Penser l’histoire du futur : 2/3 Une question technique : Le tweet, le post, le follow

Dans un monde où règne le paradoxe de l’évolution (du numérique) et la crise financière, on semble apercevoir difficilement le futur, certains le voient flou, d’autres de manière pessimiste… les crises financières ont souvent eu pour conséquence une idée de l’après plus positive, presque utopique. L’histoire du futur n’est pas une question aisée, nous allons dans ce second article essayer de philosopher, de discuter autour du sujet. Mais comment aborder un sujet dont on ne sait rien, nous connaissons l’histoire actuelle, les medias, l’information, mais cela dans 60 ou 100 ans aura sans nul doute bien changé.

Je ne m’appellerai plus Chat Moka si je ne répondais pas qu’il faut l’aborder de manière critique. Sans aller chercher dans le futur, nous voyons que le tweet a envahi nos journaux, après Facebook, Twitter à  lancé la réaction instantanée : L’information est brève et va vite. Succincte donc concentrée, souvent acide elle prend même parfois la place du journaliste. En effet certaines actualités couvertes par les medias contiennent régulièrement autant de Tweet que de contenus d’article. Nous pouvons le voir comme une extension de l’expression des populations mais, internet étant souvent un terrain de défoulement – où l’utilisateur se sent protégé de tout et se permet donc de lâcher les sentiments les plus extrêmes dans un l’idée conformiste du buzz et dans l’envie du « plus de clics ».  On peut alors se demander si c’est correct.

Mon avis est que le métier de journaliste se doit d’être redéfini, que les tweets n’ont à faire ici que le leur rôle de témoignage, d’avis…

Pour ce qui est de la communication les historiens feront plusieurs constats :

I : Les modes de Communications sont disparates et denses.

Nous vivons dans un monde de mots, subversifs parfois mais aussi d’images. Nous sommes entourés d’images travaillées et réfléchies car après tout notre culture mondialisée, tout au plus en France, résulte d’une évolution de nos origines Gréco-romaines (monde d’image par excellence). D’un côté nous retrouvons des medias depuis longtemps utilisés : L’affiche, le tract, les journaux.

izis bidermanas 1960 homme lisant à montmartre

BIDERMANAS, Izis, Homme lisant son journal à Montmartre, 1960

La communication sur ce point n’a pas tellement changé depuis le XXème siècle, si ce n’est peut-être un écart gigantesque de la part artistique que l’on pouvait trouver dans les affiches de la seconde moitié du XXème siècle. La femme est bien entendu en premier plan, le sexe et le désir tout comme l’argent sont des arguments premiers pour faire vendre, adhérer ou réfléchir. D’une autre part nous voyons une morale qui semble pointer le bout de son nez (en dehors du sexisme déjà présent depuis longtemps, Ex = publicité sexuée selon le public visé). Néanmoins les graphistes et agences publicitaires redoublent d’énergie et ainsi le borderline, ces prémices d’idée de révolte que l’on peut même quasiment mettre avec le peu d’art encore présent encore dans la publicité devient « à la mode ». C’est à celui qui fera donc le plus gros « buzz ».

Atelier populaire 1968 affiche beaux arts

Atelier populaire de mai 1968 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où de nombreux artistes ont participé mais également des étudiants, des inconnus…

Le tract est toujours très négativement perçu, il y a une idée de sollicitation trop directe dans un monde où tout peut paraitre « prémâché ». Pour ma part, j’ai toujours entendu dire « pour 100 Tracts, c’est 10 qui le lisent sérieusement, et 1 personne réellement touchée », je ne suis jamais vraiment emballé par les statistiques de ce genre. Les tracts se font de plus en plus rares et laissent place a de l’écrit directement en boite. Avec les initiatives écologiques, le tract devient numérique, quitte à devenir la publicité que l’on mettrait aisément dans nos Spam.

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Tract dans la rue après la barricade à Alger en 1960

Les journaux en kiosque, je ne crois pas en la disparition complète de la version papier malgré l’utilité et l’usage toujours plus grandissant des abonnés aux versions internet des plus grands journaux. Ainsi Rue89 et autres Mediapart nous montrent l’influence du numérique sur l’information dans notre vie.

Face à ces modes hérités des siècles précédents, nous trouvons les petits nouveaux : Les biens nommés Facebook, Twitter, Instagram…

Je crois que Le problème est global avec ces modes de communication, c’est la question de l’algorithme qui décide ce que vous allez voir, c’est le choix de la censure chez Facebook ou les pages de journaux Web bourrées de Tweet. Combien de fois avez lu des articles où les tweets étaient plus nombreux que l’écriture du journaliste ? À la manière de BFM TV où l’information n’est presque pas traitée et nous est servie à la sauce d’un Show Américanisant, le métier de journaliste a énormément évolué et n’est ce qu’il était qu’en montant en « gamme » (c’est à dire soit dans du journal politisé, soit dans du spécialisé).

reseaux sociaux

II/ La question de traitement de l’histoire future

« Une époque qui n’a pas de critique est une époque où l’art est immobile », Oscar Wilde, 1885.

J’amenderai ce cher Monsieur Wilde pour vous soumettre ainsi la question : Une époque qui n’a [Presque] de critique peut-elle avoir un art qui évolue ? C’est William Chevillon, Médiateur culturel à La Roche-sur-Yon, qui endossera le rôle de Chat Moka pour le prochain article et essayera de voir notre vision du futur au travers des arts. Histoire de bien traumatiser ce cher Oscar j’amenderai une seconde fois en posant la phrase ainsi « Une époque qui n’a pas de critique est une époque où l’information et l’Histoire sont immobile ». Car après tout l’information est ce qui fera l’histoire de demain (Bonjour le bazar !).

Alors, comment feront les Historiens dans 60 ans pour étudier tout cela, restera-t-il des traces ? Nous pouvons aisément imaginer la charge des journaux de constituer leurs propres archives mais il faut savoir que depuis (seulement)  les années 90, plusieurs état se sont dotés de servies d’archivages du Web. Bien sûr nous n’avons pas résolu les problèmes de stockage, et ces procédés, En Australie depuis 1996, au Canada depuis 1994 et à la B.n.F. depuis 1992, il y a des services d’archivage de l’Internet mais ce n’est pas l’entièreté du web qui fait l’objet de ces services mais des sites particuliers tels que tout ce qui concerne les campagnes électorales… Malheureusement je crains que Chat Moka ne soit pas redécouvert par des archéologues du Web dans 100 ans… 🙂

Mais la question est intéressante car nous avons aujourd’hui la possibilité d’étudier les plus rares revues parvenue jusqu’à nous. Nous pouvons alors nous demander  ce qu’il deviendra de leurs équivalents actuels (Blogs, website…). ne pas prévoir cette question c’est quelque part une entorse faite à l’histoire du futur.

Nous comptons aussi sur l’action de la recherche française (mais pas que !)  Qui prend à bras le corps ces questions. C’est le cas du projet Euchronie.org qui s’est donné pour mission de glaner au travers du Web les sites d’auto publication sur l’Histoire et d’en créer une base de données. Ce projet donne lieu à des publications sur un site qui sera disponible courant 2016 mais aussi à des billets simplifiés sur le blog https://euchronie.hypotheses.org/.

euchronie

Sommes-nous réellement préparé à faire face à tous ces medias ? Aujourd’hui je pense que non. Les universités ont déjà bien du mal à former à l’outil informatique, les élèves étant parfois plus qualifiés que les professeurs sur le sujet… seulement quelques écoles de journalisme, de communication le font, à mon avis, correctement. Le but de l’Université actuelle devrait être de redéfinir les programmes d’enseignement, tant sur le fond que sur la forme. Nous évoluons dans un système [re]construit au XIXème siècle (même si existant avant), l’évolution des medias fait que l’enseignement ne suit pas assez rapidement et devient peu à peu obsolète. Nous devons redéfinir le rôle de l’université au niveau global. Elle se doit d’être audacieuse et voire initiatrice des techniques nouvelles d’archivages du Web.

La complexité et la surabondance d’information va de pair avec la diversité des points de vue malgré une certaine uniformisation de l’information elle-même. Il faut juste espérer un peu de clémence de la part des futurs historiens qui seront confrontés à cela et prendront de plein fouet le conformisme et la bêtise patente sortant tant des médias classiques que du web.

Comment devrons-nous aborder un Tweet ? Un post Facebook ? Que va-t-il rester de tout cela ? Ce sont des questions qu’il est important d’aborder afin de palier aux potentielles lacunes du patrimoine culturel tant matériel qu’immatériel de notre époque. Sommes-nous préparé à écrire l’histoire de cette manière-là ? Sommes-nous formé ou formaté à traiter l’histoire d’une certaine manière ? Celle-ci convient-elle à une certaine histoire du futur ?

La troisième partie concernera la vision du futur au travers des arts, c’est William Chevillon, médiateur culturel et amoureux du patrimoine, qui a gentiment accepté de traiter le sujet pour Chat Moka.

Bien à vous,

Chat MOKA

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Penser l’histoire du futur – 1/3

Penser l’histoire du futur : 1/3 Aux sources d’une question rémanente, le XIXème siècle

On a fait remarquer à Chat Moka qu’un regard sur l’histoire était cohérent que s’il n’était pas aveugle du futur, c’est pour cela que nous allons publier cet article en trois temps sur « Penser l’histoire du futur ».  Aujourd’hui nous allons parler du XIXème siècle comme amorçage, puis le second article abordera des questions plus techniques et le troisième de notre vision actuelle du futur dans la culture.

Le XIXème siècle est un virage, un tournant. A la fois tourné vers le passé, siècle des dictionnaires, des archivages et autres classements et constats de la connaissance ; vers le présent avec l’effusion de journaux, canards et autres revues en tout genre ainsi que la profusion de la critique et des inter-influences entre les Arts et les sciences ; mais aussi et finalement vers les futur. Le XIXème est le premier siècle à se penser en tant que tel. Le progrès fait figure de terrain de débat dans l’éternelle querelle des modernes et des anciens. L’avenir n’est donc qu’une projection de nos idéaux politiques, sociaux et religieux dans le prisme limité de la réalité patente.

Jules Verne en 1863 écrit Paris au XXème siècle, mais nous pouvons imaginer qu’il était bien loin de voir un avenir vraiment en contradiction avec son propre temps. Habitué à un positivisme latent dans les « Aventures Extraordinaires », le lecteur ne contemplera ici qu’une vision sombre, futurisme mais rétrogrades du XXème siècle. En bout de course, les années 1960 ne sont que l’hyperbole des années 1860 tels que Verne les imaginait alors. On y voit la contemplation d’un homme face à un temps qui a disparu et au travers se distinguent les inquiétudes et préoccupations des années 1860 (Progrès, travail, Electricité et survivance de l’histoire et des Arts).

Penser le futur selon Verne était alors peut être la meilleure manière, pas vraisemblable mais loin de l’utopie aveugle.

Robida à partir des années 1881 va publier plusieurs ouvrages relevant de l’anticipation. Il prend non pas un contre-pied mais une accentuation par l’humour du point de vue de Monsieur Jules Verne. Au lieu d’y voir les élucubrations de savants fous il y faire paraître l’évolution des plus prosaïque de la technologie et de son adaptation à la vie quotidienne.

D’un autre côté, il image les usages loufoques et les dérives de ce progrès, cette modernité quasiment fantasmée. Nous voyons donc au travers de ses publications un amant qui demande –par téléphone – sa fiancée en mariage, des chalets volants pour la noce, mais aussi plus prosaïquement l’évolution du téléphone – pour quelques sous de plus – en téléphonoscope ! Une invention qui inspirera Albert Robida à maintes reprises pour les caricatures les plus grinçantes.

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Albert ROBIDA, Femme prenant un cours téléphonoscopique, Gravure, 1893

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Albert ROBIDA, Le théâtre par téléphonoscope, Gravure, 1893

Bigre !  Il avait même prédit la vidéo à la demande.

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Albert ROBIDA, Erreur de communication, Gravure, 1893.

Que ce soit chez Robida ou chez Verne le progrès fascine mais non sans part d’inquiétude. Des auteurs tels que Zola se montrent bien moins positifs, malgré son engagement avant-gardiste dans les arts, ses écrits nous font part d’un futur ou les bâtisseurs ont échoué, ou la finance et l’argent ont meurtrit la société et ou celle-ci se meurt. Et de « l’autre côté » nous voyons les découvertes scientifiques qui s’insinuent dans les arts et la littérature. Les recherches de Charles Henry sur la symbolique et l’effet des couleurs et des lignes sur notre inconscient ; les idées de Wagner d’un art total pouvant atteindre sa forme la plus complète et étanche afin de toucher l’homme dans l’entièreté de ses sens ; mais aussi Munch, Diaghilev ou Fechner. Autant de recherches repoussant les limites du savoir établies, passant du stade de science à science expérimentale quitte à se faire attaquer de tout front. Les sciences repoussent les limites, vont de l’avant.

Il y a parmi ces quelques point de vue/écrits des exemples d’utopie, mais entre les deux nous pouvons trouver Walter Benjamin : la pensée Benjaminienne consiste à annihiler la continuité historique – construite au détriment des petits moments – et ainsi faire resurgir la complexité latente de l’Histoire. Il actualise les savoir, notamment avec son traité sur l’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique et ainsi prolonge la science, marche vers le futur.

Parmi les utopies nous pouvons voir Georges Sand, qui accueille dans ses écrits les ides d’un socialiste utopique et progressiste. Elle nous préfigure les aboutissements d’une explosion de l’industrie ; la bourgeoisie naissante ; les corruptions qui en découlent. Tout en présentant un paysage rural souffrant, appauvri et à l’espoir d’une société plus harmonieuse. Une Utopie pas si éloigné du paysage contemporain finalement.

Utopie pour certain, dystopie pour d’autres, il s’agit de savoir lesquels sont effrayés par le bouleversement complet de la société occidental au XIXème siècle, pour beaucoup les craintes du progrès et du capitalisme (malgré que Das Kapital n’eut été traduit et diffusé en France qu’à partir de 1883) n’ont d’effet que le déraillement d’un avenir censé être tracés mais finalement pas si prévisible.

La question de la revue, fleurissante en fin de siècle et leur place dans l’histoire du futur ne s’est pas posée mais la technologie évoluant, nous verrons qu’il est intéressant de se poser ces questions techniques et d’essayer de débattre une éventuelle histoire du futur.

Bien à vous,
François MAILLET pour CHAT MOKA

Parlons ciné : Les années 1900

Nous allons dans ce début de l’année 2016, au fil des semaines et des articles, vous faire découvrir le cinéma. 1900,1910,1920… nous allons procéder par décade et ainsi vous éclairer au sein de la culture cinématographique qui peut paraître bien trouble à qui ne s’y est intéressé. Commençons sans plus attendre un petit article sur le Cinéma des années 1900. Qu’ainsi débutent les « Parlons ciné ».

Georges Méliès, l’illusionniste turbulent.

Alors que Les frères Lumière se prennent de passion pour la capture du réel et le cinéma « traditionnel », Méliès est un amoureux du trucage, de l’illusion. Jusqu’en 1908,  il rivalise de montages, trucages, bidouillages dans son atelier de Montreuil pour offrir au public un mélange d’humour et de turbulence. Il a chez lui quelque chose d’agaçant, de grinçant qui peut lasser. Si les néophytes surpassent le cap du film muet, ils trouveront alors bien des amusements dans l’œuvre de ce grand homme. En effet parmi les 1533 courts et moyens métrages on peut voir bien des fantaisies divertissantes.

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Image extraite du court métrage « 20 000 lieues sous les mers » Par Georges Méliès en 1907.

 

 

Ce qu’aime Méliès c’est encore ce côté indicible de l’illusion, l’incontrôlable puissance commune à la science, la création artistique ou encore au fantastique. N’oublions pas que bien des sciences, avant d’en être, étaient considérées comme relevant de la fumisterie voire de l’obscurantisme.

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Quand il ne pense pas aux sciences (Le Voyage dans la lune – 1903, 20 000 lieues sous les mers – 1907 ou l’homme à la tête de caoutchouc – 1901) il s’attaque au fantastique ou s’affairent magiciens rappelant ses scientifiques, diablotins et autres esprits frappeurs (Le locataire diabolique – 1909, le Château hanté – 1896, La sirène – 1906, Le diable noir – 1905).

Il aime le scénario ou les rebondissements ne sont pas prévisibles, néanmoins c’est toujours de manière « gentille » qu’ils surviennent… ainsi c’est dans un univers relevant quasiment des contes de fées qu’il évolue. Cet univers, lassant le public à partir de 1908, le mènera à sa perte.

Il ne laisse pas de place à l’intrus ce Méliès, les cadrages sont toujours propres et réfléchis, c’est bien la moindre des choses quand on fait de l’illusion. En effet cela demande un certain niveau de précision pour manier ce mélange de techniques (lanterne magique, photographie et cinématographie). Parmi ces cadrages nets on voit un univers à la grosse tête redondante, aux devantures explicites et à l’iconographie de la modernité flagrante. Des têtes sorties des contes de fées, des gages empreints d’une turbulence presque oppressante, les mécanismes et autres machineries tous les 3 plans, une théâtralisation des scènes (l’idée n’est donc pas du tout de reproduire une réalité) ainsi que des décors très picturaux : voilà un bien sec résumé de l’iconographie de Méliès mais néanmoins plutôt vrai. rajoutons de plus que très souvent c’est Méliès lui-même qui prend place d’acteur, cela rajoute à l’univers fou, comme intrinsèque au personnage.

David Wark Griffith : Entre drame et critique

Alors qu’aux alentours des années 1908, Georges Méliès arrive au tarissement de sa source d’inspiration, dans les studios de Montreuil se trouve également un autre personnage qui va décisivement marquer le cinéma des années 1900, il s’agit de l’américain  David Wark Griffith. Alors que l’univers de Méliès était turbulent, joyeusement stressant, plein de fantaisie et de rires, celui de Griffith est bien moins lumineux. Il use de plans bien plus prosaïques, de moins de trucages et d’ inspirations plus romantiques  relevant de l’effrayant Edgar A. Poe.

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Edgar Allan Poe, Le Corbeau, Traduction par Mallarmé, Léon Vanier, libraire-éditeur, 1889.

« Et le Corbeau, sans voleter, siège encore, — siège encore sur le buste pallide de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre, et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve, et la lumière de la lampe, ruisselant sur lui, projette son ombre à terre : et mon âme, de cette ombre qui gît flottante à terre, ne s’élèvera — jamais plus »

Ce sont des scénarios au regard prosaïque mais à la chute terrible, « L’Attaque du Grand Express » – 1903, Edgar Allan Poe (court métrage presque biographique), « Le Spéculateur en grain » – 1909
Dans « Le Spéculateur en grain », court métrage muet de 1909, on voit quasiment un regard social, critique des différences de classes et de l’autre côté, nous ne pouvons que déplorer le film « La Naissance d’une Nation » au sujet raciste et nationaliste, qui nous vante les mérites du  Ku Klux Klan (présenté comme le seul rempart capable de protéger la société). Malgré cela, David W. Griffith laissera une trace rigide et marquante sur les années 1900 dans le cinéma.

Le rêve ou la métamorphose :Emile Cohl

Pour finir sur une note plus poétique, le cinéma des années  1900 connait l’un des grands hommes du dessin animé, Emile Cohl. Aujourd’hui reconnu comme l’un des pères de l’animation, pionnier quasiment maniant diverses techniques, Emile Courtet, dit Cohl, fera son premier film, Fantasmagories en 1908 et celui-ci restera comme l’un des plus poétiques du genre. Il y chez lui un plaisir fou pour la métamorphose, goût, que l’on retrouve dans les caricatures qu’il fera pour les revues de presse.

Son premier héros sera Fantoche, né en 1908 dans les Fantasmagories, fait de traits extrêmement simples se mouvant de si de là sur la surface du film. C’est grâce à cette métamorphose que verrons le jour, ces films d’animation, ou règnent le rêve, la poésie, l’humour et une certaine candeur.

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Il alliera les techniques, notamment dans « Le retapeur de cervelles » de 1910, scénario où une jeune femme vient consulter pour son mari le dit retapeur, à l’aide d’un « Céphallographe » (simple cône de papier) nous observons ce qui se déroule dans son crâne. Il s’y passe bien des métamorphoses, le film se termine après que le retapeur ait extrait ce long fil blanc de la tête du patient, les amoureux s’embrassent, la fin est là. C’est dans l’ensemble de son œuvre du moins pour les années 1900, que l’on retrouve cette simplicité, gentille idée du bonheur et du rêve.

La critique de l’époque restait très enthousiaste, positive, voire prophétique, comme le dit Martin Barnier, professeur de l’Université Lyon 2.

C’est ainsi au travers de ces trois grands hommes, que vous venez d’avoir un léger aperçu du cinéma des années 1900. Ces quelques débuts se dévellopent donc entre la comédie drôlatique et turbulente de Méliès, le dramatique et pourtant critique D.W.Griffith et le poétique et rêveur Emile Cohl. N’hésitez pas à aller voir ces films qui sont pour la plupart en ligne sur YouTube. Nous continuerons notre périple dans les années 1910 et décades après décades, le Chat Moka s’appliquera à vous aider à avoir une base stable de culture cinématographique.

Bien à vous,

François MAILLET pour Chat Moka.

Coup de gueule du 1er de l’an

Alors que 2015 s’est achevé, année pénible au demeurant, 2016 arrive tranquillement et l’on ne peut alors qu’espérer des jours meilleurs. Loin de moi l’idée de venir faire une liste des bonnes résolutions si ce n’est vous promettre plus d’articles (et espérons que je tienne cet engagement !) mais plutôt pour pousser un cri qui me démange depuis quelque temps.

Beaucoup seront contre mon avis, d’autres voudront expliciter leurs choix mais je pense qu’il faut tenter d’imaginer, avant d’agir, l’histoire du futur. Il faut, je crois, essayer de se demander ce que l’on souhaite laisser derrière nous. Quand je parle d’histoire, ou d’histoires aussi bien que d’Histoire, je l’entends au sens le plus pluridirectionnel possible, le plus global et le plus large.

Commençons par un constat : face à la crise, l’immobilisme des consciences et le capitalisme vieillissant, bancal et pourtant bien vivace, les pouvoirs en place essayent de consolider (ce n’est que mon point de vue). Ils essayent de sauver, de réparer la machine qui ne fut celle que d’un siècle. Hors de tout constat politique, idéologique parlons un peu d’architecture. J’écrivais il y a quelques temps un article sur la politique culturelle de la ville de Poitiers, ville martyre– devrais-je dire suicidaire  – pour son patrimoine XXème siècle.

 

(deux magnifiques halles métalliques datant du début XXème et ayant été détruites depuis – Rue Magenta et Place Notre Dame) 

La question que j’aborde est surtout celle du pourquoi. Pourquoi s’acharne-t-on à détruire le patrimoine XXème, si tant est qu’il soit bien considéré comme partie intégrante du patrimoine ? Pourquoi ce doute persiste-t-il ? Pourquoi  au faux fuyant d’une envie d’évolution et de redynamisation économique (Hum hum) doit-on sacrifier les chefs d’œuvres non-reconnu du XXème ? Pourquoi le trouve-t-on laid et inutile, quasiment volontaire pour la démolition ?

Le problème n’est pas si complexe qu’il en a l’air, voyons donc la réponse comme une solution. Il vient tout d’abord du fait qu’il est contemporain et que le mot est bien souvent porteur en son sein d’une émotion péjorative. En effet on y voit un coté snob, difficile de compréhension, froid et austère voire élitiste. Le problème est tout d’abord celui des universités, qui ne parle que trop peu du XXème siècle, passons, cela est en voie de changer. Il vient secondement du fait qu’il y a un manque cruel de médiatisation sur ce patrimoine, de vulgarisation.

Avez-vous déjà essayé de discuter patrimoine XXème avec un néophyte, essayez et vous verrez que c’est la question du beau et du fonctionnel le nœud du problème. On ne comprend pas pourquoi des immeubles de rendement serait partie intégrante d’un patrimoine, on ne comprend pas et l’on n’aime pas l’esthétisme de ce siècle. Si vous avez de la chance on vous dira que le béton est dur à entretenir et un véritable désastre d’isolation, mais les murs des appartements haussmannien étaient-ils aussi rentable (car la question est aussi économique) ceux d’un château renaissance aussi ? J’en doute !

On ne parle pas assez d’architecture contemporaine, on ne vulgarise pas assez le sujet voilà tout ! C’est un véritable jargon jalonné de découvertes, de concepts et d’idées novatrices qui paraissent bien désuètes et complexes à qui n’a pas étudié la chose. On comprend l’architecture médiévale car elle nous a été vaguement inculquée par la société. Les gens (pardonnez ce début de phrase maladroit) n’ont pas été habitués à aimer, et avant cela, à comprendre l’architecture de leur temps. A défaut de comprendre notre temps on se tourne vers le passé ou alors on détruit ce patrimoine maudit pour tenter de voir dans un futur. Repensons aux halles 1900 détruites à Poitiers, au Théâtre que la mairie voudrait condamner à accueillir un centre commercial (nihilisme de la culture elle-même et du lieu d’origine —> Pétition par ici !), à l’ancien square de la République, etc… (Bien sur nous pouvons voir l’exemple du Bois et chiffons du Bd. Grand Cerf) et puis, puisqu’il  n’y a pas d’art plus politique que l’architecture, il faut souligner qu’une construction est toujours un acte politique. Construire des logements de luxe au lieu de faire un centre de culture ou une maison du peuple et des associations révèle bien des choses…

Que l’on ne se méprenne à penser que je suis passéiste, non, bien au contraire. Il faut à mon avis encourager l’architecture contemporaine, actuelle, mais pas au sacrifice d’un autre patrimoine. Faire vivre ou laisser mourir, c’est encore la question primordiale ! Je suis pour les réhabilitations, les  réappropriations, les remises en service, les contournements de fonction première mais surtout et avant tout pour la conservation du patrimoine plutôt que son annihilation comme nous avons pu le voir ces dernières années. Je ne suis pas pour les villes figées, les villes musées mais pour un respect de l’histoire, un art d’influence et d’enrichissement, de conservation des sources et de l’origine sera toujours plus riche qu’une architecture uniformisée faite de verre et de plastique…

On me le reprochera mais je vais terminer par une morale, si l’on ne connait pas l’histoire comment peut-on vouloir bâtir le futur ? Rappelons que l’art nouveau a été détruit jusque dans les années 1960 ou seulement, il a commencé à être sauvé par l’état. Dans quelques années, les historiens se tourneront vers les actes, les politiciens, les destructions et bâtirons demain avec peine, l’histoire d’aujourd’hui sur les fantômes détruits du patrimoine XXème siècle.

Bien à vous,

Chat MOKA !

À plume ou à Poil !

LOGO QLP

 

Après le vide intersidéral sur Chat Moka durant les fêtes, j’ai interviewé Mauve LEROY, jeune entrepreneure pétillante qui vient récemment d’ouvrir son second magasin éthique et plus qu’original à Poitiers. (Quand les poules & Poils de Carotte)

Il vous reste surement à trouver des cadeaux originaux et peu banals pour vos amis (Chat Moka par exemple …) pour le Réveillon ou simplement par générosité. Cela tombe parfaitement bien car une nouvelle boutique nommée Poils de Carotte vient d’ouvrir rue Saint Nicolas !

Mauve

Bonjour Mauve,

Le Chat-Moka aime venir jeter un œil régulièrement aux nouveautés de ta (et tes) boutique(s). On y trouve toujours de quoi faire plaisir. Jamais trop sérieux, toujours décalé et hors des sentiers battus, plein de petites merveilles à découvrir entre Quand les poules & Poil de carotte.

Parlons un peu de toi, Comment en es-tu venue à l’entrepreneuriat ?

Dès mes premières expériences professionnelles, j’étais très indépendante, je travaillais beaucoup en télétravail et autonomie complète. Mon dernier poste offrait beaucoup moins de liberté et a fini par mener à un burn-out. J’ai construit pendant 6 mois une nouvelle orientation professionnelle plus en accord avec ma façon de travailler. Je ne trouvais aucune structure ni projet similaire au mien. On n’est jamais mieux servi que par soi-même paraît-il, alors j’ai créé ma propre société.

L’entrepreneuriat est un métier à part entière qu’on n’apprend que sur le tas. J’en découvre encore de nouveaux aspects chaque mois.

Pourquoi avoir choisi un tel concept de boutique ?

Dans mon ancien métier (directrice de communication en environnement), j’étais amenée régulièrement à tenter de valoriser des initiatives originales et/ou plus vertueuses. Par exemple, optimiser les circuits de collecte des déchets tout en communiquant en amont pour en produire moins permet de réduire les embouteillages liés à la lenteur du camion dans la rue, réduire la pollution produite pour cette collecte et réduire l’empreinte de chacun.
La même logique doit s’appliquer à la production des objets. Qu’on fasse faire le tour du monde a un tee-shirt (le premier pays produit le coton, un second le traite, un troisième le tisse, un quatrième l’assemble et le dernier coud l’étiquette et le vend) est parfaitement absurde.
Il n’existait aucune Boutique où toute la sélection avait été réfléchie en amont avec cette logique globale. Valoriser les savoirs et savoir-faire par des articles plus éthiques, plus écologiques, plus locaux permet de changer les habitudes et les réflexes d’achat des consommateurs qui deviennent ainsi plus acteurs.
L’autre aspect du projet était de valoriser les liens sociaux et locaux. Le commerce de proximité se meurt et pourtant ce n’est pas dans une grande surface ou sur Internet que vous trouverez un humain souriant pour vous renseigner ou vous aider à trouver exactement ce qui vous ferait plaisir…

village miniature chez QLP

J’imagine que c’est un peu ta petite gloire que de dénicher des objets toujours plus insolites et géniaux. Cela doit te ravir de dénicher ces petits trésors qui feront le bonheur des autres…

J’ai travaillé un an sur le projet avant d’ouvrir la première boutique, afin de constituer un carnet de marques et Créateurs cohérent. Et je continue de chercher ou me renseigner. Je suis la première à m’émerveiller ou m’émouvoir des découvertes que je fais. La plus grande récompense est de voir les destinataires sourire à leur tour.

QLP
Quand les Poules ? Une suite à cette question/phrase ?

Quand les poules auront des dents. Une expression française intraduisible qui signifie jamais.
Il y a aussi un côté science-fiction un peu inquiétant à la Georges Orwell quand on imagine des poules pleines de dents. Je ne veux pas connaître ce futur là.
Comme il ne faut jamais dire jamais, que je préfère l’avenir sans manipulations génétiques hasardeuses et que je suis une fille sympa qui ne mord pas, j’ai coupé la fin de la phrase .


Poils de carotte ? Tu fais une fixette sur les animaux ?

Pas du tout, c’est un heureux hasard.
Je n’avais pas vraiment pensé à l’animal pour Quand Les Poules… Surtout à l’expression.
Poils de Carotte c’est une référence à la teinte rousse. Au livre de Jules Renard qui a le poil au singulier. Une ode à la résistance d’un petit humain contre des grands dadais, un pied de nez aux idées toutes faites, le triomphe de la ruse espiègle contre la cruauté.
Poils de Carotte c’est aussi une Fifi Brindacier, un être se donnant les moyens de vivre (et non survivre), chose en voie de disparition dans un monde toujours plus policé aux idées très arrêtées.
J’ai pensé cette boutique comme un refuge de l’intelligence juvénile spontanée contre la logique barbante et stérile de certains adultes.
Et puis évidemment j’ai trouvé drôle que le renard et la poule soient amis. D’ailleurs le premier chapitre de Poil de Carotte s’appelle… « Les poules » …

C’est une question personnelle mais j’aime à croire au concept du Musée Imaginaire de Malraux, Cette idée de l’album photographique de la culture universelle… Dans qu’elle environnement à tu grandi ? Avais-tu des passions ? Des rêves ?

J’ai grandi dans une famille recomposée, aimante, à l’écoute et qui m’a transmis un maximum de clés de compréhension du monde et des rapports humains. J’ai toujours eu 2 maisons avec 2 écosystèmes différents. Des livres, de la musique, des Kapla, des Lego, des cours de cuisine, passer des heures au jardin, quelques jeux vidéos, beaucoup de sport, des balades en forêt et à la mer, mon enfance se résume à ça. Ça ouvre les perspectives !


J’avais une passion pour l’art en général, je lisais tout, je passais des heures au musée, je trainais ma grand mère dans les expos classiques et contemporaines… Architecture, peinture, sculpture, mode, ameublement… Tout y passait. Je faisais une dizaine d’heures de cirque par semaine dès mes 12 ans (trapèze, saut à l’élastique, trampoline, contorsion). J’adorais les super-héros et la science-fiction, les comédies musicales kitsch et angoissantes comme Starmania ou les spectacles du Cirque du Soleil.
Mes rêves c’était de faire le tour du monde en bateau, il n’est pas trop tard pour ça… Et de trouver un métier que j’aime, ça c’est de plus en plus tangible


C’est triste mais je crois que les gens, les poitevins n’ont pas assez conscience de la profondeur du concept de ta boutique !
Que penses-tu que les gens doivent faire pour agir à leur niveau ?

Je ne suis pas donneuse de leçon mais je peux conseiller si on me sollicite. Pour que quelqu’un agisse, il faut avant tout qu’il en ait envie et qu’il comprenne en quoi c’est important.
Les résultats des dernières élections sont significatifs : on ne vote pas car on n’en voit pas l’intérêt. Et lorsqu’on vote, on donne son pouvoir à des extrêmes, par provocation autant que par désarroi…
Je suis de la philosophie de Pierre Rabhi, il faut des moteurs qui avancent et donnent envie aux autres de nous rejoindre. Moi j’avance, je convaincs petit à petit, et plus on s’intéresse à mes boutiques, plus on comprend la profondeur du concept qui va avec. J’ai moi-même des moteurs plus gros que moi que je suis, ces moteurs ont eux-mêmes des moteurs…

Si tu avais dû vivre/naitre à une autre époque laquelle serait-ce ?

Celle de mon père : un babyboomer. Ils avaient les clés en mains pour tout changer mais ils se sont arrêtés en chemin. Il fallait non seulement travailler à leur liberté mais aussi assurer celle de leurs enfants dans de bonnes conditions. Ils se sont fait rattraper par l’ultracapitalisme qui a phagocyté les générations suivantes, nous.
Si les grandes orientations en matière d’environnement avaient été prises avec fermeté à l’époque, on ne serait pas dans l’impasse coûteuse que nous vivons aujourd’hui.

Tu as été étudiante, quels conseils donnerais-tu aux étudiants de la SHA Poitiers ?

Mon seul conseil c’est de profiter au maximum de cette période de découvertes et construction de son identité. De prendre le temps. Si vous ne savez pas où vous inscrire à la rentrée, ne cherchez pas une formation à tout prix, prenez un an pour faire le tour du monde ! Les études seront encore là à votre retour ! En revanche, une fois dans votre formation, donnez-vous à fond, obtenez votre diplôme haut la main car vous l’avez choisi et vous méritez d’être le meilleur
J’étais et suis toujours une boulimique de travail. L’image de l’étudiant qui fait la fête tout le temps et obtient ses partiels aux rattrapages, je n’ai pas connu. Et si c’était à refaire, je ne changerais rien
Le temps étudiant offre cette incroyable liberté de vie en décalé. On peut aller au musée, au cinéma, à la bibliothèque en dehors des périodes de rush et mieux profiter des choses tant que c’est gratuit ou à tarif réduit. Par exemple, pendant ma prepa, j’allais presque chaque jeudi soir au Musée. Je prenais une heure pour étudier une ou deux œuvre en détails. Et puis, je rentrais me remettre au travail.
J’étais aussi très impliqué dans Radio Campus Paris, j’y avais des émissions, des chroniques, des responsabilités administratives…

Fifi Brindacier, Georges Orwell, Jules Renard, tu commences à me dépeindre un univers plutôt éclectique… si tu ne devais retenir qu’un livre, un film et un artiste… je t’écoute !

Un livre seulement ? Très difficile… J’hésite entre « Max et les maximonstres », « Le rouge et le noir » et « La horde du contrevent »(Damasio) mais s’il ne fallait en garder qu’un ce serait « Les cerfs volants » de R. Gary
Un film, Breakfast at Tiffany, Le Mépris et Mary Poppins. Bon d’accord ça fait 3
Un artiste, encore plus difficile. Un personnage plutôt : celui de l’homme volant dans le spectacle Alegria du Cirque du Soleil.

Comment imagines-tu l’avenir pour toi, tes projets ? Pour Poitiers ? Le monde ?
J’ai monté des projets énormes ces dernières années, il me faut un peu de temps pour les consolider. Je prends énormément de plaisir à former mes employées, des jeunes à qui je veux transmettre des valeurs de travail justes, épanouissantes, avec rigueur et réflexion approfondie.
Il y a 5 ans, j’ai pris un aller sans retour pour la Suède, je suis néanmoins revenue en France. Dans 2 ans, les élections nationales me feront peut-être prendre la route à nouveau. Peut-être sera-t-il temps de le faire ce tour du monde à la voile ?

Quelques liens :

Le site de Quand les Poules 
Le site de Poils de Carotte viendra prochainement

Page Facebook de Quand les Poules & Poils de Carotte

Voilà, j’espère que la découverte de la belle personne qu’est Mauve Leroy et de son univers vous donneront l’envie d’aller découvrir ses boutiques.

Bien à vous,

Chat Moka ❤

 

La bibliothèque idéale du Chat-Moka

A l’heure où les élections régionales font couler plus d’encre que jamais et où le journal Le Monde décide, ENFIN, de prendre position contre un F-Haine plus débèquetant qu’il ne l’a jamais été, nous entrevoyons les rayons de lucidités dans les yeux de nos journalistes préférées et de leurs rédactions souvent trop frileuses. Ce qu’il y a de bien à être un blog étudiant c’est que nous avons une liberté de parole extraordinaire. En Juin dernier nous avons publié un article sur l’éloge de la critique et les journaux, aussi nombreux, petits, internationaux soient ils devraient suivre l’exemple du Monde et plus encore. Ces journaux devraient (et ceci est valable pour le Monde) redécouvrir voire réinventer le métier même du journalisme. La liberté de la presse que nous chérissons tant nous vient de journaux et j’entends par là de journalistes bien plus acides et critiques autant qu’engagés que l’on en trouve aujourd’hui. Vous voulez lire l’information crue et objective ? Lisez les brèves AFP, il ne faut pas tout confondre, un journaliste, par définition ça prend parti ! Bien-sûr vous pourriez lire Hemingway mais franchement si vous lisez Chat-Moka, c’est que vous valez mieux que de suivre une vague de mode aveugle. Ici vous trouverez une charmante bibliothèque, autant d’ouvrages à lire, relire ou découvrir. Ils sont ici car c’est l’archétype de la bibliothèque idéale (non exhaustive bien sûr voire même bien trop résumée) du Chat-Moka.

(Avec la participation chaleureuse et cultivée de Françoise DAILLER)

Pour se sentir un peu plus humain :

Black Boy de Richard Wrightbalck boy

Un livre qui a marqué ma jeunesse, mon adolescence tant j’étais déjà choqué par la ségrégation raciale, notamment aux Etats-Unis au début du vingtième siécle.

Ce roman autobiographique raconte la jeunesse du plus important écrivain noir américain né en 1908, qui a grandi dans le Mississippi, avec la terreur provoquée par le KU-Klux-klan et le racisme envers les « Moricauds » « j’étais ce que le sud blanc appelle un moricaud. Mais le sud blanc ne m’avait jamais connu, n’avais jamais su ce que je pensais, ce que je sentais…Jamais je n’avais pu me considérer comme un être inférieur. Et aucune des paroles que j’avais entendues tomber des lèvres des Blancs n’avaient pu me faire douter réellement de ma propre valeur humaine. Sa volonté à lire, écrire, se cultiver, sa force lui ont permis de lutter et de devenir ce qui lui était interdit au départ : un grand écrivain.

Matin brun de Frank Pavlof :

matin brun

C’est le cadeau idéal pour les amis. Une histoire aussi etrange qu’inquietant narrant la monté douce d’un fascisme latente. Nous suivons donc les pensées du même personnage et voyons les lignes se resserrer devant lui… Évidement ce n’est pas récent et c’est même déjà culte mais Chat Moka aime à le relire, redécouvrir sous le jour des événements qui secouent la France ces dernières semaines.

 Indignez-vous de Stéphane Hessel :

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Au même titre que le livre précédent, C’est l’image même de la résistance que certains diront vieillissante ou trop théorique mais c’est un bon départ pour se laisser philosopher quelques heures devant un bon chocolat chaud. SI vous voulez quelque chose de plus politique et de moins théorique je vous conseille ÉcoSocialisme de Michael Loewy.

Le pape des escargots de Henri Vincenot

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La France profonde avec son terroir dans les hauts forestiers de la Bourgogne, à travers l’évocation des compagnons du Devoir, et un personnage haut en couleur qu’est « la Gazette », un prophète, un druide qui va de village en village, prêcher la bonne parole. Il parle de la nature, du grand oeuvre de l’ homme, de la Vouivre, ce courant terrestre tellement ignoré aujourd’hui ! « Salut à toi Vèvre Vivre Vouivre, qui gonfle la montagne et nous donne ton souffle « . Un livre qui ouvre les consciences et les esprits sur le lien puissant qui relie l’homme à son univers la Terre, un thème essentiel aujourd’hui alors que l’on nous rabache les oreilles avec la COP 21 !

Pour parler un peu de nos souvenirs :

Ils ne sont pour rien dans mes larmes d’Olivia Rosenthal :

ils ne sont pour rien

Ce livre n’est pas récent non plus mais est à offrir à tous les cinéphiles. Dans cet essai, l’Auteure convoque les souvenirs de bien des gens, témoignages dissemblant et n’ayant pour point commun que le fait d’avoir marqué une vie. Olivia Rosenthal ici réuni les films qui vous marque à vie, de manière violente ou non, mais qui n’en reste pas moins intrusifs et troublants ! À lire !

À vue de nez de Céline Curiol :

curiol a vue de nez

Celui-ci c’est mon coup de cœur ! C’est un livre qui m’a énormément marqué où l’auteure développe, étale et réorganise ses souvenirs. En effet les odeurs et les ambiances de villes au travers du monde, les vues de rues anciennes mêlées aux boulevards new-yorkais en passant par les terrasses parisiennes, Céline Curiol recrée  en songe une ville hypothétique faite de ses souvenirs imbriqués les uns aux autres. Son style léger et très poétique ne vous laissera pas indemne.

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan :

delphine de vigan

Dur ! On se demande même quand les malheurs vont s’arrêter, Bien sûr vous pourriez lire « d’après une histoire vraie » mais si vous n’avez pas lu celui-ci vous ne prendrez pas autant le gout du style de Delphine de Vigan. Retracer l’histoire des souvenirs de sa mère, l’écrire, la redécouvrir aussi au travers des malheurs et des rires. Ce livre est dur mais tellement beau, c’est un rite initiatique qui vous bouleversera, j’en suis sûr.

L’Alchimiste de Paomo Coelho

paoloSantiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu’il rencontre l’Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve…
Voici un conte philosophique qui nous invite tel ce jeune berger à aller à la rencontre de notre légende personnelle. Un livre qui pourra paraître mièvre à certains mais qui renvoie à soi-même, qui nous éveille à la magie de la vie, si riche de signes que nous ignorons ou ne savons pas lire. Un livre qui fait du bien au coeur et à l’âme.

Pour se laisser porter par quelques belles histoires :

Le Rocher de Tanios d’Amin Maalouf

amin maaloufUn rocher sacré qui porte le nom d’un homme, mais aussi une légende qui interdit à qui que ce soit de s’y asseoir : « j’ai longtemps contemplé ce trône de pierre sans oser l’aborder. Ce n’était pas la peur du danger… non ce n’était pas la peur de tomber qui me retenait. C’était une croyance, et c’était un serment. Exigé par mon grand-père quelques mois avant sa mort : « Tous les rochers, mais jamais celui-là ! »

J’ai été charmée par ce roman aux allures de conte avec en toile de fond le conflit entre l’empire ottoman et l’Egypte, conflit arbitré par les puissances européennes qui cherchent leur part de gâteau. L’influence britannique et sa concrétisation sur le terrain dont Amin Maalouf nous dévoile certains aspects est particulièrement intéressante. Les enjeux de pouvoir et la lutte entre les différentes hiérarchies de la politique locale sont expliquées de façon très simple et j’ai beaucoup apprécié cette imbrication du récit fictif dans un contexte historique réel. Sous ses allures de conte , c’est donc une parcelle de l’histoire du Liban qu’illustre ce roman.

La curée d’Emile Zola :

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En relisant récemment celui-ci j’y ai vu bien des sens nouveaux. Dans le monde fleurissant de la modernité du Paris Haussmannien en devenir, laissez-vous tenter par les histoires entremêlées de quelques personnages à la sauce Rougon-Macquart vous rappelant à quel point le monde change mais reste le même. Les affaires financières mêlées au mensonge et à quelques histoires d’amour, c’est un classique de Zola qui n’est malheureusement pas assez lu.

Va où ton coeur te porte de Susanna Tamaro

va ou ton coeur te porteSeule dans sa maison battue par les vents d’hiver, une vieille femme qui n’a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite-fille. Avant de disparaître, elle souhaite resserrer les liens distendus par les aléas de l’existence. Pour cela, elle n’a que des mots. Des mots d’amour, ou des mots qui l’entraînent à évoquer sa propre vie. Quinze lettres pour crier haut et fort à la jeune génération qu’il faut faire confiance au destin et écouter son coeur.

« Le Hasard. Un jour, le mari de Mme Morpurgo m’a dit qu’en hébreu ce mot n’existe pas. Pour désigner quelque chose qui a trait au hasard, ils sont obligés d’utiliser un mot arabe…Tout est ordonné, réglé d’en haut, tout ce qui t’arrive t’arrive parce-que ça a un sens. »

J’ai le courage de dire que ce roman, plus que tout autre m’a permis d’avoir une nouvelle vision de la vie, j’ai envie de le transmettre à ceux qui ont du mal à trouver leur place en ce monde, à ceux qui ont perdu toute confiance en la vie. Je n’ai jamais oublié le message de ce roman, que je continue d’ailleurs de transmettre quand le besoin s’en fait sentir.

Marie Blanche de Jim Fergus

marie blancheCet auteur américain d’origine française, va à la rencontre de sa grand-mère âgée de 96 ans, une femme de tête, au caractère entier, qui a connu un destin hors du commun. Il va retracer à travers cet échange, un voyage qui va lui permettre de retracer le parcours de sa mère avec laquelle il fera enfin connaissance : Marie-Blanche, dont le récit commence ainsi :

« Petie fille je vivais dans un château enchanté, peuplé de fées et de fantômes… » Un récit souvent cruel qui montre la difficulté à être une petite fille effrontée dans la bourgeoisie de la fin du XIXème siècle, et devenir une femme affirmée au début du siècle suivant.

On découvre avec émotion au sein de ce roman, la fin de la lignée des La Trémoille, une famille noble de Thouars, (notre territoire), à travers le personnage de Louis II de la Trémoille, que la mère de l’auteur a rencontré. Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l’auteur de Mille femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d’oeuvre.

Pour parler d’Histoire de l’Art :

L’homme qui marchait dans la couleur de Georges Didi-Huberman :

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Attention ! Avis aux amateurs d’Art, C’est plutôt perché mais ce livre a littéralement changé ma façon de voir les couleurs, la peinture, l’art contemporain. Je vous laisse découvrir ce chef d’œuvre sans vous en dire plus, C’est exactement le genre de livre où il faut s’accrocher et où les références ne sont pas toujours évidentes, où l’érudition de l’auteur est parfois dure à suivre mais si l’on tient bon le jeu en vaut réellement la chandelle.

L’album de l’art à l’époque du Musée Imaginaire de Georges Didi-Huberman

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Encore Didi Huberman dans un style beaucoup plus léger, C’est ici un livre tiré de conférence de l’Auteur même et reprenant, étudiant, critiquant et repensant « Le musée Imaginaire » D’André Malraux vous guide aux travers de l’histoire, de l’historiographie tout en restant particulièrement clair et accessible ! À lire !

Ahae : mécène gangster de Bernard Hasquenoph :

ahae hasquenophIl fallait bien parler d’un livre récent un jour… Ce livre de Bernard Hasquenoph est la bombe révélatrice du moment. Il relève d’une enquête  particulièrement bien menée et documentée par l’auteur sur l’affaire Ahae : ce photographe amateur coréen exposé au Louvre et au Château de Versailles, évidement plein aux As et mécène, une identité mystère et dont les talents artistiques ne sont pas non plus avérés. L’implication dans un drame en 2014 a révélé qu’il était en fait un escroc et gourou de secte. La réalité dépasse la fiction dans ce livre d’actualité plein de justesse à vous en faire cracher des boules de poils !

L’histoire des couleurs de Manlio Brusatin :

manlio(Il fallait bien parler d’un vieux bouquin un jour) Vous connaissiez l’histoire de couleurs par Michel Pastoureau ? J’ai découvert en m’intéressant au sujet l’écrit de Manlio Brusatin particulièrement intéressant et dont le style est – je trouve – bien plus attractif que celui de Pastoureau. Retraçant l’évolution de l’usage de la couleur, ses symboles et les métiers qui s’y accolent, l’auteur, dans un récit non exhaustif mais précis vous guide au travers de l’Histoire sans jamais vous tanner d’information futile.


Mais également Le relief au croisement des arts du XIXème siècle par Claire Barbillon qui a fait l’objet d’un article (Par ici !!!! )

Voilà ! J’espère que ces quelques livres sauront vous séduire s’ils ne l’ont pas d’ores-et-déjà fait, vous avez donc des idées de livres à offrir. Merci à Françoise DAILLER pour ces quelques suggestions fort plaisantes, en espérant la revoir sur Chat-Moka.

Et vous, quel est le livre qui a marqué votre vie ?

Chat-Moka attend vos réponses.

LE CHAT MOKA SORT LES GRIFFES !

Tant d’atrocités, tant de barbaries sous prétexte de raison religieuse… Le Chat-Moka – très tardivement – Souhaitait réagir à ces événements. Nous sommes un blog étudiant d’actualité culturelle et artistique et soutenons toutes les cultures, l’art au sens le plus ouvert et ne pouvons considérer ce genre d’ignominie.

Premièrement nous sommes étudiants, et à ce titre, nous prenons des libertés :

Celle de parler, librement, de sujet sans contrainte d’Age, de titre, de classe sociale ou de sexe. Les milieux étudiants sont ceux qui forment les générations à venir et c’est pourquoi nous aimons être critique. De tels immondices dans la société ne nous donnent que l’envie d’être plus acides et justes, critiques et exubérants. Nous continuerons à parler de sexe, à montrer des gens nus, à soutenir les opprimés par la culture et l’art. Le chat Moka à sorti les griffes et comptes bien continuer à écrire !

Celle de prêcher, pas de bonne parole ou de parole religieuse, nous prêchons l’amour, le sentiment, la peur et les larmes, le bonheur et l’exaltation par la curiosité et la découverte. Les populations sont restées trop longtemps la tête dans le sable, il faut ouvrir les yeux, se cultiver, éteindre la télévision et ouvrir un livre par exemple. C’est comme cela que le monde se reconstruit à notre avis. C’est en plaçant l’art et la culture au milieu de nos vies. L’histoire nous le prouve bien.

« Celui qui ne connait pas l’Histoire est condamné à la revivre »
KARL MARX

Secondement nous parlons d’actualité :

L’actualité c’est la critique, nous nous engagerons aux causes qui nous paraîtrons justes et objectives. L’actualité c’est prendre position, c’est ne pas s’encombrer des non-dits et aller là où un étudiant n’est pas censé mettre le nez.

Nous ne faisons pas de politique.
Nous restons critique face au monde.
Nous adoptons une vision humaine, sans distinction d’origine, de croyances, d’age ou de sexe…(ni même de sexualité)
Chat Moka prêche un monde plus rock n’roll et plein d’intelligence bien utilisée.

Face à toutes ces horreurs… Le Chat Moka sort les griffes !

Nos prochains sujets ne sont autres que les grandes figures homosexuelles des années 1900 et la représentation du diable lui-même. Nous cherchons toujours désespérément un chaton pour nous pondre de bons articles sur le Rock dépravés qui déplaît tant à Daesh. Continuons à être isolants et effrontés. Le chat moka n’a peur que des boules de poils et des puces mais certainement pas de la haine, l’Histoire nous à prouver que contre la haine, les plus belles actions étaient celles de l’amour et de la culture.

Bien à vous,

Chat Moka

Top 5 des mondaines plus Rock N’Roll qu’il n’y parait

Tout d’abord, je m’excuse auprès de nos lecteurs, les ignominies de ces derniers jours ont quelque peu ralenti ma productivité.

Mais qui étaient donc ces femmes, ces mondaines posant pour les peintres à  la suite de rendez-vous pris dans les soirées mondaines en vogue. C’est intéressant de voir que l’on ne connait/s’intéresse à qu’une partie des 1900, peut être question de choix, peut être question de mode, ceci étant, on ne parle jamais de ces femmes qui ont pourtant inspirées tant de grands artistes.

Portrait de la Comtesse de Greffulhe par Alexius Philip Laszlo

Portrait de la Comtesse de Greffulhe par Alexius Philip Laszlo

Comtesse de Greffulhe

Actuellement au Palais Galliera à Paris sévit une exposition sur la Garde-Robe de la Comtesse de Greffulhe, mais peu de gens connaissent réellement ces femmes qui, à l’aube du XXème siècle ont apprivoisé Paris lors des salons et des soirées mondaines.

Cousine éloignée de la Princesse Bibesco, et encore plus éloignée d’Anna de Noailles, Cette femme s’implique véritablement dans la culture des tous paris mondains. Elle se plait à organiser une exposition au profit de la Société Philanthropique sur le thème des « Chapeaux de Théâtre ». C’est tout un univers de relations autour de ces femmes qui s’y attroupent. La mode est quelque chose qui est pris au sérieux par celles-ci. L’exposition à pour but de porter secours aux amateurs de théâtre, on voit nombre de publication dans les journaux de l’année 1906.  Dans ces années ci, c’est le journal « Les modes » qui parlent le mieux de tout cela. On y trouve des explications quant à l’exposition mais aussi et surtout les reproductions en image sans oublier la liste du gratin qui s’y trouvait.

Elisabeth de Caraman-Chimay, Comtesse de Greffulhe a été dans ces premières années du XXème siècle la femme la plus en vue de la capitale. Femme douce mais à l’élégance atypique, son intelligence et sa culture font d’elle la femme passionnée par l’organisation de spectacle qu’elle restera. C’est un véritable entrepreneur en son temps ! Proust aura le désir d’approcher cette femme fascinante aux yeux profond mais cela se révélera « trop facile » et il devra de nombreuses fois se résoudre à refuser ses invitations.

Ces journaux sont une réelle mine d’or historique (bien sur demandant vérification, mais tout de même) nous y apprenons que tel comte vient de passer l’été à tel endroit et qu’il y a organisée une sauterie des plus mondaines (Encore ici on trouve la liste des invités). Vous l’aurez compris c’est un peu l’ancêtre de la presse people.

Portrait officiel de la Comtesse de Noailles décorée de la Medaille de Commandeur de la Legion d'Honneur par Kees Van Dongen en 1931

Portrait officiel de la Comtesse de Noailles décorée de la Médaille de Commandeur de la Légion d’Honneur par Kees Van Dongen en 1931

Comtesse de Noailles

Oui, vous allez finir par en avoir assez, mais pas encore…

Bien sûr que la Comtesse de Noailles fait partie intégrante de ce gratin, mais ce ne sera pas toujours le cas. Son salon de l’avenue Hoche aura beaucoup d’influence, ses écrits son commenté par beaucoup. Bien sur la richesse du Comte de Noailles (tout comme celle du Comte de Greffulhe) aura contribué à donner à ces dames du monde avec le temps une image d’idiote et d’inutile. Heureusement ces jours ci, ces princesses, comtesses et autres mondaines font leur grand retour dans l’histoire et l’histoire de l’art ainsi que dans nos musées.

Au-delà de son salon, les tenues de la Comtesse sont absolument extraordinaires. Récemment j’ai pu croisé un site de vente de vêtement traditionnel sur internet qui prétendait que la Comtesse de Noailles avait fait connaitre la tenue traditionnelle roumaine à la capitale, bien sûr ! C’est une aberration. La tenue traditionnelle roumaine ? Si l’on connait un tant soit peu le pays, on voit ces tenues blanches à broderies rouge, figure du paysan national si longtemps entretenu… on imagine mal la comtesse se vêtir telle une « ţarancă » (Paysane) dans les salons littéraires mondains de la Capitale.

Passionnée par les grands de ce monde, par la nature et le lyrisme romantique de Musset, ou l’universalité d’Hugo. Anna de Noailles sera à l’initiatrice de l’actuel Prix Femina, Académicienne en Belgique et première femme Commandeur de la Legion d’Honneur Française.

Au-delà de ces quelques formalités, Pour moi c’était surtout un être de sentiment, d’érudition et de culture, une femme usée par le verbe ! Imaginez donc cette jeune fille que l’on appelait Anna Brancovan, une fleur roumaine se sentant plus française que toutes les françaises, qui à l’Age de 15 ans avait déjà lu tout Hugo et Musset, qui commençait Anatole France et qui ne croyait résolument pas en Dieu.

Autoportrait par Winnaretta Singer

Autoportrait par Winnaretta Singer

Princesse de Polignac

Pour ceux qui ne la connaisse pas, je me permets de vous présenter « Winnie », Winnaretta Singer, Madame Edmond de Polignac. Elle représentait, comme les Noailles, les Greffulhe ou les Bibesco, une des grandes familles fortunées de la fin du XIXème. Son nom ne vous est pas inconnu avouez ?  Nous avons tous une grand-tata qui raccommodent les bas de pantalons à l’aide de sa machine à coudre Singer ! Eh  ! et bien, Winnaretta Singer est l’héritière de cet empire de machine à coudre ! Winnie, c’est aussi une des grandes figures lesbiennes du debut des années 1900. Que voulez-vous, il fallait bien sauver les apparences. Elle fréquentera Romaine Brooks, pour ne citer que la plus connue [que dis-je, en plus de son mari].

New-yorkaise d’origine, après un mariage raté qu’elle fait annuler par le Vatican, Elle se marie avec un Homosexuel discret de 59 ans, ce qui lui permet d’avoir une liberté amoureuse. Le plus drôle dans l’histoire c’est que ce n’est pas la seule à avoir recours à ce genre de mariage. Romaine Brooks par exemple a fait –à peu de choses près– la même chose avec son mari.

Tout comme la Comtesse de Greffulhe, elle aime à donner l’argent de son merveilleux mari (et de sa propre famille) aux œuvres caritatives et sociales. C’est, tout comme le portrait mondain, une des grandes pratiques de l’aristocratie de ces années-ci. C’est une femme qui fréquente les milieux érudits, les salons littéraires et ainsi, sa double nationalité lui sera bien utile car on viendra lui demander la traduction de certains ouvrages tels que le fameux « Walden ou la vie dans les bois » de Henry David Thoreau dans sa première version. Livre qui nous avait déjà été conseillé par Radio Pulsar il y a quelques semaines.

Portrait de le Princesse Bibesco par Boldini en 1911

Portrait de le Princesse Bibesco par Boldini en 1911

Princesse Bibesco

Marthe Lahovary de son nom de jeune fille est née à Bucarest en 1886. Bibesco lui viendra de son mariage avec Georges Valentin Bibesco de Caraman Chimay [Gare à ceux qui critiqueraient les noms à rallonge, j’ai écrit ici la version courte]. Mariage qui fait d’elle, la cousine par alliance d’Anna de Noailles, une de ses lettres à Marcel Proust nous révèle qu’elles ont en plus de cela une arrière-grand-mère en en commun. Moi ? Cautionner la consanguinité ? Jamais !

Parlons peu mais parlons bien, Marthe Bibesco est une éminente femme de lettre des années 1900, elle siégera aussi en tant que membre étranger littéraire à l’académie royale de langue et de littérature française en Belgique mais contrairement à ce qui est dit bien souvent, pas à la même chaire que la comtesse de Noailles.

La princesse Bibesco est surtout la Muse véritable de Marcel Proust, la plus douce et la plus lyrique.

Portrait de Laure de Sade, Comtesse Adhéaume de Chevigné par Federico de Madrazo

Portrait de Laure de Sade, Comtesse Adhéaume de Chevigné par Federico de Madrazo

Comtesse de Chevigné

Pour continuer dans la liste des mondaines plus Rock N’Roll qu’il n’y parait, j’introduis Laure Marie Charlotte de Sade de son nom de jeune fille. Ce n’est pas rien d’être descendante du Marquis de Sade ! Elle aussi fut une des sources d’inspiration pour Marcel Proust. Je pense que toutes ces comtesses, princesses et autres mondaines 1900, avait pour confesseur l’Abbé Mugnier. Il devait en savoir des choses cet homme. Peut–être que le Chat-Moka écrira un article sur lui d’ici peu.

Laure de Chevigné, Comtesse d’une famille légitimiste, elle tient un salon musical et artistique. C’est un milieu ou la culture est aussi importante que l’argent. Loin de toute critique, elle disait que ses amis et ses années se pouvaient être comptés sur  ses colliers ». En effet ceux-ci avait pour tradition de se cotiser pour lui acheter un nouveau rang de perle chaque année.

Toutes ces femmes, si l’on oublie leurs penchants Légitimistes, Bonapartiste, Royalistes, paraissent pour les néophytes bien ennuyeuses, et puis, en creusant un peu on trouve plus qu’ailleurs le lot d’amusement nécessaire à chaque classe sociale. Entre les mariages arrangés entre homosexuels notables, salons bondés d’artistes, Comtesses extravagantes aux milles tenues, muses des années 1900. Ces femmes sont ici bien maigrement résumées, j’espère vous avoir intrigué sur ces quelques personnages. Il existe bien des références littéraires à leurs sujets, à vous de jouer !

Bien à vous,

Chat Moka.

Pour un autre Jean Cocteau

Aujourd’hui mes chatons je réalise le veux de vous parler d’un livre qui me tiens à cœur tellement il m‘est personnel. Quelque part c’est paradoxale mais ce que Jean Cocteau confie dans ce livre est une chose extrêmement personnelle et à la fois universelle.

Alors que l’on assiste à un retour en force du personnage de Cocteau dans la recherche et les événements culturels du moment, la question la plus pertinente serait : Oui, mais quel Cocteau choisissons nous de montrer ? Il y a des facettes de Cocteau que l’on oublie bien souvent de montrer, parce que

« La France supporte mal un rôle qui n’est pas tout d’une pièce. L’avare doit être toujours avare, le jaloux toujours jaloux. C’est le succès de Molière. »

Dit Jean Cocteau lui-même en 1927 dans l’ouvrage que je vais vous présenter.

Autoportrait de Jean Cocteau

Autoportrait de Jean Cocteau

Le Cocteau des débuts : L’Anna-Mâle

Né le 5 Juillet 1889 dans une famille Bourgeoise, Il grandit alors dans un « un climat postromantique empreint de fantaisie, d’érudition légère et de mélancolie » (Claude Arnaud). C’est un enfant qui est « mal dans sa peau » dirait-on aujourd’hui. Élevé par une gouvernante allemande qui prendra une place intéressante dans son éducation, il devient un homme autour duquel gravite un petit musée imaginaire dans lequel on retrouve un univers fourni. Cette gouvernante sera un des points communs qu’il aura avec Anna Bibesco de Bessarab-Brancovan, Future Comtesse de Noailles.

C’est au cours des soirées mondaines de la première décade du siècle dernier qu’il fréquente la Comtesse de Noailles. Il écrit déjà et lui confiera quelques-uns de ses textes. C’est un Cocteau Jeune et dont le style aime à s’accommoder de celui d’Anna de Noailles. La rencontre avec Diaghilev fera de lui le poète que tout le monde connait. Mais qui se rappelle de l’Anna-Male ?  Pourquoi serait ce plaisant de l’effacer ? On a ridiculisé bien assez le Comtesse de Noailles, la réduisant à une païenne idiote et trop lyrique… Cocteau a raillé Proust comme la comtesse, mais les dessins de Jean Cocteau traduisent le manque, l’absence de celle qui fut bien longtemps sa « grande-sœur ».

En 1922, dans le Secret Professionnel, Cocteau se plaira à confier que

« La  poésie est pour lui affaire d’« électricité », non de « forme des lampes » : sous cet angle, elle est admirable aussi bien chez Anna de Noailles que chez Tristan Tzara »

Cocteau se faisait alors appeler l’Anna-Mâle par les journaux, ce qui lui valait la réputation d’une tutelle par la comtesse. Sem, caricaturiste hors-pairs, ne le ratera pas en faisant de lui le petit chien de madame la rose insinuant le fait d’un Cocteau servile et suivant la Comtesse.

Le coin des poètes, Caricature de Sem

Le coin des poètes, Caricature de Sem

Passé les années 1910, Cocteau, je vous l’ai déjà dit, est celui que nous connaissons bien. Mais il tient toujours une correspondance avec sa « Grande sœur », Celle qui lui disait « Je préfère à chaque page » parlant du troisième recueil de poésie « la danse de Sophocle », lui fait part de ses regrets quant à ce que j’appellerai son changement de Cap.

L’œuvre qui pour moi, est une des plus marquante de l’œuvre de Cocteau est [Symboliquement peut-être] Le livre Blanc. Certes j’apprécie le personnage de la Comtesse et de l’Anna-Mâle mais C’est le Cocteau de 1927 qui écrira cet ouvrage.  Laissez-moi vous le présenter.

INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS
[Nan j’déconne]

Cocteau et le livre Blanc :
une autobiographie érotico-historique

Le livre blanc a tout d’abord été publié anonymement, ce n’est que bien plus tard que Cocteau a affirmé la paternité de cette œuvre, figurant désormais au sein de ses œuvres complètes.

enfant jeune

Il se confie et essaye d’expliquer, du plus ancien souvenir qu’il ait, d’où vient son homosexualité. Sa relation avec sa famille, le jeune valet de ferme, puis plus tard, le Lycée Condorcet « La classe sentait le gaz, la craie, le sperme », Cocteau arbore la crudité des mots et nous dépeint ses souvenirs.

Oui, il s’agit d’un ouvrage érotique mais à la fois autobiographique, personnel et universel. Ainsi vous le disais-je.

Cocteau aime à nous conter son mal-être, son malaise parfois, ses déchirures. Ainsi et seulement ainsi on peut comprendre un être, s’y personnifier, re-contempler son chef-d’œuvre. [Appelez cela sa vie si vous le souhaitez]. Vous parcourrez ainsi le temps en sautant la relation en relation, de mensonges en tromperies.

Cocteau n’étant pas un coureur de jupons, [au masculin comme au féminin], l’unique qu’il est, n’est alors qu’errance dans le monde de ces

« rencontres rapides où l’égoïsme se satisfait ».

« Mon goût ne serait pas de m’amuser cinq minutes, mais de vivre toujours avec lui ».

Cocteau dors

dormir

C’est un être de sentiment qu’est Jean Cocteau et au travers du Livre blanc. Nous voyons ses maux, ses pansements mal faits et ses névroses, le conduisant toujours à l’échec. Revoyant sur chaque homme séduisant le visage de ceux qu’il eut aimé et perdu.

Les dessins :
la magnificence du Masculin

L’Edition illustrée de 1983 accompagnée des 47 dessins originaux de Cocteau est un petit bijou de livres rares. Le Chat-Moka rêve d’ailleurs de l’avoir dans sa bibliothèque et l’a soigneusement inscrit sur sa lettre au père noël.

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Le trait fin et souple de Cocteau est celui qui habille le mieux ces textes, ils laissent entendre les soupirs de ces hommes qui ont fait de lui le poète usé par le verbe qu’il est devenu. [On eut dit cela de la Comtesse aussi]. Ces traits dépouillés, semblant parfois divaguer rendent avec magnificence la beauté de ces scènes.

Les cheveux qui s’envolent, les poils qui tourbillonnent…Sacré Cocteau ^^

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Des musculatures exacerbés comme seul le Maniérisme nous en avait montrée, des drapées écorchés et solide nous rappelant Egon Schiele, Des visions de scènes d’amour ou règnent la douceur des traits de l’artiste et des sexes tendus et pourtant dénués de vulgarité. Dans une dualité entre complicité malicieuse et simple candeur. Dans la peinture ou même l’art de manière général, Cocteau vient prendre sa place aux cotés de Schiele et de Bouguereau dans ces artistes qui ont magnifié le corps de l’homme.

Le Livre n’est actuellement plus édité par aucune maison d’éditions et c’est vraiment dommage. Il fait partie des chefs d’œuvre méconnus qui ne font pas assez vendre. [Même en période de Cocteau-mania].

C’est une œuvre se doit d’être lu, Le Chat-Moka a été véritablement bouleversé par cette lecture.
Vous pouvez trouver le texte ici, ou ici. Il existe plusieurs version du livre mais l’illustrée me semble la plus judicieuse.

Au risque de vous spoiler, le livre se termine de façon magistrale avec cette phrase que je retiendrais pour des années à venir :

« Un vice de la société fait un vice de ma droiture. Je me retire. En France, ce vice ne mène pas au bagne à cause des mœurs de Cambacérès et de la longévité du Code Napoléon. Mais je n’accepte pas qu’on me tolère. Cela blesse mon amour de l’amour et de la liberté. »

bravo bravo bravo

N’hésitez pas à laisser vos impressions quant à ce livre en commentaire.

Bien à vous,

François MAILLET, pour Chat-Moka

Bibliographie : 

COCTEAU, Jean, Le Livre blanc illustrés des 47 dessins de l’auteur, (Version Numerisée), Ed. de Messine, 1983.

ARFEUILLERE, Manon, DOSSIER : Un artiste, un auteur, une Œuvre Pablo Picasso et Jean Cocteau,  Non édité, Poitiers, 2015.

NOAILLES, Anna (de), Le livre de ma vie, Ed. Barrillat (Réed. 1932), 2008, Paris

NEMER, François, COCTEAU : sur le fil, Coll. Découvertes, Ed. Gallimard, 2003, Paris

Automne-Hiver 2015 : La renaissance des 60’s

 » Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »
Antoine LAVOISIER

Quand Antoine Lavoisier (1743-1794) utilise cette paraphrase du philosophe grec Anaxagore de Clazomènes, pour expliquer l’équilibre des différents éléments chimiques, il n’a jamais du se dire que celle-ci pouvait être applicable pour le domaine de la mode vestimentaire. Et pourtant, l’équilibre des époques provoque, au fil des décades, un mélange surprenant et décapant au niveau du style. La génération du début XXIe siècle s’habille, écoute, voire mange comme nos grands-parents. Pull court, pantalon chino ¾, mocassins, etc. Les grandes maisons de prêt-à-porter ont donc profiter de l’occasion pour remettre au goût du jour des coupes et couleurs d’il y a soixante ans.

Les années 1960 présentent deux périodes vestimentaires bien distinctes : celle du début de la décade, de 1960 à 1964, où les codes fifties sont encore ancrés, avec cols roulés, jupes étroites, chemisiers pastel et vestes unies à chevrons, escarpins classiques aux tons neutres et souvent sombres ; le tout sans excentricités. Jackie Kennedy incarne parfaitement ce style de tenue, vestimentaire et comportemental, la morale dicte ces comportements.

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1. le fameux tailleur Chanel (source : desperatelyseekingsparkle.com)
2. source : ohmymag.com
3. source : vintagefashionguide .com

Pour les hommes, les costumes trois pièces avec gilet cintré sous une veste assortie, mouchoir dans la poche gauche, reste un classique : la série Mad Men illustre cet exemple.

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Source : theguardian.com

image 3Source : hollywoodreporter.com
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Source : indiewire.com

Après 1964, et ce jusqu’en 1969, avant l’arrivée des Hippies, la mode féminine se libère petit à petit : robes trapèze, minijupes, robes chemisiers, cuissardes, couleurs vives ; le tout surmonté d’une choucroute à la Bardot. Les hommes prennent exemples sur les Beatles, et autres groupes anglais que le vent britannique importe au-delà des mers Atlantiques et de la Manche. Des acteurs comme Steve Mc Queen, avec ses gilets à fermetures éclair, ou des chanteurs comme Tom Jones ou James Brown, avec leurs rouflaquettes et bananes, vont clairement instaurer une mode masculine « fémininisée » : le Swinging London montre que le « sexe fort » se préoccupe de son apparence, et impose la mode comme un jeu, où toutes les semaines, un tel accessoire se ringardise au profit d’un nouveau soit plus coloré, soit à la coupe différente de quelques centimètres au niveau des poignets.

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1. Tom Jones (source : mirror.co.uk)
2. James Brown © Jean-Marie Perrier

Pour ce qui est du maquillage, les yeux sont lourdement fardés et le visage poudré de tons naturels (rose pâle, pêche, corail). Le mascara épais étoffe les grands cils, les faux aident les petits cils, le crayon souligne le regard, et les lèvres sont nues et souvent assorties aux ongles. Des modèles, comme Pattie Boyd, Penelope Tree ou Brigitte Bardot (encore) peuvent vous aider.

coiffure

Pattie Boyd © Pinterest.com
Penelope Tree © luneblog.com
Brigitte Bardot © Le Mépris (1963) de JL Godard

Et les bijoux dans tout ça ? Oubliez les breloques hippie. Le must have c’est la perle ! En collier, en bague, en boucles d’oreilles, en bracelet…

bijou

Romy Schnedeir © Abaca
Catherine Deneuve
Sylvie Vartan © Jean-Marie Perrier

Dans le palmarès des enseignes de prêt-à-porter, la marque espagnole Zara tient le bon filon :

FEMME

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Pull en maille – 29.95 euros
Jupe avec poches avant – 19.99 euros

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Robe forme trapèze – 49.95 euros
Robe en microjaquard – 39.95

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Robe en daim – 59.95 euros
Robe color block – 39.95 euros

HOMME

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Polo jacquard – 25.95
Pantalon chino avec ceinture– 39.95
Chelsea boots – 79.95

Manches du polo et pantalon chino à retroussé, chaussettes accordé au polo et visibles.

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Blazer ensemble – 129
col roulé – 59.95
Mocassins – 69.95

D’autres marques de prêt-à-porter comme Pimkie, H&M, ou cache-cache par exemple suivent le même ordre. Mais avouons-le, les prix sont relativement cher et vous constituer une garde de robe dite « vintage », c’est mission impossible. Une seule solution pour les étudiants fauchés (comme moi) : les friperies ! Des deuxièmes mains d’origine, pas faussement vendus, qui vous donneront une véritable valeur à votre style rétro.

A vous de jouer 😉

Hélène Jevaud pour Chat Moka