – 29.95 euros
Jupe avec poches avant – 19.99 euros

image 7
Robe forme trapèze – 49.95 euros
Robe en microjaquard – 39.95

Image 8

Robe en daim – 59.95 euros
Robe color block – 39.95 euros

HOMME

Image 9

Polo jacquard – 25.95
Pantalon chino avec ceinture– 39.95
Chelsea boots – 79.95

Manches du polo et pantalon chino à retroussé, chaussettes accordé au polo et visibles.

image 92

Blazer ensemble – 129
col roulé – 59.95
Mocassins – 69.95

D’autres marques de prêt-à-porter comme Pimkie, H&M, ou cache-cache par exemple suivent le même ordre. Mais avouons-le, les prix sont relativement cher et vous constituer une garde de robe dite « vintage », c’est mission impossible. Une seule solution pour les étudiants fauchés (comme moi) : les friperies ! Des deuxièmes mains d’origine, pas faussement vendus, qui vous donneront une véritable valeur à votre style rétro.

A vous de jouer 😉

Hélène Jevaud pour Chat Moka