À plume ou à Poil !

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Après le vide intersidéral sur Chat Moka durant les fêtes, j’ai interviewé Mauve LEROY, jeune entrepreneure pétillante qui vient récemment d’ouvrir son second magasin éthique et plus qu’original à Poitiers. (Quand les poules & Poils de Carotte)

Il vous reste surement à trouver des cadeaux originaux et peu banals pour vos amis (Chat Moka par exemple …) pour le Réveillon ou simplement par générosité. Cela tombe parfaitement bien car une nouvelle boutique nommée Poils de Carotte vient d’ouvrir rue Saint Nicolas !

Mauve

Bonjour Mauve,

Le Chat-Moka aime venir jeter un œil régulièrement aux nouveautés de ta (et tes) boutique(s). On y trouve toujours de quoi faire plaisir. Jamais trop sérieux, toujours décalé et hors des sentiers battus, plein de petites merveilles à découvrir entre Quand les poules & Poil de carotte.

Parlons un peu de toi, Comment en es-tu venue à l’entrepreneuriat ?

Dès mes premières expériences professionnelles, j’étais très indépendante, je travaillais beaucoup en télétravail et autonomie complète. Mon dernier poste offrait beaucoup moins de liberté et a fini par mener à un burn-out. J’ai construit pendant 6 mois une nouvelle orientation professionnelle plus en accord avec ma façon de travailler. Je ne trouvais aucune structure ni projet similaire au mien. On n’est jamais mieux servi que par soi-même paraît-il, alors j’ai créé ma propre société.

L’entrepreneuriat est un métier à part entière qu’on n’apprend que sur le tas. J’en découvre encore de nouveaux aspects chaque mois.

Pourquoi avoir choisi un tel concept de boutique ?

Dans mon ancien métier (directrice de communication en environnement), j’étais amenée régulièrement à tenter de valoriser des initiatives originales et/ou plus vertueuses. Par exemple, optimiser les circuits de collecte des déchets tout en communiquant en amont pour en produire moins permet de réduire les embouteillages liés à la lenteur du camion dans la rue, réduire la pollution produite pour cette collecte et réduire l’empreinte de chacun.
La même logique doit s’appliquer à la production des objets. Qu’on fasse faire le tour du monde a un tee-shirt (le premier pays produit le coton, un second le traite, un troisième le tisse, un quatrième l’assemble et le dernier coud l’étiquette et le vend) est parfaitement absurde.
Il n’existait aucune Boutique où toute la sélection avait été réfléchie en amont avec cette logique globale. Valoriser les savoirs et savoir-faire par des articles plus éthiques, plus écologiques, plus locaux permet de changer les habitudes et les réflexes d’achat des consommateurs qui deviennent ainsi plus acteurs.
L’autre aspect du projet était de valoriser les liens sociaux et locaux. Le commerce de proximité se meurt et pourtant ce n’est pas dans une grande surface ou sur Internet que vous trouverez un humain souriant pour vous renseigner ou vous aider à trouver exactement ce qui vous ferait plaisir…

village miniature chez QLP

J’imagine que c’est un peu ta petite gloire que de dénicher des objets toujours plus insolites et géniaux. Cela doit te ravir de dénicher ces petits trésors qui feront le bonheur des autres…

J’ai travaillé un an sur le projet avant d’ouvrir la première boutique, afin de constituer un carnet de marques et Créateurs cohérent. Et je continue de chercher ou me renseigner. Je suis la première à m’émerveiller ou m’émouvoir des découvertes que je fais. La plus grande récompense est de voir les destinataires sourire à leur tour.

QLP
Quand les Poules ? Une suite à cette question/phrase ?

Quand les poules auront des dents. Une expression française intraduisible qui signifie jamais.
Il y a aussi un côté science-fiction un peu inquiétant à la Georges Orwell quand on imagine des poules pleines de dents. Je ne veux pas connaître ce futur là.
Comme il ne faut jamais dire jamais, que je préfère l’avenir sans manipulations génétiques hasardeuses et que je suis une fille sympa qui ne mord pas, j’ai coupé la fin de la phrase .


Poils de carotte ? Tu fais une fixette sur les animaux ?

Pas du tout, c’est un heureux hasard.
Je n’avais pas vraiment pensé à l’animal pour Quand Les Poules… Surtout à l’expression.
Poils de Carotte c’est une référence à la teinte rousse. Au livre de Jules Renard qui a le poil au singulier. Une ode à la résistance d’un petit humain contre des grands dadais, un pied de nez aux idées toutes faites, le triomphe de la ruse espiègle contre la cruauté.
Poils de Carotte c’est aussi une Fifi Brindacier, un être se donnant les moyens de vivre (et non survivre), chose en voie de disparition dans un monde toujours plus policé aux idées très arrêtées.
J’ai pensé cette boutique comme un refuge de l’intelligence juvénile spontanée contre la logique barbante et stérile de certains adultes.
Et puis évidemment j’ai trouvé drôle que le renard et la poule soient amis. D’ailleurs le premier chapitre de Poil de Carotte s’appelle… « Les poules » …

C’est une question personnelle mais j’aime à croire au concept du Musée Imaginaire de Malraux, Cette idée de l’album photographique de la culture universelle… Dans qu’elle environnement à tu grandi ? Avais-tu des passions ? Des rêves ?

J’ai grandi dans une famille recomposée, aimante, à l’écoute et qui m’a transmis un maximum de clés de compréhension du monde et des rapports humains. J’ai toujours eu 2 maisons avec 2 écosystèmes différents. Des livres, de la musique, des Kapla, des Lego, des cours de cuisine, passer des heures au jardin, quelques jeux vidéos, beaucoup de sport, des balades en forêt et à la mer, mon enfance se résume à ça. Ça ouvre les perspectives !


J’avais une passion pour l’art en général, je lisais tout, je passais des heures au musée, je trainais ma grand mère dans les expos classiques et contemporaines… Architecture, peinture, sculpture, mode, ameublement… Tout y passait. Je faisais une dizaine d’heures de cirque par semaine dès mes 12 ans (trapèze, saut à l’élastique, trampoline, contorsion). J’adorais les super-héros et la science-fiction, les comédies musicales kitsch et angoissantes comme Starmania ou les spectacles du Cirque du Soleil.
Mes rêves c’était de faire le tour du monde en bateau, il n’est pas trop tard pour ça… Et de trouver un métier que j’aime, ça c’est de plus en plus tangible


C’est triste mais je crois que les gens, les poitevins n’ont pas assez conscience de la profondeur du concept de ta boutique !
Que penses-tu que les gens doivent faire pour agir à leur niveau ?

Je ne suis pas donneuse de leçon mais je peux conseiller si on me sollicite. Pour que quelqu’un agisse, il faut avant tout qu’il en ait envie et qu’il comprenne en quoi c’est important.
Les résultats des dernières élections sont significatifs : on ne vote pas car on n’en voit pas l’intérêt. Et lorsqu’on vote, on donne son pouvoir à des extrêmes, par provocation autant que par désarroi…
Je suis de la philosophie de Pierre Rabhi, il faut des moteurs qui avancent et donnent envie aux autres de nous rejoindre. Moi j’avance, je convaincs petit à petit, et plus on s’intéresse à mes boutiques, plus on comprend la profondeur du concept qui va avec. J’ai moi-même des moteurs plus gros que moi que je suis, ces moteurs ont eux-mêmes des moteurs…

Si tu avais dû vivre/naitre à une autre époque laquelle serait-ce ?

Celle de mon père : un babyboomer. Ils avaient les clés en mains pour tout changer mais ils se sont arrêtés en chemin. Il fallait non seulement travailler à leur liberté mais aussi assurer celle de leurs enfants dans de bonnes conditions. Ils se sont fait rattraper par l’ultracapitalisme qui a phagocyté les générations suivantes, nous.
Si les grandes orientations en matière d’environnement avaient été prises avec fermeté à l’époque, on ne serait pas dans l’impasse coûteuse que nous vivons aujourd’hui.

Tu as été étudiante, quels conseils donnerais-tu aux étudiants de la SHA Poitiers ?

Mon seul conseil c’est de profiter au maximum de cette période de découvertes et construction de son identité. De prendre le temps. Si vous ne savez pas où vous inscrire à la rentrée, ne cherchez pas une formation à tout prix, prenez un an pour faire le tour du monde ! Les études seront encore là à votre retour ! En revanche, une fois dans votre formation, donnez-vous à fond, obtenez votre diplôme haut la main car vous l’avez choisi et vous méritez d’être le meilleur
J’étais et suis toujours une boulimique de travail. L’image de l’étudiant qui fait la fête tout le temps et obtient ses partiels aux rattrapages, je n’ai pas connu. Et si c’était à refaire, je ne changerais rien
Le temps étudiant offre cette incroyable liberté de vie en décalé. On peut aller au musée, au cinéma, à la bibliothèque en dehors des périodes de rush et mieux profiter des choses tant que c’est gratuit ou à tarif réduit. Par exemple, pendant ma prepa, j’allais presque chaque jeudi soir au Musée. Je prenais une heure pour étudier une ou deux œuvre en détails. Et puis, je rentrais me remettre au travail.
J’étais aussi très impliqué dans Radio Campus Paris, j’y avais des émissions, des chroniques, des responsabilités administratives…

Fifi Brindacier, Georges Orwell, Jules Renard, tu commences à me dépeindre un univers plutôt éclectique… si tu ne devais retenir qu’un livre, un film et un artiste… je t’écoute !

Un livre seulement ? Très difficile… J’hésite entre « Max et les maximonstres », « Le rouge et le noir » et « La horde du contrevent »(Damasio) mais s’il ne fallait en garder qu’un ce serait « Les cerfs volants » de R. Gary
Un film, Breakfast at Tiffany, Le Mépris et Mary Poppins. Bon d’accord ça fait 3
Un artiste, encore plus difficile. Un personnage plutôt : celui de l’homme volant dans le spectacle Alegria du Cirque du Soleil.

Comment imagines-tu l’avenir pour toi, tes projets ? Pour Poitiers ? Le monde ?
J’ai monté des projets énormes ces dernières années, il me faut un peu de temps pour les consolider. Je prends énormément de plaisir à former mes employées, des jeunes à qui je veux transmettre des valeurs de travail justes, épanouissantes, avec rigueur et réflexion approfondie.
Il y a 5 ans, j’ai pris un aller sans retour pour la Suède, je suis néanmoins revenue en France. Dans 2 ans, les élections nationales me feront peut-être prendre la route à nouveau. Peut-être sera-t-il temps de le faire ce tour du monde à la voile ?

Quelques liens :

Le site de Quand les Poules 
Le site de Poils de Carotte viendra prochainement

Page Facebook de Quand les Poules & Poils de Carotte

Voilà, j’espère que la découverte de la belle personne qu’est Mauve Leroy et de son univers vous donneront l’envie d’aller découvrir ses boutiques.

Bien à vous,

Chat Moka ❤

 

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La bibliothèque idéale du Chat-Moka

A l’heure où les élections régionales font couler plus d’encre que jamais et où le journal Le Monde décide, ENFIN, de prendre position contre un F-Haine plus débèquetant qu’il ne l’a jamais été, nous entrevoyons les rayons de lucidités dans les yeux de nos journalistes préférées et de leurs rédactions souvent trop frileuses. Ce qu’il y a de bien à être un blog étudiant c’est que nous avons une liberté de parole extraordinaire. En Juin dernier nous avons publié un article sur l’éloge de la critique et les journaux, aussi nombreux, petits, internationaux soient ils devraient suivre l’exemple du Monde et plus encore. Ces journaux devraient (et ceci est valable pour le Monde) redécouvrir voire réinventer le métier même du journalisme. La liberté de la presse que nous chérissons tant nous vient de journaux et j’entends par là de journalistes bien plus acides et critiques autant qu’engagés que l’on en trouve aujourd’hui. Vous voulez lire l’information crue et objective ? Lisez les brèves AFP, il ne faut pas tout confondre, un journaliste, par définition ça prend parti ! Bien-sûr vous pourriez lire Hemingway mais franchement si vous lisez Chat-Moka, c’est que vous valez mieux que de suivre une vague de mode aveugle. Ici vous trouverez une charmante bibliothèque, autant d’ouvrages à lire, relire ou découvrir. Ils sont ici car c’est l’archétype de la bibliothèque idéale (non exhaustive bien sûr voire même bien trop résumée) du Chat-Moka.

(Avec la participation chaleureuse et cultivée de Françoise DAILLER)

Pour se sentir un peu plus humain :

Black Boy de Richard Wrightbalck boy

Un livre qui a marqué ma jeunesse, mon adolescence tant j’étais déjà choqué par la ségrégation raciale, notamment aux Etats-Unis au début du vingtième siécle.

Ce roman autobiographique raconte la jeunesse du plus important écrivain noir américain né en 1908, qui a grandi dans le Mississippi, avec la terreur provoquée par le KU-Klux-klan et le racisme envers les « Moricauds » « j’étais ce que le sud blanc appelle un moricaud. Mais le sud blanc ne m’avait jamais connu, n’avais jamais su ce que je pensais, ce que je sentais…Jamais je n’avais pu me considérer comme un être inférieur. Et aucune des paroles que j’avais entendues tomber des lèvres des Blancs n’avaient pu me faire douter réellement de ma propre valeur humaine. Sa volonté à lire, écrire, se cultiver, sa force lui ont permis de lutter et de devenir ce qui lui était interdit au départ : un grand écrivain.

Matin brun de Frank Pavlof :

matin brun

C’est le cadeau idéal pour les amis. Une histoire aussi etrange qu’inquietant narrant la monté douce d’un fascisme latente. Nous suivons donc les pensées du même personnage et voyons les lignes se resserrer devant lui… Évidement ce n’est pas récent et c’est même déjà culte mais Chat Moka aime à le relire, redécouvrir sous le jour des événements qui secouent la France ces dernières semaines.

 Indignez-vous de Stéphane Hessel :

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Au même titre que le livre précédent, C’est l’image même de la résistance que certains diront vieillissante ou trop théorique mais c’est un bon départ pour se laisser philosopher quelques heures devant un bon chocolat chaud. SI vous voulez quelque chose de plus politique et de moins théorique je vous conseille ÉcoSocialisme de Michael Loewy.

Le pape des escargots de Henri Vincenot

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La France profonde avec son terroir dans les hauts forestiers de la Bourgogne, à travers l’évocation des compagnons du Devoir, et un personnage haut en couleur qu’est « la Gazette », un prophète, un druide qui va de village en village, prêcher la bonne parole. Il parle de la nature, du grand oeuvre de l’ homme, de la Vouivre, ce courant terrestre tellement ignoré aujourd’hui ! « Salut à toi Vèvre Vivre Vouivre, qui gonfle la montagne et nous donne ton souffle « . Un livre qui ouvre les consciences et les esprits sur le lien puissant qui relie l’homme à son univers la Terre, un thème essentiel aujourd’hui alors que l’on nous rabache les oreilles avec la COP 21 !

Pour parler un peu de nos souvenirs :

Ils ne sont pour rien dans mes larmes d’Olivia Rosenthal :

ils ne sont pour rien

Ce livre n’est pas récent non plus mais est à offrir à tous les cinéphiles. Dans cet essai, l’Auteure convoque les souvenirs de bien des gens, témoignages dissemblant et n’ayant pour point commun que le fait d’avoir marqué une vie. Olivia Rosenthal ici réuni les films qui vous marque à vie, de manière violente ou non, mais qui n’en reste pas moins intrusifs et troublants ! À lire !

À vue de nez de Céline Curiol :

curiol a vue de nez

Celui-ci c’est mon coup de cœur ! C’est un livre qui m’a énormément marqué où l’auteure développe, étale et réorganise ses souvenirs. En effet les odeurs et les ambiances de villes au travers du monde, les vues de rues anciennes mêlées aux boulevards new-yorkais en passant par les terrasses parisiennes, Céline Curiol recrée  en songe une ville hypothétique faite de ses souvenirs imbriqués les uns aux autres. Son style léger et très poétique ne vous laissera pas indemne.

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan :

delphine de vigan

Dur ! On se demande même quand les malheurs vont s’arrêter, Bien sûr vous pourriez lire « d’après une histoire vraie » mais si vous n’avez pas lu celui-ci vous ne prendrez pas autant le gout du style de Delphine de Vigan. Retracer l’histoire des souvenirs de sa mère, l’écrire, la redécouvrir aussi au travers des malheurs et des rires. Ce livre est dur mais tellement beau, c’est un rite initiatique qui vous bouleversera, j’en suis sûr.

L’Alchimiste de Paomo Coelho

paoloSantiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu’il rencontre l’Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve…
Voici un conte philosophique qui nous invite tel ce jeune berger à aller à la rencontre de notre légende personnelle. Un livre qui pourra paraître mièvre à certains mais qui renvoie à soi-même, qui nous éveille à la magie de la vie, si riche de signes que nous ignorons ou ne savons pas lire. Un livre qui fait du bien au coeur et à l’âme.

Pour se laisser porter par quelques belles histoires :

Le Rocher de Tanios d’Amin Maalouf

amin maaloufUn rocher sacré qui porte le nom d’un homme, mais aussi une légende qui interdit à qui que ce soit de s’y asseoir : « j’ai longtemps contemplé ce trône de pierre sans oser l’aborder. Ce n’était pas la peur du danger… non ce n’était pas la peur de tomber qui me retenait. C’était une croyance, et c’était un serment. Exigé par mon grand-père quelques mois avant sa mort : « Tous les rochers, mais jamais celui-là ! »

J’ai été charmée par ce roman aux allures de conte avec en toile de fond le conflit entre l’empire ottoman et l’Egypte, conflit arbitré par les puissances européennes qui cherchent leur part de gâteau. L’influence britannique et sa concrétisation sur le terrain dont Amin Maalouf nous dévoile certains aspects est particulièrement intéressante. Les enjeux de pouvoir et la lutte entre les différentes hiérarchies de la politique locale sont expliquées de façon très simple et j’ai beaucoup apprécié cette imbrication du récit fictif dans un contexte historique réel. Sous ses allures de conte , c’est donc une parcelle de l’histoire du Liban qu’illustre ce roman.

La curée d’Emile Zola :

curée zola

En relisant récemment celui-ci j’y ai vu bien des sens nouveaux. Dans le monde fleurissant de la modernité du Paris Haussmannien en devenir, laissez-vous tenter par les histoires entremêlées de quelques personnages à la sauce Rougon-Macquart vous rappelant à quel point le monde change mais reste le même. Les affaires financières mêlées au mensonge et à quelques histoires d’amour, c’est un classique de Zola qui n’est malheureusement pas assez lu.

Va où ton coeur te porte de Susanna Tamaro

va ou ton coeur te porteSeule dans sa maison battue par les vents d’hiver, une vieille femme qui n’a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite-fille. Avant de disparaître, elle souhaite resserrer les liens distendus par les aléas de l’existence. Pour cela, elle n’a que des mots. Des mots d’amour, ou des mots qui l’entraînent à évoquer sa propre vie. Quinze lettres pour crier haut et fort à la jeune génération qu’il faut faire confiance au destin et écouter son coeur.

« Le Hasard. Un jour, le mari de Mme Morpurgo m’a dit qu’en hébreu ce mot n’existe pas. Pour désigner quelque chose qui a trait au hasard, ils sont obligés d’utiliser un mot arabe…Tout est ordonné, réglé d’en haut, tout ce qui t’arrive t’arrive parce-que ça a un sens. »

J’ai le courage de dire que ce roman, plus que tout autre m’a permis d’avoir une nouvelle vision de la vie, j’ai envie de le transmettre à ceux qui ont du mal à trouver leur place en ce monde, à ceux qui ont perdu toute confiance en la vie. Je n’ai jamais oublié le message de ce roman, que je continue d’ailleurs de transmettre quand le besoin s’en fait sentir.

Marie Blanche de Jim Fergus

marie blancheCet auteur américain d’origine française, va à la rencontre de sa grand-mère âgée de 96 ans, une femme de tête, au caractère entier, qui a connu un destin hors du commun. Il va retracer à travers cet échange, un voyage qui va lui permettre de retracer le parcours de sa mère avec laquelle il fera enfin connaissance : Marie-Blanche, dont le récit commence ainsi :

« Petie fille je vivais dans un château enchanté, peuplé de fées et de fantômes… » Un récit souvent cruel qui montre la difficulté à être une petite fille effrontée dans la bourgeoisie de la fin du XIXème siècle, et devenir une femme affirmée au début du siècle suivant.

On découvre avec émotion au sein de ce roman, la fin de la lignée des La Trémoille, une famille noble de Thouars, (notre territoire), à travers le personnage de Louis II de la Trémoille, que la mère de l’auteur a rencontré. Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l’auteur de Mille femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d’oeuvre.

Pour parler d’Histoire de l’Art :

L’homme qui marchait dans la couleur de Georges Didi-Huberman :

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Attention ! Avis aux amateurs d’Art, C’est plutôt perché mais ce livre a littéralement changé ma façon de voir les couleurs, la peinture, l’art contemporain. Je vous laisse découvrir ce chef d’œuvre sans vous en dire plus, C’est exactement le genre de livre où il faut s’accrocher et où les références ne sont pas toujours évidentes, où l’érudition de l’auteur est parfois dure à suivre mais si l’on tient bon le jeu en vaut réellement la chandelle.

L’album de l’art à l’époque du Musée Imaginaire de Georges Didi-Huberman

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Encore Didi Huberman dans un style beaucoup plus léger, C’est ici un livre tiré de conférence de l’Auteur même et reprenant, étudiant, critiquant et repensant « Le musée Imaginaire » D’André Malraux vous guide aux travers de l’histoire, de l’historiographie tout en restant particulièrement clair et accessible ! À lire !

Ahae : mécène gangster de Bernard Hasquenoph :

ahae hasquenophIl fallait bien parler d’un livre récent un jour… Ce livre de Bernard Hasquenoph est la bombe révélatrice du moment. Il relève d’une enquête  particulièrement bien menée et documentée par l’auteur sur l’affaire Ahae : ce photographe amateur coréen exposé au Louvre et au Château de Versailles, évidement plein aux As et mécène, une identité mystère et dont les talents artistiques ne sont pas non plus avérés. L’implication dans un drame en 2014 a révélé qu’il était en fait un escroc et gourou de secte. La réalité dépasse la fiction dans ce livre d’actualité plein de justesse à vous en faire cracher des boules de poils !

L’histoire des couleurs de Manlio Brusatin :

manlio(Il fallait bien parler d’un vieux bouquin un jour) Vous connaissiez l’histoire de couleurs par Michel Pastoureau ? J’ai découvert en m’intéressant au sujet l’écrit de Manlio Brusatin particulièrement intéressant et dont le style est – je trouve – bien plus attractif que celui de Pastoureau. Retraçant l’évolution de l’usage de la couleur, ses symboles et les métiers qui s’y accolent, l’auteur, dans un récit non exhaustif mais précis vous guide au travers de l’Histoire sans jamais vous tanner d’information futile.


Mais également Le relief au croisement des arts du XIXème siècle par Claire Barbillon qui a fait l’objet d’un article (Par ici !!!! )

Voilà ! J’espère que ces quelques livres sauront vous séduire s’ils ne l’ont pas d’ores-et-déjà fait, vous avez donc des idées de livres à offrir. Merci à Françoise DAILLER pour ces quelques suggestions fort plaisantes, en espérant la revoir sur Chat-Moka.

Et vous, quel est le livre qui a marqué votre vie ?

Chat-Moka attend vos réponses.