Coup de gueule du 1er de l’an

Alors que 2015 s’est achevé, année pénible au demeurant, 2016 arrive tranquillement et l’on ne peut alors qu’espérer des jours meilleurs. Loin de moi l’idée de venir faire une liste des bonnes résolutions si ce n’est vous promettre plus d’articles (et espérons que je tienne cet engagement !) mais plutôt pour pousser un cri qui me démange depuis quelque temps.

Beaucoup seront contre mon avis, d’autres voudront expliciter leurs choix mais je pense qu’il faut tenter d’imaginer, avant d’agir, l’histoire du futur. Il faut, je crois, essayer de se demander ce que l’on souhaite laisser derrière nous. Quand je parle d’histoire, ou d’histoires aussi bien que d’Histoire, je l’entends au sens le plus pluridirectionnel possible, le plus global et le plus large.

Commençons par un constat : face à la crise, l’immobilisme des consciences et le capitalisme vieillissant, bancal et pourtant bien vivace, les pouvoirs en place essayent de consolider (ce n’est que mon point de vue). Ils essayent de sauver, de réparer la machine qui ne fut celle que d’un siècle. Hors de tout constat politique, idéologique parlons un peu d’architecture. J’écrivais il y a quelques temps un article sur la politique culturelle de la ville de Poitiers, ville martyre– devrais-je dire suicidaire  – pour son patrimoine XXème siècle.

 

(deux magnifiques halles métalliques datant du début XXème et ayant été détruites depuis – Rue Magenta et Place Notre Dame) 

La question que j’aborde est surtout celle du pourquoi. Pourquoi s’acharne-t-on à détruire le patrimoine XXème, si tant est qu’il soit bien considéré comme partie intégrante du patrimoine ? Pourquoi ce doute persiste-t-il ? Pourquoi  au faux fuyant d’une envie d’évolution et de redynamisation économique (Hum hum) doit-on sacrifier les chefs d’œuvres non-reconnu du XXème ? Pourquoi le trouve-t-on laid et inutile, quasiment volontaire pour la démolition ?

Le problème n’est pas si complexe qu’il en a l’air, voyons donc la réponse comme une solution. Il vient tout d’abord du fait qu’il est contemporain et que le mot est bien souvent porteur en son sein d’une émotion péjorative. En effet on y voit un coté snob, difficile de compréhension, froid et austère voire élitiste. Le problème est tout d’abord celui des universités, qui ne parle que trop peu du XXème siècle, passons, cela est en voie de changer. Il vient secondement du fait qu’il y a un manque cruel de médiatisation sur ce patrimoine, de vulgarisation.

Avez-vous déjà essayé de discuter patrimoine XXème avec un néophyte, essayez et vous verrez que c’est la question du beau et du fonctionnel le nœud du problème. On ne comprend pas pourquoi des immeubles de rendement serait partie intégrante d’un patrimoine, on ne comprend pas et l’on n’aime pas l’esthétisme de ce siècle. Si vous avez de la chance on vous dira que le béton est dur à entretenir et un véritable désastre d’isolation, mais les murs des appartements haussmannien étaient-ils aussi rentable (car la question est aussi économique) ceux d’un château renaissance aussi ? J’en doute !

On ne parle pas assez d’architecture contemporaine, on ne vulgarise pas assez le sujet voilà tout ! C’est un véritable jargon jalonné de découvertes, de concepts et d’idées novatrices qui paraissent bien désuètes et complexes à qui n’a pas étudié la chose. On comprend l’architecture médiévale car elle nous a été vaguement inculquée par la société. Les gens (pardonnez ce début de phrase maladroit) n’ont pas été habitués à aimer, et avant cela, à comprendre l’architecture de leur temps. A défaut de comprendre notre temps on se tourne vers le passé ou alors on détruit ce patrimoine maudit pour tenter de voir dans un futur. Repensons aux halles 1900 détruites à Poitiers, au Théâtre que la mairie voudrait condamner à accueillir un centre commercial (nihilisme de la culture elle-même et du lieu d’origine —> Pétition par ici !), à l’ancien square de la République, etc… (Bien sur nous pouvons voir l’exemple du Bois et chiffons du Bd. Grand Cerf) et puis, puisqu’il  n’y a pas d’art plus politique que l’architecture, il faut souligner qu’une construction est toujours un acte politique. Construire des logements de luxe au lieu de faire un centre de culture ou une maison du peuple et des associations révèle bien des choses…

Que l’on ne se méprenne à penser que je suis passéiste, non, bien au contraire. Il faut à mon avis encourager l’architecture contemporaine, actuelle, mais pas au sacrifice d’un autre patrimoine. Faire vivre ou laisser mourir, c’est encore la question primordiale ! Je suis pour les réhabilitations, les  réappropriations, les remises en service, les contournements de fonction première mais surtout et avant tout pour la conservation du patrimoine plutôt que son annihilation comme nous avons pu le voir ces dernières années. Je ne suis pas pour les villes figées, les villes musées mais pour un respect de l’histoire, un art d’influence et d’enrichissement, de conservation des sources et de l’origine sera toujours plus riche qu’une architecture uniformisée faite de verre et de plastique…

On me le reprochera mais je vais terminer par une morale, si l’on ne connait pas l’histoire comment peut-on vouloir bâtir le futur ? Rappelons que l’art nouveau a été détruit jusque dans les années 1960 ou seulement, il a commencé à être sauvé par l’état. Dans quelques années, les historiens se tourneront vers les actes, les politiciens, les destructions et bâtirons demain avec peine, l’histoire d’aujourd’hui sur les fantômes détruits du patrimoine XXème siècle.

Bien à vous,

Chat MOKA !

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