Penser l’histoire du futur : 2/3 Une question technique : Le tweet, le post, le follow

Dans un monde où règne le paradoxe de l’évolution (du numérique) et la crise financière, on semble apercevoir difficilement le futur, certains le voient flou, d’autres de manière pessimiste… les crises financières ont souvent eu pour conséquence une idée de l’après plus positive, presque utopique. L’histoire du futur n’est pas une question aisée, nous allons dans ce second article essayer de philosopher, de discuter autour du sujet. Mais comment aborder un sujet dont on ne sait rien, nous connaissons l’histoire actuelle, les medias, l’information, mais cela dans 60 ou 100 ans aura sans nul doute bien changé.

Je ne m’appellerai plus Chat Moka si je ne répondais pas qu’il faut l’aborder de manière critique. Sans aller chercher dans le futur, nous voyons que le tweet a envahi nos journaux, après Facebook, Twitter à  lancé la réaction instantanée : L’information est brève et va vite. Succincte donc concentrée, souvent acide elle prend même parfois la place du journaliste. En effet certaines actualités couvertes par les medias contiennent régulièrement autant de Tweet que de contenus d’article. Nous pouvons le voir comme une extension de l’expression des populations mais, internet étant souvent un terrain de défoulement – où l’utilisateur se sent protégé de tout et se permet donc de lâcher les sentiments les plus extrêmes dans un l’idée conformiste du buzz et dans l’envie du « plus de clics ».  On peut alors se demander si c’est correct.

Mon avis est que le métier de journaliste se doit d’être redéfini, que les tweets n’ont à faire ici que le leur rôle de témoignage, d’avis…

Pour ce qui est de la communication les historiens feront plusieurs constats :

I : Les modes de Communications sont disparates et denses.

Nous vivons dans un monde de mots, subversifs parfois mais aussi d’images. Nous sommes entourés d’images travaillées et réfléchies car après tout notre culture mondialisée, tout au plus en France, résulte d’une évolution de nos origines Gréco-romaines (monde d’image par excellence). D’un côté nous retrouvons des medias depuis longtemps utilisés : L’affiche, le tract, les journaux.

izis bidermanas 1960 homme lisant à montmartre

BIDERMANAS, Izis, Homme lisant son journal à Montmartre, 1960

La communication sur ce point n’a pas tellement changé depuis le XXème siècle, si ce n’est peut-être un écart gigantesque de la part artistique que l’on pouvait trouver dans les affiches de la seconde moitié du XXème siècle. La femme est bien entendu en premier plan, le sexe et le désir tout comme l’argent sont des arguments premiers pour faire vendre, adhérer ou réfléchir. D’une autre part nous voyons une morale qui semble pointer le bout de son nez (en dehors du sexisme déjà présent depuis longtemps, Ex = publicité sexuée selon le public visé). Néanmoins les graphistes et agences publicitaires redoublent d’énergie et ainsi le borderline, ces prémices d’idée de révolte que l’on peut même quasiment mettre avec le peu d’art encore présent encore dans la publicité devient « à la mode ». C’est à celui qui fera donc le plus gros « buzz ».

Atelier populaire 1968 affiche beaux arts

Atelier populaire de mai 1968 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où de nombreux artistes ont participé mais également des étudiants, des inconnus…

Le tract est toujours très négativement perçu, il y a une idée de sollicitation trop directe dans un monde où tout peut paraitre « prémâché ». Pour ma part, j’ai toujours entendu dire « pour 100 Tracts, c’est 10 qui le lisent sérieusement, et 1 personne réellement touchée », je ne suis jamais vraiment emballé par les statistiques de ce genre. Les tracts se font de plus en plus rares et laissent place a de l’écrit directement en boite. Avec les initiatives écologiques, le tract devient numérique, quitte à devenir la publicité que l’on mettrait aisément dans nos Spam.

tract apres la barricade d'alger en1960

Tract dans la rue après la barricade à Alger en 1960

Les journaux en kiosque, je ne crois pas en la disparition complète de la version papier malgré l’utilité et l’usage toujours plus grandissant des abonnés aux versions internet des plus grands journaux. Ainsi Rue89 et autres Mediapart nous montrent l’influence du numérique sur l’information dans notre vie.

Face à ces modes hérités des siècles précédents, nous trouvons les petits nouveaux : Les biens nommés Facebook, Twitter, Instagram…

Je crois que Le problème est global avec ces modes de communication, c’est la question de l’algorithme qui décide ce que vous allez voir, c’est le choix de la censure chez Facebook ou les pages de journaux Web bourrées de Tweet. Combien de fois avez lu des articles où les tweets étaient plus nombreux que l’écriture du journaliste ? À la manière de BFM TV où l’information n’est presque pas traitée et nous est servie à la sauce d’un Show Américanisant, le métier de journaliste a énormément évolué et n’est ce qu’il était qu’en montant en « gamme » (c’est à dire soit dans du journal politisé, soit dans du spécialisé).

reseaux sociaux

II/ La question de traitement de l’histoire future

« Une époque qui n’a pas de critique est une époque où l’art est immobile », Oscar Wilde, 1885.

J’amenderai ce cher Monsieur Wilde pour vous soumettre ainsi la question : Une époque qui n’a [Presque] de critique peut-elle avoir un art qui évolue ? C’est William Chevillon, Médiateur culturel à La Roche-sur-Yon, qui endossera le rôle de Chat Moka pour le prochain article et essayera de voir notre vision du futur au travers des arts. Histoire de bien traumatiser ce cher Oscar j’amenderai une seconde fois en posant la phrase ainsi « Une époque qui n’a pas de critique est une époque où l’information et l’Histoire sont immobile ». Car après tout l’information est ce qui fera l’histoire de demain (Bonjour le bazar !).

Alors, comment feront les Historiens dans 60 ans pour étudier tout cela, restera-t-il des traces ? Nous pouvons aisément imaginer la charge des journaux de constituer leurs propres archives mais il faut savoir que depuis (seulement)  les années 90, plusieurs état se sont dotés de servies d’archivages du Web. Bien sûr nous n’avons pas résolu les problèmes de stockage, et ces procédés, En Australie depuis 1996, au Canada depuis 1994 et à la B.n.F. depuis 1992, il y a des services d’archivage de l’Internet mais ce n’est pas l’entièreté du web qui fait l’objet de ces services mais des sites particuliers tels que tout ce qui concerne les campagnes électorales… Malheureusement je crains que Chat Moka ne soit pas redécouvert par des archéologues du Web dans 100 ans… 🙂

Mais la question est intéressante car nous avons aujourd’hui la possibilité d’étudier les plus rares revues parvenue jusqu’à nous. Nous pouvons alors nous demander  ce qu’il deviendra de leurs équivalents actuels (Blogs, website…). ne pas prévoir cette question c’est quelque part une entorse faite à l’histoire du futur.

Nous comptons aussi sur l’action de la recherche française (mais pas que !)  Qui prend à bras le corps ces questions. C’est le cas du projet Euchronie.org qui s’est donné pour mission de glaner au travers du Web les sites d’auto publication sur l’Histoire et d’en créer une base de données. Ce projet donne lieu à des publications sur un site qui sera disponible courant 2016 mais aussi à des billets simplifiés sur le blog https://euchronie.hypotheses.org/.

euchronie

Sommes-nous réellement préparé à faire face à tous ces medias ? Aujourd’hui je pense que non. Les universités ont déjà bien du mal à former à l’outil informatique, les élèves étant parfois plus qualifiés que les professeurs sur le sujet… seulement quelques écoles de journalisme, de communication le font, à mon avis, correctement. Le but de l’Université actuelle devrait être de redéfinir les programmes d’enseignement, tant sur le fond que sur la forme. Nous évoluons dans un système [re]construit au XIXème siècle (même si existant avant), l’évolution des medias fait que l’enseignement ne suit pas assez rapidement et devient peu à peu obsolète. Nous devons redéfinir le rôle de l’université au niveau global. Elle se doit d’être audacieuse et voire initiatrice des techniques nouvelles d’archivages du Web.

La complexité et la surabondance d’information va de pair avec la diversité des points de vue malgré une certaine uniformisation de l’information elle-même. Il faut juste espérer un peu de clémence de la part des futurs historiens qui seront confrontés à cela et prendront de plein fouet le conformisme et la bêtise patente sortant tant des médias classiques que du web.

Comment devrons-nous aborder un Tweet ? Un post Facebook ? Que va-t-il rester de tout cela ? Ce sont des questions qu’il est important d’aborder afin de palier aux potentielles lacunes du patrimoine culturel tant matériel qu’immatériel de notre époque. Sommes-nous préparé à écrire l’histoire de cette manière-là ? Sommes-nous formé ou formaté à traiter l’histoire d’une certaine manière ? Celle-ci convient-elle à une certaine histoire du futur ?

La troisième partie concernera la vision du futur au travers des arts, c’est William Chevillon, médiateur culturel et amoureux du patrimoine, qui a gentiment accepté de traiter le sujet pour Chat Moka.

Bien à vous,

Chat MOKA

Publicités

Penser l’histoire du futur – 1/3

Penser l’histoire du futur : 1/3 Aux sources d’une question rémanente, le XIXème siècle

On a fait remarquer à Chat Moka qu’un regard sur l’histoire était cohérent que s’il n’était pas aveugle du futur, c’est pour cela que nous allons publier cet article en trois temps sur « Penser l’histoire du futur ».  Aujourd’hui nous allons parler du XIXème siècle comme amorçage, puis le second article abordera des questions plus techniques et le troisième de notre vision actuelle du futur dans la culture.

Le XIXème siècle est un virage, un tournant. A la fois tourné vers le passé, siècle des dictionnaires, des archivages et autres classements et constats de la connaissance ; vers le présent avec l’effusion de journaux, canards et autres revues en tout genre ainsi que la profusion de la critique et des inter-influences entre les Arts et les sciences ; mais aussi et finalement vers les futur. Le XIXème est le premier siècle à se penser en tant que tel. Le progrès fait figure de terrain de débat dans l’éternelle querelle des modernes et des anciens. L’avenir n’est donc qu’une projection de nos idéaux politiques, sociaux et religieux dans le prisme limité de la réalité patente.

Jules Verne en 1863 écrit Paris au XXème siècle, mais nous pouvons imaginer qu’il était bien loin de voir un avenir vraiment en contradiction avec son propre temps. Habitué à un positivisme latent dans les « Aventures Extraordinaires », le lecteur ne contemplera ici qu’une vision sombre, futurisme mais rétrogrades du XXème siècle. En bout de course, les années 1960 ne sont que l’hyperbole des années 1860 tels que Verne les imaginait alors. On y voit la contemplation d’un homme face à un temps qui a disparu et au travers se distinguent les inquiétudes et préoccupations des années 1860 (Progrès, travail, Electricité et survivance de l’histoire et des Arts).

Penser le futur selon Verne était alors peut être la meilleure manière, pas vraisemblable mais loin de l’utopie aveugle.

Robida à partir des années 1881 va publier plusieurs ouvrages relevant de l’anticipation. Il prend non pas un contre-pied mais une accentuation par l’humour du point de vue de Monsieur Jules Verne. Au lieu d’y voir les élucubrations de savants fous il y faire paraître l’évolution des plus prosaïque de la technologie et de son adaptation à la vie quotidienne.

D’un autre côté, il image les usages loufoques et les dérives de ce progrès, cette modernité quasiment fantasmée. Nous voyons donc au travers de ses publications un amant qui demande –par téléphone – sa fiancée en mariage, des chalets volants pour la noce, mais aussi plus prosaïquement l’évolution du téléphone – pour quelques sous de plus – en téléphonoscope ! Une invention qui inspirera Albert Robida à maintes reprises pour les caricatures les plus grinçantes.

anticipation_cours_telephonoscopiques 1893 robida

Albert ROBIDA, Femme prenant un cours téléphonoscopique, Gravure, 1893

le theatre par telephonoscope 1893

Albert ROBIDA, Le théâtre par téléphonoscope, Gravure, 1893

Bigre !  Il avait même prédit la vidéo à la demande.

erreur de communucation

Albert ROBIDA, Erreur de communication, Gravure, 1893.

Que ce soit chez Robida ou chez Verne le progrès fascine mais non sans part d’inquiétude. Des auteurs tels que Zola se montrent bien moins positifs, malgré son engagement avant-gardiste dans les arts, ses écrits nous font part d’un futur ou les bâtisseurs ont échoué, ou la finance et l’argent ont meurtrit la société et ou celle-ci se meurt. Et de « l’autre côté » nous voyons les découvertes scientifiques qui s’insinuent dans les arts et la littérature. Les recherches de Charles Henry sur la symbolique et l’effet des couleurs et des lignes sur notre inconscient ; les idées de Wagner d’un art total pouvant atteindre sa forme la plus complète et étanche afin de toucher l’homme dans l’entièreté de ses sens ; mais aussi Munch, Diaghilev ou Fechner. Autant de recherches repoussant les limites du savoir établies, passant du stade de science à science expérimentale quitte à se faire attaquer de tout front. Les sciences repoussent les limites, vont de l’avant.

Il y a parmi ces quelques point de vue/écrits des exemples d’utopie, mais entre les deux nous pouvons trouver Walter Benjamin : la pensée Benjaminienne consiste à annihiler la continuité historique – construite au détriment des petits moments – et ainsi faire resurgir la complexité latente de l’Histoire. Il actualise les savoir, notamment avec son traité sur l’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique et ainsi prolonge la science, marche vers le futur.

Parmi les utopies nous pouvons voir Georges Sand, qui accueille dans ses écrits les ides d’un socialiste utopique et progressiste. Elle nous préfigure les aboutissements d’une explosion de l’industrie ; la bourgeoisie naissante ; les corruptions qui en découlent. Tout en présentant un paysage rural souffrant, appauvri et à l’espoir d’une société plus harmonieuse. Une Utopie pas si éloigné du paysage contemporain finalement.

Utopie pour certain, dystopie pour d’autres, il s’agit de savoir lesquels sont effrayés par le bouleversement complet de la société occidental au XIXème siècle, pour beaucoup les craintes du progrès et du capitalisme (malgré que Das Kapital n’eut été traduit et diffusé en France qu’à partir de 1883) n’ont d’effet que le déraillement d’un avenir censé être tracés mais finalement pas si prévisible.

La question de la revue, fleurissante en fin de siècle et leur place dans l’histoire du futur ne s’est pas posée mais la technologie évoluant, nous verrons qu’il est intéressant de se poser ces questions techniques et d’essayer de débattre une éventuelle histoire du futur.

Bien à vous,
François MAILLET pour CHAT MOKA

Coup de gueule du 1er de l’an

Alors que 2015 s’est achevé, année pénible au demeurant, 2016 arrive tranquillement et l’on ne peut alors qu’espérer des jours meilleurs. Loin de moi l’idée de venir faire une liste des bonnes résolutions si ce n’est vous promettre plus d’articles (et espérons que je tienne cet engagement !) mais plutôt pour pousser un cri qui me démange depuis quelque temps.

Beaucoup seront contre mon avis, d’autres voudront expliciter leurs choix mais je pense qu’il faut tenter d’imaginer, avant d’agir, l’histoire du futur. Il faut, je crois, essayer de se demander ce que l’on souhaite laisser derrière nous. Quand je parle d’histoire, ou d’histoires aussi bien que d’Histoire, je l’entends au sens le plus pluridirectionnel possible, le plus global et le plus large.

Commençons par un constat : face à la crise, l’immobilisme des consciences et le capitalisme vieillissant, bancal et pourtant bien vivace, les pouvoirs en place essayent de consolider (ce n’est que mon point de vue). Ils essayent de sauver, de réparer la machine qui ne fut celle que d’un siècle. Hors de tout constat politique, idéologique parlons un peu d’architecture. J’écrivais il y a quelques temps un article sur la politique culturelle de la ville de Poitiers, ville martyre– devrais-je dire suicidaire  – pour son patrimoine XXème siècle.

 

(deux magnifiques halles métalliques datant du début XXème et ayant été détruites depuis – Rue Magenta et Place Notre Dame) 

La question que j’aborde est surtout celle du pourquoi. Pourquoi s’acharne-t-on à détruire le patrimoine XXème, si tant est qu’il soit bien considéré comme partie intégrante du patrimoine ? Pourquoi ce doute persiste-t-il ? Pourquoi  au faux fuyant d’une envie d’évolution et de redynamisation économique (Hum hum) doit-on sacrifier les chefs d’œuvres non-reconnu du XXème ? Pourquoi le trouve-t-on laid et inutile, quasiment volontaire pour la démolition ?

Le problème n’est pas si complexe qu’il en a l’air, voyons donc la réponse comme une solution. Il vient tout d’abord du fait qu’il est contemporain et que le mot est bien souvent porteur en son sein d’une émotion péjorative. En effet on y voit un coté snob, difficile de compréhension, froid et austère voire élitiste. Le problème est tout d’abord celui des universités, qui ne parle que trop peu du XXème siècle, passons, cela est en voie de changer. Il vient secondement du fait qu’il y a un manque cruel de médiatisation sur ce patrimoine, de vulgarisation.

Avez-vous déjà essayé de discuter patrimoine XXème avec un néophyte, essayez et vous verrez que c’est la question du beau et du fonctionnel le nœud du problème. On ne comprend pas pourquoi des immeubles de rendement serait partie intégrante d’un patrimoine, on ne comprend pas et l’on n’aime pas l’esthétisme de ce siècle. Si vous avez de la chance on vous dira que le béton est dur à entretenir et un véritable désastre d’isolation, mais les murs des appartements haussmannien étaient-ils aussi rentable (car la question est aussi économique) ceux d’un château renaissance aussi ? J’en doute !

On ne parle pas assez d’architecture contemporaine, on ne vulgarise pas assez le sujet voilà tout ! C’est un véritable jargon jalonné de découvertes, de concepts et d’idées novatrices qui paraissent bien désuètes et complexes à qui n’a pas étudié la chose. On comprend l’architecture médiévale car elle nous a été vaguement inculquée par la société. Les gens (pardonnez ce début de phrase maladroit) n’ont pas été habitués à aimer, et avant cela, à comprendre l’architecture de leur temps. A défaut de comprendre notre temps on se tourne vers le passé ou alors on détruit ce patrimoine maudit pour tenter de voir dans un futur. Repensons aux halles 1900 détruites à Poitiers, au Théâtre que la mairie voudrait condamner à accueillir un centre commercial (nihilisme de la culture elle-même et du lieu d’origine —> Pétition par ici !), à l’ancien square de la République, etc… (Bien sur nous pouvons voir l’exemple du Bois et chiffons du Bd. Grand Cerf) et puis, puisqu’il  n’y a pas d’art plus politique que l’architecture, il faut souligner qu’une construction est toujours un acte politique. Construire des logements de luxe au lieu de faire un centre de culture ou une maison du peuple et des associations révèle bien des choses…

Que l’on ne se méprenne à penser que je suis passéiste, non, bien au contraire. Il faut à mon avis encourager l’architecture contemporaine, actuelle, mais pas au sacrifice d’un autre patrimoine. Faire vivre ou laisser mourir, c’est encore la question primordiale ! Je suis pour les réhabilitations, les  réappropriations, les remises en service, les contournements de fonction première mais surtout et avant tout pour la conservation du patrimoine plutôt que son annihilation comme nous avons pu le voir ces dernières années. Je ne suis pas pour les villes figées, les villes musées mais pour un respect de l’histoire, un art d’influence et d’enrichissement, de conservation des sources et de l’origine sera toujours plus riche qu’une architecture uniformisée faite de verre et de plastique…

On me le reprochera mais je vais terminer par une morale, si l’on ne connait pas l’histoire comment peut-on vouloir bâtir le futur ? Rappelons que l’art nouveau a été détruit jusque dans les années 1960 ou seulement, il a commencé à être sauvé par l’état. Dans quelques années, les historiens se tourneront vers les actes, les politiciens, les destructions et bâtirons demain avec peine, l’histoire d’aujourd’hui sur les fantômes détruits du patrimoine XXème siècle.

Bien à vous,

Chat MOKA !

LE CHAT MOKA SORT LES GRIFFES !

Tant d’atrocités, tant de barbaries sous prétexte de raison religieuse… Le Chat-Moka – très tardivement – Souhaitait réagir à ces événements. Nous sommes un blog étudiant d’actualité culturelle et artistique et soutenons toutes les cultures, l’art au sens le plus ouvert et ne pouvons considérer ce genre d’ignominie.

Premièrement nous sommes étudiants, et à ce titre, nous prenons des libertés :

Celle de parler, librement, de sujet sans contrainte d’Age, de titre, de classe sociale ou de sexe. Les milieux étudiants sont ceux qui forment les générations à venir et c’est pourquoi nous aimons être critique. De tels immondices dans la société ne nous donnent que l’envie d’être plus acides et justes, critiques et exubérants. Nous continuerons à parler de sexe, à montrer des gens nus, à soutenir les opprimés par la culture et l’art. Le chat Moka à sorti les griffes et comptes bien continuer à écrire !

Celle de prêcher, pas de bonne parole ou de parole religieuse, nous prêchons l’amour, le sentiment, la peur et les larmes, le bonheur et l’exaltation par la curiosité et la découverte. Les populations sont restées trop longtemps la tête dans le sable, il faut ouvrir les yeux, se cultiver, éteindre la télévision et ouvrir un livre par exemple. C’est comme cela que le monde se reconstruit à notre avis. C’est en plaçant l’art et la culture au milieu de nos vies. L’histoire nous le prouve bien.

« Celui qui ne connait pas l’Histoire est condamné à la revivre »
KARL MARX

Secondement nous parlons d’actualité :

L’actualité c’est la critique, nous nous engagerons aux causes qui nous paraîtrons justes et objectives. L’actualité c’est prendre position, c’est ne pas s’encombrer des non-dits et aller là où un étudiant n’est pas censé mettre le nez.

Nous ne faisons pas de politique.
Nous restons critique face au monde.
Nous adoptons une vision humaine, sans distinction d’origine, de croyances, d’age ou de sexe…(ni même de sexualité)
Chat Moka prêche un monde plus rock n’roll et plein d’intelligence bien utilisée.

Face à toutes ces horreurs… Le Chat Moka sort les griffes !

Nos prochains sujets ne sont autres que les grandes figures homosexuelles des années 1900 et la représentation du diable lui-même. Nous cherchons toujours désespérément un chaton pour nous pondre de bons articles sur le Rock dépravés qui déplaît tant à Daesh. Continuons à être isolants et effrontés. Le chat moka n’a peur que des boules de poils et des puces mais certainement pas de la haine, l’Histoire nous à prouver que contre la haine, les plus belles actions étaient celles de l’amour et de la culture.

Bien à vous,

Chat Moka

Top 5 des mondaines plus Rock N’Roll qu’il n’y parait

Tout d’abord, je m’excuse auprès de nos lecteurs, les ignominies de ces derniers jours ont quelque peu ralenti ma productivité.

Mais qui étaient donc ces femmes, ces mondaines posant pour les peintres à  la suite de rendez-vous pris dans les soirées mondaines en vogue. C’est intéressant de voir que l’on ne connait/s’intéresse à qu’une partie des 1900, peut être question de choix, peut être question de mode, ceci étant, on ne parle jamais de ces femmes qui ont pourtant inspirées tant de grands artistes.

Portrait de la Comtesse de Greffulhe par Alexius Philip Laszlo

Portrait de la Comtesse de Greffulhe par Alexius Philip Laszlo

Comtesse de Greffulhe

Actuellement au Palais Galliera à Paris sévit une exposition sur la Garde-Robe de la Comtesse de Greffulhe, mais peu de gens connaissent réellement ces femmes qui, à l’aube du XXème siècle ont apprivoisé Paris lors des salons et des soirées mondaines.

Cousine éloignée de la Princesse Bibesco, et encore plus éloignée d’Anna de Noailles, Cette femme s’implique véritablement dans la culture des tous paris mondains. Elle se plait à organiser une exposition au profit de la Société Philanthropique sur le thème des « Chapeaux de Théâtre ». C’est tout un univers de relations autour de ces femmes qui s’y attroupent. La mode est quelque chose qui est pris au sérieux par celles-ci. L’exposition à pour but de porter secours aux amateurs de théâtre, on voit nombre de publication dans les journaux de l’année 1906.  Dans ces années ci, c’est le journal « Les modes » qui parlent le mieux de tout cela. On y trouve des explications quant à l’exposition mais aussi et surtout les reproductions en image sans oublier la liste du gratin qui s’y trouvait.

Elisabeth de Caraman-Chimay, Comtesse de Greffulhe a été dans ces premières années du XXème siècle la femme la plus en vue de la capitale. Femme douce mais à l’élégance atypique, son intelligence et sa culture font d’elle la femme passionnée par l’organisation de spectacle qu’elle restera. C’est un véritable entrepreneur en son temps ! Proust aura le désir d’approcher cette femme fascinante aux yeux profond mais cela se révélera « trop facile » et il devra de nombreuses fois se résoudre à refuser ses invitations.

Ces journaux sont une réelle mine d’or historique (bien sur demandant vérification, mais tout de même) nous y apprenons que tel comte vient de passer l’été à tel endroit et qu’il y a organisée une sauterie des plus mondaines (Encore ici on trouve la liste des invités). Vous l’aurez compris c’est un peu l’ancêtre de la presse people.

Portrait officiel de la Comtesse de Noailles décorée de la Medaille de Commandeur de la Legion d'Honneur par Kees Van Dongen en 1931

Portrait officiel de la Comtesse de Noailles décorée de la Médaille de Commandeur de la Légion d’Honneur par Kees Van Dongen en 1931

Comtesse de Noailles

Oui, vous allez finir par en avoir assez, mais pas encore…

Bien sûr que la Comtesse de Noailles fait partie intégrante de ce gratin, mais ce ne sera pas toujours le cas. Son salon de l’avenue Hoche aura beaucoup d’influence, ses écrits son commenté par beaucoup. Bien sur la richesse du Comte de Noailles (tout comme celle du Comte de Greffulhe) aura contribué à donner à ces dames du monde avec le temps une image d’idiote et d’inutile. Heureusement ces jours ci, ces princesses, comtesses et autres mondaines font leur grand retour dans l’histoire et l’histoire de l’art ainsi que dans nos musées.

Au-delà de son salon, les tenues de la Comtesse sont absolument extraordinaires. Récemment j’ai pu croisé un site de vente de vêtement traditionnel sur internet qui prétendait que la Comtesse de Noailles avait fait connaitre la tenue traditionnelle roumaine à la capitale, bien sûr ! C’est une aberration. La tenue traditionnelle roumaine ? Si l’on connait un tant soit peu le pays, on voit ces tenues blanches à broderies rouge, figure du paysan national si longtemps entretenu… on imagine mal la comtesse se vêtir telle une « ţarancă » (Paysane) dans les salons littéraires mondains de la Capitale.

Passionnée par les grands de ce monde, par la nature et le lyrisme romantique de Musset, ou l’universalité d’Hugo. Anna de Noailles sera à l’initiatrice de l’actuel Prix Femina, Académicienne en Belgique et première femme Commandeur de la Legion d’Honneur Française.

Au-delà de ces quelques formalités, Pour moi c’était surtout un être de sentiment, d’érudition et de culture, une femme usée par le verbe ! Imaginez donc cette jeune fille que l’on appelait Anna Brancovan, une fleur roumaine se sentant plus française que toutes les françaises, qui à l’Age de 15 ans avait déjà lu tout Hugo et Musset, qui commençait Anatole France et qui ne croyait résolument pas en Dieu.

Autoportrait par Winnaretta Singer

Autoportrait par Winnaretta Singer

Princesse de Polignac

Pour ceux qui ne la connaisse pas, je me permets de vous présenter « Winnie », Winnaretta Singer, Madame Edmond de Polignac. Elle représentait, comme les Noailles, les Greffulhe ou les Bibesco, une des grandes familles fortunées de la fin du XIXème. Son nom ne vous est pas inconnu avouez ?  Nous avons tous une grand-tata qui raccommodent les bas de pantalons à l’aide de sa machine à coudre Singer ! Eh  ! et bien, Winnaretta Singer est l’héritière de cet empire de machine à coudre ! Winnie, c’est aussi une des grandes figures lesbiennes du debut des années 1900. Que voulez-vous, il fallait bien sauver les apparences. Elle fréquentera Romaine Brooks, pour ne citer que la plus connue [que dis-je, en plus de son mari].

New-yorkaise d’origine, après un mariage raté qu’elle fait annuler par le Vatican, Elle se marie avec un Homosexuel discret de 59 ans, ce qui lui permet d’avoir une liberté amoureuse. Le plus drôle dans l’histoire c’est que ce n’est pas la seule à avoir recours à ce genre de mariage. Romaine Brooks par exemple a fait –à peu de choses près– la même chose avec son mari.

Tout comme la Comtesse de Greffulhe, elle aime à donner l’argent de son merveilleux mari (et de sa propre famille) aux œuvres caritatives et sociales. C’est, tout comme le portrait mondain, une des grandes pratiques de l’aristocratie de ces années-ci. C’est une femme qui fréquente les milieux érudits, les salons littéraires et ainsi, sa double nationalité lui sera bien utile car on viendra lui demander la traduction de certains ouvrages tels que le fameux « Walden ou la vie dans les bois » de Henry David Thoreau dans sa première version. Livre qui nous avait déjà été conseillé par Radio Pulsar il y a quelques semaines.

Portrait de le Princesse Bibesco par Boldini en 1911

Portrait de le Princesse Bibesco par Boldini en 1911

Princesse Bibesco

Marthe Lahovary de son nom de jeune fille est née à Bucarest en 1886. Bibesco lui viendra de son mariage avec Georges Valentin Bibesco de Caraman Chimay [Gare à ceux qui critiqueraient les noms à rallonge, j’ai écrit ici la version courte]. Mariage qui fait d’elle, la cousine par alliance d’Anna de Noailles, une de ses lettres à Marcel Proust nous révèle qu’elles ont en plus de cela une arrière-grand-mère en en commun. Moi ? Cautionner la consanguinité ? Jamais !

Parlons peu mais parlons bien, Marthe Bibesco est une éminente femme de lettre des années 1900, elle siégera aussi en tant que membre étranger littéraire à l’académie royale de langue et de littérature française en Belgique mais contrairement à ce qui est dit bien souvent, pas à la même chaire que la comtesse de Noailles.

La princesse Bibesco est surtout la Muse véritable de Marcel Proust, la plus douce et la plus lyrique.

Portrait de Laure de Sade, Comtesse Adhéaume de Chevigné par Federico de Madrazo

Portrait de Laure de Sade, Comtesse Adhéaume de Chevigné par Federico de Madrazo

Comtesse de Chevigné

Pour continuer dans la liste des mondaines plus Rock N’Roll qu’il n’y parait, j’introduis Laure Marie Charlotte de Sade de son nom de jeune fille. Ce n’est pas rien d’être descendante du Marquis de Sade ! Elle aussi fut une des sources d’inspiration pour Marcel Proust. Je pense que toutes ces comtesses, princesses et autres mondaines 1900, avait pour confesseur l’Abbé Mugnier. Il devait en savoir des choses cet homme. Peut–être que le Chat-Moka écrira un article sur lui d’ici peu.

Laure de Chevigné, Comtesse d’une famille légitimiste, elle tient un salon musical et artistique. C’est un milieu ou la culture est aussi importante que l’argent. Loin de toute critique, elle disait que ses amis et ses années se pouvaient être comptés sur  ses colliers ». En effet ceux-ci avait pour tradition de se cotiser pour lui acheter un nouveau rang de perle chaque année.

Toutes ces femmes, si l’on oublie leurs penchants Légitimistes, Bonapartiste, Royalistes, paraissent pour les néophytes bien ennuyeuses, et puis, en creusant un peu on trouve plus qu’ailleurs le lot d’amusement nécessaire à chaque classe sociale. Entre les mariages arrangés entre homosexuels notables, salons bondés d’artistes, Comtesses extravagantes aux milles tenues, muses des années 1900. Ces femmes sont ici bien maigrement résumées, j’espère vous avoir intrigué sur ces quelques personnages. Il existe bien des références littéraires à leurs sujets, à vous de jouer !

Bien à vous,

Chat Moka.

Hayao MIYAZAKI à l’épreuve des Arts : Hommage rendu par Chat-Moka.

Pour ne reprendre que ses biographes, Hayao Miyazaki n’a pas eu une vie facile. Encore très jeune sa famille est chassée de son port d’attache par des bombardements de l’armée américaine. Le jeune Hayao est alors passionné de bandes dessinées et très tôt il saura que son destin est mêlé au griffonnage qu’il pratique en dehors de ses cours. Il suit des cours d’économie à Tokyo mais ne laisse en rien tomber son rêve.

Il n’entrera que bien plus tard au fameux studio Tôei mais ne réalisera son premier long métrage qu’en 1979 dans le studio A Production. C’est alors que né ce film qui restera tel un classique de l’animation japonaise : Lupin III ou Le Château de Cagliostro.

Le fameux studio Ghibli naitra en 1984 après le succès de Nausicaa de la vallée du vent. L’histoire personnelle de cet artiste nous montre des similitudes dans ses œuvres, des thèmes récurrents tels que l’enfance, la solitude, le deuil, la nature, l’aviation et les bombardements…

Je ne veux pas reprendre toutes les choses déjà dites par le passé, l’intérêt d’un tel article n’est pas de citer d’autres auteur mais de développer une esquisse, une idée nouvelle peut être. Laissez porter par le chat moka aux travers de l’œuvre de Hayao Miyazaki.

 Ce sacré Hayao est pour le Chat-Moka, un homme très cultivé qui tire ses sources de notre histoire, de sources antiques, médiévales, modernes et contemporaines. Parlons peu mais parlons bien, commençons par l’antiquité.

Histoire et antiquité chez Hayao Miyazaki.

Les ruines sont une chose très commune chez Miyazaki, ainsi son passé a une emprise sur sa création actuelle. Souvent le deuil, la nostalgie son empreinte dans les images qu’il vient nous montrer. La nature ayant repris ses droits, la nostalgie d’une époque dorée, d’un Age d’or tel que nous avons longtemps [et encore aujourd’hui] perçu la période antique. Ainsi sont les ruines de Laputa dans Le Château dans le ciel mais pour procéder chronologiquement prenons l’exemple de la Cité Antique submergée par les eaux dans Lupin III : Le Château de Cagliostro. Trésor préservé par les ancêtres d’une très vielle famille aristocrate, cette cité nous montre des ruines conservée par les eaux. Une cité inventée de toute pièce mais qui nous faire penser au ruines athénienne ou Romaine.

Gravures Forum Romanun- Copyrights Wikimedia Commons Cité Antique de la Citadellle Cagliostro - Copyright Hayao MIYAZAKI

Gravures Forum Romanun- Copyrights Wikimedia Commons
Cité Antique de la Citadellle Cagliostro – Copyright Hayao MIYAZAKI

De plus Miyazaki nous offre ici un dialogue magnifique, il nous expose une vision que nous apprécions du Patrimoine.

« Wolf : Vous vous rendez compte clarisse ? Une cité romaine sous le lac. Quand les romains ont été chassés, Ils n’ont pas eu d’autres choix, pour la sauver de leurs ennemis, que de l’immerger. Quand vos ancêtres l’ont découverte, ils décidèrent de la protéger et de la préserver pour les générations futures.

Toujours Wolf : c’est un trésor inestimable pour l’humanité. Malheureusement je n’en profiterais pas. Comment voulez-vous que je le revende ? [Fleur Pellerin n’avait pas encore fourré son groin ici] vous êtes la dernière et la seule descendante des Cagliostro, qu’allez-vous en faire ?

Clarisse : Il ne m’appartient pas, il est la propriété de chaque être humain de la planète. Il est notre mémoire ! »

BRAVO HAYAO !!!!  [Fleur !!! Prend s’en de la graine]

Citadelles et représentations byzantines, quelques sources médiévales…

Encore une fois, je pense nécessaire d’insister, je ne dis que ce sont les inspirations de Miyazaki, mais qu’il y des inspirations quel qu’elles soient et que le rêve prend racine sur les réalités.

En fin de compte très peu de chose sur la période Médiévale dans l’œuvre Miyazaki. Etant dans les contrées de Dracula (Vlad pour les intimes) j’ai vu beaucoup d’église orthodoxe où l’on voit des peintures murales magnifiques. Beaucoup d’entre elles sont du XIXème siècle et adoptent le style « Néo »-Brancovan de rigueur.  C’est en voyant des anges d’influence byzantine que j’ai pensée au générique du commencement du Château dans le ciel. J’avais tout d’abord vu de la Renaissance et plus particulièrement des Putti à la Michel-Ange. En fin de compte, l’un dans l’autre ce sont des magnifiques influences pour un univers des plus formidables

Représentations d'Ange Byzantins - Copyrights Un Sogno Italiano Blog Générique du Château dans le ciel - Copyright Hayao MIYAZAKI

Représentations d’Ange Byzantins – Copyrights Un Sogno Italiano Blog
Générique du Château dans le ciel – Copyright Hayao MIYAZAKI

Pour ce qui est des villes, c’est plutôt capilotracté que de parler de période médiévale parce que ce sont des villes que l’on trouve aujourd’hui encore (Comme le reste au final). Mais pour les besoins de mon plan chronologique, il faudra vous en contenter.

Voyez comme le château des Cagliostro peut prendre des allures de Sisteron ou encore du Castelul Bran ? Intéressant non ? Poitiers un jour, Poitiers toujours ! Dans le château Ambulant on voit cette ville faite de maison à colombage que j’aime beaucoup et Pictave que je suis, la comparaison semble évidente. [Oui il est passablement possible que Poitiers me manque]

 

Photographies des maisons à colombages de Poitiers Ville de Sophie dans le Chateau Ambulant - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Photographies des maisons à colombages de Poitiers
Ville de Sophie dans le Chateau Ambulant – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Photographies du Castelul Bran et de la Citadelle de Sisteron Château Cagliostro - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Photographies du Castelul Bran et de la Citadelle de Sisteron
Château Cagliostro – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Période Moderne, entre idéal et révolution des savoirs.

La période médiéval n’est pas ce que l’on peut trouver le plus, je ne vais pas citer tous les châteaux que l’on voit dans les films d’animations de Mizayaki car je n’y vois pas vraiment d’inspiration spécifique et encore moins de discours concernant cette période [Exception faite des anges byzantins]. Mais avançons un peu plus loin dans la chronologie et projetons-nous dans les inspirations Modernes. Renaissance, théoricien de l’art et de l’architecture, on a de suite en tête les dessins de Leonardo Da Vinci, de Leon Battista Alberti… on pense aux cités idéales, aux mécanismes inventifs et innovants [souvent abracadabrants chez Miyazaki].

Plan d'architecture et de ville nouvelle de Vauban, Theorie de cité idéales et imprenables selon Giorgio Martini Laputa, Château dans le ciel - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Plan d’architecture et de ville nouvelle de Vauban, Theorie de cité idéales et imprenables selon Giorgio Martini – Copyrights Wikimedia Commons. Laputa, Château dans le ciel – Copyrights Hayao MIYAZAKI

D’un coup d’un seul, j’en suis convaincu, vous avez en tête l’image de Laputa !!! N’est-ce pas ? La première fois que j’ai vu La château dans le ciel, j’étais enfant et j’avoue ne pas avoir vu en cette cité merveilleuse autre chose qu’une imposante cité volante et me faisant rêver. Entre temps [10 ans] j’ai revu ce chef-d’œuvre de l’animation et les croquis et théorie de cité idéale m’ont sauté aux yeux. D’un coup me venait à l’idée les théories de cité renaissante imprenables.

Un historien de l’art voit en Laputa la réalisation des croquis de Giorgio Martini (1439-1502) mais aussi des théories platoniciennes sur l’architecture, des villes idéales, forteresses magnifiques et imprenables, mais avec une petite touche des fortifications de Vauban. Je ne m’avance pas sur les inspirations de Hayao Miyazaki mais il est sûr qu’il a eu à sa disposition un conséquent panel de théorie sur les villes idéales, et qu’il est intéressant de relever ces quelques ressemblances.

Ville idéale selon les theories platonicienne. Laputa, Château dans le ciel - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Ville idéale selon les theories platoniciennes.
Laputa, Château dans le ciel – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Gravure de Rose Croix en 1618- Copyrights Wikimedia Commons Le Château Ambulant - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Gravure de Rose Croix en 1618- Copyrights Wikimedia Commons
Le Château Ambulant – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Pour continuer avec cette période je vais me contenter de comparer les machineries « Miyazakiennes » avec les dessins de De-Vinci.

Dessins de Leonardo Da-Vinci comparé à ceux de Miyazaki - Copyrights Wikimedia Commons Machines

Dessins de Leonardo Da-Vinci comparé à ceux de Miyazaki – Copyrights Wikimedia Commons
Machines « Miyazakiennes » – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Dessins de Leonardo Da-Vinci - Copyrights Wikimedia Commons Lupin III, ou le Château des Cagliostro - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Dessins de Leonardo Da-Vinci – Copyrights Wikimedia Commons
Lupin III, ou le Château des Cagliostro – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Dessins de Leonardo Da-Vinci - Copyrights Wikimedia Commons Générique du Château dans le ciel - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Dessins de Leonardo Da-Vinci – Copyrights Wikimedia Commons
Générique du Château dans le ciel – Copyrights Hayao MIYAZAKI

La renaissance, autant pour l’armement que pour l’ingénierie civile, a vu naitre des inventions et des projets ambitieux. Miyazaki ne l’est pas moins.

Des influences « contemporaines »variées :

Et puis passant d’époque en époque, nous arrivons a cette fin de XVIIIème siècle, ce debut de XIXème et le romantisme bat son plein, Caspar David Friedrich ne sera pas en reste, Mamie Sophie non plus. C’est d’ailleurs cet exemple qui m’a donné l’idée de cet article.

Voyageur contemplant une mer de nuage, Capar David Friedrichn Huile sur toile, 95x75, 1818. - Copyrights Wikimedia Commons Mamie Sophie dans le Chateau Ambulant- Copyrights Hayao MIYAZAKI

Voyageur contemplant une mer de nuage, Capar David Friedrichn Huile sur toile, 95×75, 1818. – Copyrights Wikimedia Commons
Mamie Sophie dans le Chateau Ambulant- Copyrights Hayao MIYAZAKI

La ressemblance est frappante et pourtant légère ! Chapeau l’artiste, et oui ! Remarquer la position du rocher au second plan, et en arrière-plan le gros rocher de gauche et le petit à droite… Bizarre ? Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre !!! Alors bien je vois de loin arriver les sceptiques, bien sur les nécessités du film d’animation ont fait simplifier ce léger d’œil à Miyazaki, mais aussi pour que cela en reste un [de clin d’œil] il faut qu’il soit discret.

CLin d'oeil

Les avions sont très intéressants chez Miyazaki, ils ont toujours un petit quelque chose en commun avec les insectes, les mouches, abeilles…. On les trouverait presque vivant. Connaisseurs !! Souvenez-vous du moment où – après y avoir atterri violement- Mamie Sophie extrait l’appareil volant du château ambulant et il se remet à bouger [à fonctionner si vous préférez]. Je trouve ce moment frappant de vie !

Montage Miyazaki 7

Une forge, Fernand, Cormon, Huile sur toile, 72×92, 1893, Musée d’Orsay, Paris – Copyrights Wikimedia Commons. Le laminage de l’acier, André, Rixens, Huile sur toile, 1887, Musée d’Orsay, Paris – Copyrights Wikimedia Commons. Générique du Château dans le ciel – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Les scènes ouvrières me font personnellement penser aux Naturalistes urbains du XIXème siècle tel que Bonhommé, Rixens …etc

Comparons encore un peu quelques croquis, vous voulez bien ?

Apres avoir vu ces machines volantes, ces mécanismes impressionnant, le contemporanéiste que je suis a pensé à Jean Tinguely. Bien sûr je ne sais pas si ce bon vieux Hayao le connait, mais il y quelque chose d’emprunté au nouveau réalisme ? Tinguely mais aussi Spoerri ? L’assemblage fait de bric et de broc qui prend vie par la volonté d’un homme. La métaphore est frappante !!!

Duchamp remis en place et 1 des 12 corps en morceaux du Château d'Oiron (CMN) Figurine Château ambulant

Duchamp remis en place et 1 des 12 corps en morceaux du Château d’Oiron (CMN)
Figurine Château ambulant

Retable de l'Abondance occidentale et du Mercantilisme totalitaire [et son croquis] , Jean Tinguely,structure, 1989. - Copyrights Wikimedia Commons Dessins d’engrenage pas Leonardo Da Vinci - Copyrights Wikimedia Commons Etude pour le chateau ambulant - Copyrights Hayao MIYAZAKI

Retable de l’Abondance occidentale et du Mercantilisme totalitaire [et son croquis] , Jean Tinguely,structure, 1989. – Copyrights Wikimedia Commons
Dessins d’engrenage pas Leonardo Da Vinci – Copyrights Wikimedia Commons
Etude pour le chateau ambulant – Copyrights Hayao MIYAZAKI

Pour conclure, [j’espère vous avoir fait un peu rêver les yeux ouverts, moi j’y ai pris beaucoup de plaisir] Miyazaki est un homme plein de ressource parce que le monde est vaste et lui aussi plein de ressource. Il a ce talent qui consiste à faire de la réalité un rêve. Ne perdez pas espoir car même si Miyazaki a d’ores et déjà tiré sa révérence au monde de l’animation, le monde n’est pas si moche. Malgré, et je pense surtout Grace à son très dur passé, Hayao rivalise de surprise, de magie, de poésie et le tout venant transformer le monde réel avec la plus douce légèreté. [ oui aujourd’hui je mets des .GIF partout]. mon article n’est peut être pas assez complet quoiqu’il me semble plutôt garni, les musiques des films de Miyazaki mériteraient un article à elles seules…
clairon attrape la du con

Il suffit de garder une âme d’enfant et tout devient possible. Le Chat-Moka à lui aussi l’impression d’être encore ce jeune Chaton aux coussinets fébriles, d’être un Miyazaki [ou un Chat-Pote] en devenir…

Bien à vous,

Chat Moka, François MAILLET

QUEL AVENIR POUR L’UNIVERSITÉ ? Interview de François BLANCHARD

Sans titre - 1-01

Chers étudiant[e]s et autres bêtes en tout genre, avec un peu d’attente je vous laisse découvrir les Questions / Réponses de l’interview de François BLANCHARD, adjoint au Maire de la ville de Poitiers à la Jeunesse et la Vie Étudiante.

François BLANCHARD - Copyright Nouvelle Republique

François BLANCHARD – Copyright Nouvelle Republique

Cher Monsieur BLANCHARD, Tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre aux questions du Chat Moka sur ce sujet qui, il faut bien l’avouer, peut s’avérer sensible dans certaines régions.

Chat Moka : Selon vous quel est l’avenir de l’Université au sens national du terme dans ce regroupement ? L’université est un organisme qui, dans des régions comme la notre, est beaucoup lié a un ancrage local, départemental… Comment l’Université de demain se devra de fonctionner ?

F.BLANCHARD : La réforme territoriale est une chance pour nos universités. Je comprend que l’on peut avoir des peurs, notamment pour des universités telles que celle de Poitiers alors que nous allons avoir Bordeaux dans la même région . C’est pour cela que les universités ont intérêt à s’allier. C’est ce qu’on à fait localement en créant une communauté d’universités entre Poitiers, Tours, Limoges, Orléans et La Rochelle. Cela permettra de conserver à Poitiers un pôle universitaire fort, qui aura suffisamment de poids pour se faire entendre, pour porter une offre de formation  ambitieuse et qui sera complémentaire à celle de Bordeaux. C’est un bel avenir qu’ont nos universités.

 Chat Moka : Prenons l’Université de Poitiers maintenant : On sait que nous sommes à la pointe dans des domaines tels que la géologie,  que va devenir ce domaine ? N’avez-vous pas l’impression que de telles compétences vont se noyer dans une organisation trop grande pour elle ?

F.BLANCHARD : Nous n’avons pas attendue la création des communautés d’universités pour atteindre l’excellence dans bon nombres de domaines. Et ce n’est pas la réforme des universités et la réforme des régions qui vont changer cela. Si nous sommes à la pointe, c’est parce que nous avons les professeurs, les chercheurs, les laboratoires de recherche, les écosystèmes qui permettent cela. Et cela sera accentué par les réformes, qui je le redit, sont une chance et qui vont permettre de créer des complémentarités, des croisements entre université plutôt que de la concurrence.

Chat Moka : On sait que les budgets de SHA ont beaucoup souffert les années précédentes : Peut-on être sur que les budgets de l’enseignement supérieur ne vont pas encore être amputés ?

F. BLANCHARD : Le projet de loi de finance 2015 a prévu un budget pour l’enseignement supérieur légèrement en hausse. Le Premier ministre viens d’annoncer il y a quelque jours une augmentation de 100 millions d’euros du budget de l’enseignement supérieur pour 2016. Je ne dit pas que c’est suffisant, que cela permet aisément aux universités de boucler leurs budgets sans difficultés, notamment lorsque l’on voit l’augmentation du nombre d’inscrit dans les universités. Il va devenir de plus en plus compliqué pour une université de pouvoir accueillir dans de bonnes conditions tous ses étudiants s’il n’y a pas de créations de postes par exemple. Je ne nie et ne minimise donc pas leurs difficultés. Mais je dit que ce n’est pas la même chose d’avoir un gouvernement de gauche par rapport à  un gouvernement de droite. Des moyens nouveaux sont consacrés, notamment sur la vie étudiante pour permettre au plus grand nombre d’accéder à des études de l’enseignement supérieur. Cela va donc dans le bon sens.

Informations post- Interview :

Il faut savoir que ce budget est très loin de faire l’unanimité (de Gauche comme de Droite). Si nous y regardons de plus près l’annonce des 100 Millions d’augmentations aux budgets de l’enseignement national correspond à quelque chose de très clair : La réalité que l’Etat ne ponctionnera pas cette année mais en aucun cas le fait d’une augmentation.

Jean Loup Salzmann - Copyright Wikimedia Commons

Jean Loup Salzmann – Copyright Wikimedia Commons

On retient l’intervention de Monsieur Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des présidents d’université CPU, qui précise  qu’il n’y ici qu’un seul point positif c’est que l’« On ne va pas toucher aux fonds de roulement des facs cette année ». 

Quelques liens de Journaux Généralistes pour vous en dire plus : 

– Le Monde
– L’Étudiant
– Ouest France 

Chat Moka : On sait aussi que la ville de Poitiers a signé des accords de non-baisse de budget avec l’Etat : Un tel accord pourrait-il être conçu entre cette future et grande université et l’état pour la non-baisse voir l’augmentation des budgets ?

Il y a une petite confusion dans la question. J’imagine que vous faites référence à l’accord signé entre la ville de Poitiers et l’Etat pour que les budgets alloués à la culture ne diminuent pas durant les 3 prochaines années. Nous avons eu de la chance de pouvoir le faire tant on sais l’importance de la culture pour le bien vivre ensemble. Concernant l’Enseignement supérieur , le contrat de plan Etat-Région 2015-2020 prévoit par contre, en plus des crédits de droit commun, de financer 6 projets de recherche et améliorer la performance énergétique des bâtiments d’enseignement supérieur, de recherche et des logements étudiants. C’est un vrai effort.

Commentaire post-Interview :

Il n’empêche que cela ne répond pas tellement à notre question, avec les quelques liens insérés précédemment nous savons tout de même que les budgets ne seront -EN THÉORIE – pas touchés.

Chat Moka : Autre exemple : Poitiers est bien connu pour son CESCM et son pôle de Médiéviste, quel sera la place d’un tel pôle face au monstre que représente l’Université Bordeaux Montaigne ?

 F. BLANCHARD: Sa place c’est l’excellence. Le CESCM est un laboratoire qui fait, avec le pôle médiéviste, rayonner l’université et la ville de Poitiers dans le monde entiers. C ‘est une référence et il en sera toujours ainsi après la réforme.

 Chat Moka : Centre Presse a publié le 26 août dernier un article où Monsieur Macaire explique la nécessité de garder l’éducation dans le champ d’action de Poitiers à l’échelle régionale, si ce n’est pas le cas, quel pourrait être les conséquences sur l’université de Poitiers ?

Nous avons d’ores et déjà obtenu le fait que le rectorat puisse rester à Poitiers, l’enjeux maintenant est de savoir si nous auront la coordination des  3 rectorats de la nouvelle région. Quoiqu’il en soit, en s’alliant avec les universités de Tours, Orléans, Limoges, La Rochelle, et en obtenant le siège social de cette communauté d’universités à Poitiers, nous nous assurons d’un pôle universitaire fort et pérenne à Poitiers. Le ministre de l’enseignement supérieur, venu à Poitiers le mois dernier, a rappelé la nécessité d’avoir 2 pôles universitaires forts dans la nouvelle région, celui de Bordeaux, et celui de Poitiers. C’est donc plutôt engageant pour l’avenir.

Chat Moka : J’avoue que le Chat Moka n’est pas très rassuré sur l’idée d’une seule grosse université, l’idée du Ministre nous aide un peu à ronronner sur nos deux oreilles.

Peut-on imaginer des pôles justement ?  Un Bordeaux Montaigne Contemporain  / Poitiers Antique et médiéval ?

Bien sûr, non pas qu’il est impossible d’avoir une formation à Poitiers en histoire contemporaine, mais nous savons que nous excellons en histoire médiévale, et nous excellons dans le monde entiers. Faisons en une de nos forces.

Chat Moka : Le projet de regroupement régional est avant tout un projet économique, peut-on prévoir des améliorations pour les laboratoires de recherches ? Une potentielle augmentation des bourses doctorales ?

Ce n’est pas qu’un projet économique, mais oui, profitons de cette réforme pour renforcer la recherche dans nos territoires, dans nos universités. Mais la encore, sans vouloir trop politiser le débat, la gauche et la droite ce n’est pas la même chose. Ce sera d’ailleurs un des grands enjeux des prochaines élections régionales.

PS (Chat Moka) : Il suffit de regarder les budgets pour voir que cela ne viendra pas de l’Etat, (puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’une augmentation) toujours est il que beaucoup de bourses doctorales sont attribuées par les régions. Regrouper les laboratoires de recherche, passons, espérons juste que ces regroupements se feront consciencieusement et ne servirons pas à l’Etat d’économie de bout de chandelles. 

Chat Moka : Mouais… Chat Moka pendra soin de lire toutes les déclarations faites par tous les candidats ainsi que les chiffres concernant nos villes et nos régions. Avant de mettre les pattounes dans l’isoloir nous voulons être bien informé, d’où ce genre d’Interview. Continuons, vous voulez bien ?  Quelle place dans cette organisation pour les universités de Niort – La Rochelle-Limoges ?

F. BLANCHARD : C’est un peu différent pour Niort qui n’est pas une université mais une délocalisation de l’Université de Poitiers, spécialisée dans le droit des assurances essentiellement. Nombre de sièges sociaux des grands groupes assurantiels se trouvant dans l’agglomération de Niort, on peut imaginer qu’il va perdurer dans le temps. Pour les universités de La Rochelle et de Limoges, elles atteignent l’excellence dans un certain nombre de domaines, il faut qu’il en soit encore ainsi avec la COMUE, c’est d’ailleurs son sens. Pour des raisons évidentes de proximité et d’accès à l’enseignement supérieur pour tous, il faut que dans tous les pôles universitaires il y ai un premier cycle général dans tous les domaines, avec des débuts de spécialisations. A partir des seconds cycles (masters), chaque université a ses domaines de pointes.  Dans cette perspective la, les universités de La Rochelle et de Limoges ont aussi des choses à dire.

Chat Moka : Petite précision, il impliquera donc aux étudiants, si ce projet est effectué de cette façon ci, d’aller faire leur recherches ailleurs que sur le lieu où avaient débutées leurs études. Là aussi ça peut être à double tranchant… Chat Moka le sait bien mais le précise pour nos étudiants inquiets et paniqués par la nouvelle, l’Etat est dans l’obligation d’assurer l’achèvement de la formation initiée, les Licences finirons leurs licences, les Masters leurs masters… Les Doctorants moins sur…

Dessin d'un auteur inconnu - Copyright Editions Kontre Kulture

Dessin d’un auteur inconnu – Copyright Editions Kontre Kulture


Mais enfin c’est écrit quelque part dans le Pavé écorné à couverture rouge similicuir qui me sert de cale-porte, j’ai toujours su que le Code de l’Education Dalloz me serrait utile. 

Chat Moka : On voit que l’Université de ne s’arrête pas a cette reforme, elle va de l’avant avec l’arrivée de la nouvelle professeure Claire Barbillon qui vient de créer  un double diplôme entre Poitiers et l’Ecole de Louvre. N’est-ce pas paradoxal d’unifier les universités et dans le même temps tendre a des alliances au niveau national ?

F. BLANCHARD : Les alliances sont une bonnes choses, et on a intérêt à s’allier. Une alliance, c’est permettre d’aller plus loin dans ce que l’on propose, tout en s’assurant de conserver une formation de qualité sur son territoire, dans son université. Il n’y a donc aucun paradoxe, mais que de l’intelligence dans cela.

Chat Moka :Ne va-t-on pas dans la direction d’une université unique et nationale ?

 Aucun risque

Encore un très grand merci à vous Monsieur BLANCHARD, Le Chat-Moka n’est pas entièrement rassuré mais il est pour le moins (un peu plus) informé. J’espère que vous, étudiants vous le serez aussi !

Bien à vous,

François MAILLET, Chat Moka

De racines et d’écorces : La Roumanie entre source et confins de l’Art occidental

montage brauner roumanie

Alors que la Roumanie a aujourd’hui disparu de nos manuels d’histoire, je m’affaire à redécouvrir la culture de ce pays. Peuple formé par les colons grecs du VIIème siècle, les Daces. L’art Roumain et sa culture aux allures de melting-pot ne sont pas absents de ce que nous connaissons des XIX et XXèmes siècles. Pour ne prendre que les plus connus il suffira d’évoquer Constantin Brancuşi, Tristan Tzara, Theodor Aman, Mihai Eminescu pour que nous viennes à l’esprit quelques images bien connues. Constatons quelques hypothèses sur le rapport entre réalité et imaginaire, matériel et spirituel, histoire et croyance populaire dans l’art roumain toutes périodes confondues. Ces pays de l’Europe centrale n’ont donc pas la même conception de la réalité que l’Europe occidentale. Quelles différences escompte-t-on alors entre cultures ? Quelles considérations voit-on sur des sujets constituant pour l’iconographie comme la mort ou l’imaginaire collectif ? Suit donc une brève étude la place des croyances roumaines dans les constructions artistiques des XIX et XXème siècles.

Il faut tout d’abord savoir que c’est un pays croyant et ce depuis l’ère romaine ou le peuple Thrace vint étendre le corps de l’empire Romain en Dacie (l’actuelle Roumanie composée de la Valachie et de la Transylvanie). Cette ferveur des croyances leur a permis de résister maintes fois aux envahisseurs. La Roumanie c’est 87 % d’Orthodoxes¹ . A priori cela ne change pas grand-chose mais on doit penser au fait que c’est une Eglise qui est plus locale que nationale. On doit aussi penser au fait que c’est une église qui ne tient pas compte de tous les Conciles. La pratique s’en trouve différentes, les croyances aussi. C’est un fait, les croyances sont plus « locales » et à vrai dire elles sont aussi plus sensible [à ce qui nous entoure].

La situation de la Roumanie est spéciale, proche de Constantinople, prise entre l’Orient et l’Occident elle est le lieu d’un véritable melting-pot culturel. Comme le faisait les romains, on trouve dans la mythologie populaire roumaine des figures allégoriques de l’aurore, du Crépuscule et de Minuit qui en Dacie nous figure une bataille constante de trois frères². Avant tout les Roumains sont très lié à la nature, c’est un peuple de la forêt ! Ici aussi on trouve des allégories, la mère, le père, la fille de la Forêt sont des êtres qui assurent une vie en harmonie et la bonne tenue des traditions. Les recettes de « grand-mère » en sont marquées par exemple. Souvent certains arbres ont des propriétés qui leurs sont propres et accompagnées le jeune tout au long de sa vie.

Le hêtre protégerait des démons. Pour se faire pardonner ses péchés, il suffirait de graver un sapin d’une croix et de se confesser à l’arbre, si, un an après, l’aber commence à dessécher c’est que les péchés ne sont pas pardonnés.
Certes on trouve aussi en Europe Occidentale des rites et des croyances [qui tendent à disparaître] mais le spirituel et le rationnel est encré différemment dans cette culture.

Draco (animal à tête de loup et corps de dragon) symbole des tribus Dace

Draco (animal à tête de loup et corps de dragon) symbole des tribus Daces dans l’Antiquité

     Les Roumains sont des descendants des Daces, du peuple Thraces, Le mot dace lui-même est originaire étymologiquement du mot Loup en Phrygien dos (Langue Thrace). Leur étendard représentait un animal à tête de loup, symbolique d’intelligence, de justice et d’indépendance. Les célébrations en rapport à cet animal sont toujours nocturnes car il est associé à l’hiver, aux ténèbres et au froid.

Parlons un peu d’art et d’artistes ! La Roumanie de par sa culture fixe dans l’art une part d’improbabilité, d’originalité directe qui lui est propre.

Constantin Brancuşi, notions d’Infini dans l’invisible…

Très tôt ce sculpteur roumain est à la recherche de vérité. Constantin Brancuşi s’est trouvé au centre d’un combat pour une redéfinition des « règles » de l’esthétique. Ayant fréquenté l’école des Beaux-Arts de Bucarest, il s’installe à Paris en 1904 et y développe un style indépendant. En effet Brancuşi réalise des figures par l’élimination du détail et de l’anecdote, répétant continuellement des variantes de ses formes. Il joue avec cette épure maximale dévoilant son œuvre sous les traits d’une universalité troublante, des notions d’infini, de vide, de temps et de mouvement par le media le moins docile a ce dernier. Le socle y a aussi son importance puisqu’il situe la sculpture dans un lieu qui est démarqué de la réalité. Pour finir Brancuşi instaure un réel dialogue corporel à l’œuvre, celles-ci englobent l’espace environnant et donc mettent en scène le spectateur, la façon dont elles sont perçues… Modigliani, Picasso, Leger, Duchamp sont pour son œuvre des influences prégnantes. C’est une œuvre délicate, attentionné, indépendante, portant à une réflexion troublante sur les limites de notre réalité et de la place de l’œuvre d’Art que celle de Constantin Brancuşi.

Constantin Brâncuși travaillant à la colonne sans fin

Constantin Brâncuși travaillant à sa colonne infinie

La colonne infinie par Constantin Brâncuși

La colonne infinie de Constantin Brâncuși

Tristan Tzara : C’est DADA qui commence à vous parler !

Le 8 Février 1916, dans le fond du Cabaret Voltaire Tristan Tzara s’écrie « DADA » ce qui suscita un enthousiasme certain. La guerre alors sévit depuis 654 jours et l’on veut, à Zurich, remettre de l’ordre. Le Dadaïsme est alors conçu comme un nihilisme artistique, tel l’apologie de l’absurde et si une chose est sure déjà à l’époque c’est que DADA est un mot qui ne signifie rien. Le manifeste DADA sortira en 1916. Le rapport à la réalité est une question intéressante, on voit déjà au premier abord un rapport à l’absurde. L’improbable, le nihilisme comme cristallisation de la construction artistique nouvelle ouvre alors sur plusieurs choses qui prendront fin en 1923 et seront continuées par les surréalistes dès 1924.

Manifeste du mouvement DADA de 1918

Manifeste du mouvement DADA de 1918

Le démantèlement de la langue rend compte de la reconstruction destructive dans toute sa splendeur. On notera l’expérimentation de poèmes simultanés : quelques voix récitent, crient, chantent, sifflent, c’est un récitatif contrapuntique³ . Ces poésies sont alors mélancoliques, drôles ou étranges et le tout est garni de bruits et syllabes. C’est le renversement de la « réalité », de la logique, des codes établis, c’est l’avant-garde ! Apparaitrons plus tard des vers sans mots, des poèmes phonétiques montrant la destruction de la réalité par l’art. Ils renvoient au monde toute son absurdité, la guerre fait rage et les DADA réduisent les coups de canons à des coups de tambours et des cris poétiques.

Marcel Janco, Victor et Theodor Brauner : les surréalistes des Balkans.

Photographie réunissant de gauche à droite : Tristan Tzara, Georges Janco, Marcel Janco et Jules Janco

Photographie réunissant de gauche à droite : Tristan Tzara, Georges Janco, Marcel Janco et Jules Janco

Masque de Marcel Janco reprenant un portrait de Tristan Tzara

Masque de Marcel Janco reprenant un portrait de Tristan Tzara

Les surréalistes ne seront pas mis de côté, Marcel Janco lui, avait participé aux soirées DADA du cabaret Voltaire et continuera son œuvre au fil des années participant aussi à la mouvance surréaliste aux cotés des Frères Brauner. Victor et Theodor Brauner sont artistes, l’un né en Roumanie, l’autre à Vienne, les deux sont élevés à Bucarest. Victor est le plus connu aujourd’hui, ayant produit peinture et Ready-made. Theodor lui est plus connu pour ses photographies, plus particulièrement pour avoir inventé la technique du Solarfix. [Le Solarfix est un procédé photographique constituant  la production d’image sans l’emploi d’objectif, d’appareil ou d’autre intermédiaire entre la lumière du soleil et la surface photosensible du papier. Elle fut inventée par Theodor Brauner en 1934]

C’est alors une déconstruction des techniques, un refus des règles, un nihilisme artistique inscrit dans la prolongation des Dadaïstes.

Solarfix de Theodor Brauner

Solarfix de Théodor Brauner

« J’exposais d’abord mon papier sensible en plein soleil. En pleine contradiction avec toutes les techniques connues et offertes à tous. Je me trouvais, moi, en dehors des lois, libre et autonome. Je m’imposais mes règles.»
Theodor Brauner

François MAILLET 
Chat moka 

[1] La différence entre Orthodoxie et Catholicisme est mince, c’est surtout une question de reconnaissance des Conciles. Par Exemple celui de 1962 qui reformait la pratique, rendant le culte plus proche et accessible à la population chrétienne, n’est pas reconnu. La séparation des Eglises d’Orient et D’occident remonte au Schisme de l’an 1054.

[2] Ces trois frères se disputent depuis la nuit des temps pour une chemise offerte par leur mère et qui créa la discorde. Depuis ce jour les trois frères terrorisent les jeunes gens et enlève les jeunes filles pour les emmener aux enfers. C’est toujours l’aurore qui tire la victoire et qui parfois ramène les jeunes filles.

[3] Le récitatif contrapunctique est une expression empruntée au vocabulaire musical désignant une partition ou s’enchevêtrent plusieurs portées, c’est ici le fait que plusieurs poètes récitent en même temps différents contenus.

État critique : Réflexions autour de la critique d’art

Photo-montage (Couverture du livre de Jacqueline Razgonnikoff et portrait d'Oscar Wilde)

Oscar Wilde écrit en 1890 dans The Critic as Artist

« An age that has no criticism is either an age in which art is immobile »

« Une époque qui n’a pas de critique est une époque où l’art est immobile »

C’est dans ce fameux dialogue entre Ernest et Gilbert que Wilde nous éprouve ces idées mais nous allons voir qu’elles peuvent s’appliquer aujourd’hui encore.

Nous avons, au début de l’année 2015 écrit au sujet d’une exposition à la cité Chaillot.  Nous avons pris le temps de voir quelles étaient les critiques des journaux à ce sujet et tous n’effleurent que du bout des doigts l’idée d’un Viollet le duc destructeur d’une vérité architecturale face au restaurateur et sauveteur des cathédrales. Sous prétexte de ne pas parler de débat on switch tout un pan intellectuel de la perception Viollet-le-ducienne. Ce sont donc des critiques simples et trop fades à mon gout.

Dans son livre de 2011, « de Diderot à Roland Barthes, Eloge de la Critique » Jacqueline Razgonnikoff s’attriste d’une critique se limitant aujourd’hui à quelques lignes engoncées « entre une rubrique People et les indispensables programmes de la toute puissante télévision ».

C’est entre autre un livre que je vous conseille sans hésiter mais surtout avec lequel je suis tout à fait en accord.  Nous avons à faire à des journaleux assoiffés de faire vendre et d’aller [se] faire voir. C’est bien trop souvent que l’on peut lire les mêmes salades affables, les fatalités les plus fades et donc le plus à même de se retrouver dans tous nos médias.  Dans quel intérêt ces critiques sont-elles écrites? Dans quelles propensions ces quelques lignes font elle avancer la culture ? En quoi sont-elles utiles ?

Il est temps de retrouver l’humain, l’humanisme ! De vivre pour la connaissance et pour l’enrichissement intellectuel ainsi que pour le partage !  Pour reprendre le départ de ce billet d’humeur, Wilde le dit très bien, l’art ne peut avoir d’avenir sans critique, sans réaction acide et parfois violente. La critique se doit d’être réfléchie par des gens cultivés, à même de pouvoir faire avancer l’humain qu’est l’artiste sans irriter son amour-propre. L’humain définir alors le concept de critique qui permet en elle-même de renouveler les formes de l’art.

montage artmode schmidtpancol

Qu’ils s’agissent de nos énarques, de nos pop-stars préférées ou de votre voisin qui squatte votre place de parking, ce sont toujours les mêmes questions : la presse devient rébarbative. On veut savoir qui est telle personne, son histoire… Pourquoi n’irait-on pas demander son avis culturel à un patron de multinationale ? Pourquoi Delphine de Vigan ou Katherine Pancol ne s’essayeraient pas à des interviews mode ou musique ?  Pourquoi tout autant se limiter à l’avis « des vainqueurs » ? Certes les journaux commencent à voir au-delà des limites établies, mais c’est une refonte de l’actualité elle-même qu’il faut envisager. Il faut informer non pas unanimement mais s’engager sans pour autant faire de propagande, les journalistes se doivent d’être libres mais à force de vouloir fournir les faits objectifs ont fini par n’avoir que des banalités, les médias ratissent large pour faire grimper l’audimat !

A quoi bon nous montrer les marchés de Provence tous les midis sur la vénérable chaîne TF1 alors qu’il y aurait tant d’autres choses à dire ?  L’information est devenue loisir, la politique est devenue spectacle, la presse est désormais l’avis unique et universel.

Où est l’époque bénie du journalisme engagé ? Des crieurs de journaux politisés dans les rues ? Des critiques influents et sans pitié ? L’humanisme manque dans ce monde de lettres asséchées où l’on cherche la rentabilité d’une culture qui tente de vivre. Pour terminer comme j’ai commencé cet article je vous laisserais sur la réflexion qui suit : si la critique devient aujourd’hui affaire de commerce, de productivité, comment veut-on faire un art non commercial ?  Notre art est-il alors mobile [selon la pensée d’Oscar Wilde] ?  à t-il une chance de prospérer ?

Bien à vous  !

Votre Chat-Moka, François MAILLET

La question du Patrimoine à Poitiers

6tag_160215-010108

Vue du Clain, Boulevard Coligny © François MAILLET

Poitiers –ville romane par excellence– capitale s’il en est de l’art médiéval du Centre Ouest, peut se sentir fière de ses 2000 ans d’Histoire. Elle se dit être l’alchimie parfaite entre patrimoine historique et édifices contemporains cependant la conception de la conservation et de la valorisation à Poitiers est loin de faire l’unanimité.

Veüe d’une voute de l’Amphithéatre de Poictiers, Bastie par les Romains pour les Spectacles, 1699, par Louis Boudan © BnF

Les premiers pas de l’Archéologie Pictavienne remonte au XIXème siècle

C’est au tout début du XIXème siècle que l’archéologie prend ses marques à Poitiers. Les artistes viennent peindre et graver les arènes aujourd’hui manquantes. En 1844 Antoine Bourgnon de Layre publie une étude sur « les arènes de Poitiers [1]», le patrimoine Gallo-Romain intéresse[2]. D’autres suivrons cet engouement pour la publication et l’étude archéologique. L’un des « grands » du domaine à Poitiers est le Père Camille de la Croix. A son actif on compte un peu moins d’une dizaine de chantiers. Comme partout en France l’archéologie et la recherche sont grandement freinées par les guerres mondiales. Elles ne reprendront réellement qu’avec le scandale de la place du Marché en 1973.

Les grands travaux à Poitiers : 

Photographie de l'Actuelle Place Charles de Gaule en 1970.

Photographie de l’Actuelle Place Charles de Gaule en 1970.

En  Juin 1973, sous la municipalité Vertadier (UDR), le grand projet d’urbanisme est de rebâtir la place Notre Dame et la doter d’un grand parking ainsi que de nouvelles halles. Dans ces années où la France connait de ville en ville une course à la modernité, on constate ce besoin de neuf, de nouveau, d’innovation dans le domaine du bâtit.[3]  On creuse alors allègrement dans le sol de la place Notre Dame. Des découvertes sont faites, malgré ces dernières on continue à creuser et à détruire à coup de pelleteuse des vestiges Gallo-Romains.

Carte Postale figurant le marche de la place Notre-Dame et la collégiale Notre Dame la Grande. © Jules Robuchon

Carte Postale figurant le marche de la place Notre-Dame et la collégiale Notre Dame la Grande. © Jules Robuchon

La visite de Maurice DRUON, Ministre des affaires culturelles du Gouvernement Pompidou, en 1973. © NR Archives

La visite de Maurice DRUON, Ministre des affaires culturelles du gouvernement Pompidou, en 1973. © NR Archives

Maurice Druon (UDR), Ministre des affaires culturelles de l’époque fera le déplacement pour voir l’avancement des travaux et pour aplanir la polémique. C’est un sujet encore sensible dans le monde de l’archéologie Pictavienne. Finalement il y aura des fouilles archéologiques.Des sources variées[4] nous montrent la réalité de l’ampleur du site, à l’époque il n’y avait malheureusement qu’une mince poignée d’archéologues qui avait été chargée d’étudier ce site. La volonté des pouvoirs en place fut sans doute de limiter la constatation de l’ampleur des dégâts qu’ils avaient eux-mêmes engendrés. Quelques temps plus tard, les fouilles terminées le parking est construit, le marché de style Baltard détruit. Cet immense creux laisse place à ce que l’on connait aujourd’hui. Un des plus grands amphithéâtres Gallo-Romains se trouve sous nos pieds, chose que l’on ne peut pas voir sur les cartes postales. Au milieu du XIXème c’était encore une ruine de taille qui, dans les années 1857-1860, a été remplacée par un ensemble de grands immeubles privés[5]. A l‘époque déjà le privé savait l’emporter sur le patrimoine Historique.

Sous les pavés, non pas la plage mais l’histoire :

Veüe du dedans de  l’Amphithéatre de Poictiers, Bastie par les Romains pour les Spectacles, 1699, par Louis Boudan ©BnF

Veüe du dedans de l’Amphithéatre de Poictiers, Bastie par les Romains pour les Spectacles, 1699, par Louis Boudan ©BnF

L’amphithéâtre de Poitiers n’est que peu connu. Cela vient sans doute du fait qu’il est réputé comme étant totalement détruit. Et ce alors même qu’il en reste encore quelques vestiges[6]. Il n’en est préservés à ce jour de visibles que quelques voûtes Rue Bourcani ainsi que de minces vestiges dans les sous-sols privés[7]. On peut aussi constater que même la signalisation de ces vestiges a été retirée –à croire que la municipalité en a honte–. Les rues sont très marquées par cette construction antique.  Antoine de Bourgnon de Layre en 1844 le soulignait déjà. Le Ministère de l’Equipement et du Logement en 1967 fait aussi réaliser des plans qui affirment les écrits de Bourgnon de Layre. A notre époque nous ne pouvons que déplorer les dégâts que cause l’ignorance d’un sujet comme celui-ci. Nous ne pouvons que contempler nos municipalités successives laissant ces quelques voûtes Gallo-romaine être serties par le béton, les ruines et la tôle.

Bien sur il s’agit ici de fait sur l’archéologie, parlons un peu de monuments historiques :

Question d’époque ?

Nous avons vu que la modernité a été le fait de grands travaux à Poitiers comme partout. La fin du XXème siècle, période certes empreinte de la dureté de la crise du pétrole, nous exposait une époque qui allait vers l’avant. La destruction faisait partie intégrante de la modernité. Malheureusement  la conscience du patrimoine du siècle passé était faible. Aujourd’hui encore ce manque de considération pour l’architecture actuelle se fait sentir. Si l’on compare nos deux époques –est-ce dû à crise ? Ou à l’austérité ? Je ne sais pas–, nous sommes dans des temps pessimistes, architecturalement novateurs mais plus rétrogrades et conservateurs que ce n’était le cas en 1970. L’article présent en est la preuve. On tombe en curiosité devant ces cartes postales, on préfère l’architecture  1850  à la création nouvelle. On parle ici d’une nostalgie quasiment romantique de nos villes d’antan, d’un certain Patrimoine urbain[8] . Le sujet « Patrimoine » est donc à double tranchant[9].

« Mon pessimisme apparent répond […] à un parti rhétorique et il ne doit pas masquer un optimisme fondamental. L’intérêt que je porte au patrimoine bâti, historique ou non, ne doit, en aucune manière, être interprété comme une marque de passéisme. Je milite contre toutes les formes actuelles de muséification, mais pour une pratique mémorielle qui conditionne l’innovation. »

Françoise CHOAY[10]

Projet d'élévations sud et ouest, Lardillier et Martineau architectes (vers 1952-53). Noter les projets de bas-reliefs.

Projet d’élévations sud et ouest, Lardillier et Martineau architectes (vers 1952-53). © NR Archives

phototap

Questions de Choix :

On connait la triste affaire du théâtre, on ne prend souvent que quelques exemples mais l’ampleur de la question Patrimoine, ici ou ailleurs, est bien plus vaste. L’affaire vient de faire l’objet d’une décision judiciaire défavorable mais continuera peut être pour cause d’appel. Ce bâtiment est un manifeste, celui du laisser-faire des autorités quant au devenir du patrimoine.  Il y a notamment son immense miroir en verrerie Pansart[11], verre églomisé incrusté d’Or et d’Argent mais pas que cela : l’intérieur est un témoignage exceptionnel du Style 1940. L’édifice a été cédé à un promoteur pour seulement 510 000 € (sic !). Plusieurs enquêtes impartiales, objectives ont été publiées faisant état des arguments des uns et des autres.i22638_Verre_eglomise_de_Robert_Pansart

La ministre de la culture, Madame Fleur Pellerin sera à Poitiers Aujourd’hui Lundi 13 avril 2015 pour la signature du pacte culturel liant la ville à l’état, ainsi que dans le cadre des 30 ans du label ville d’art et d’histoire. Un rassemblement est organisé par le collectif de défense du théâtre de Poitiers qui a depuis quelques jours demandé une audience à la Ministre. (Sans réponse) Il s’agit de sauver un théâtre, de refuser qu’un lieu de culture soit bradé à un promoteur qui en fait des commerces et des logements de luxe. Vous serez tenu au courant des avancées de cette affaire.

Il n’est jamais trop tard pour se rendre compte de ses erreurs, il n’est pas trop tard, non ! Le maire de Poitiers doit reconnaître les siennes et enfin valoriser, au contraire des maires précédents, les monuments du siècle passé.

fouille trésorerie générale 1973

Chantier de la Rue Riffault

autre Chantier de fouilles, rue de la marne-TAP, © INRAP en 1994

autre chantier de fouilles, rue de la marne-TAP, © INRAP en 1994

En Février 2012, lors des travaux de Poitiers Cœur d’Agglo plusieurs choses sont à noter :

– il faut accepter de dire que les fouilles archéologiques ont été faites avec conscience[12] dans le carrefour de rues Magenta et du Petit Bonneveau.

jules coutant 1848-4939 Monument aux morts de la guerre de 1870 avant decapage V.Dujardin

Jules coutant (1848-4939) Monument aux morts de la guerre de 1870 avant « décapage » © V.Dujardin

Vue du Square Magenta avant les travaux du Projet Coeur d'Agglo, Photographie © D.R.

Vue du Square Magenta avant les travaux du Projet Coeur d’Agglo, Photographie © D.R.

– Cependant à quelques mètres d’ici  dans le square de la république, les grilles sont arrachées du sol, la place est pavée, et les sculptures que l’on doit à Jules Coutan (1848-1939) sont décapées.  La mairie répond que des tests ont été opérés et que « l’hydrogommage » était la meilleure des solutions pour nettoyer ces bronzes. N’en déplaise à la municipalité de gauche qui a autrement usé du Karcher (Expression habituellement affiliée à l’UMP) sur la culture et le patrimoine. Etait-ce alors une préfiguration ?  Résultat de la boulette : 35 000 € de frais.

Jules Coutant (1848-1939) Monument aux morts de la guerre de 1870 après decapage © V.Dujardin

Jules Coutant (1848-1939) Monument aux morts de la guerre de 1870 après decapage © V.Dujardin

Ces derniers temps

J’apprends ces derniers jours l’affaire de la rue de la Cathédrale, un avocat faisant creuser sa piscine sur un ancien cimetière, les dégâts sont faits, plus rien n’est à fouiller, les archéologues n’ont donc rien à trouver puisque le terrain a déjà été massacré. Ce qui est bien à être juriste, c’est que l’on sait d’autant mieux ce que l’on peut ignorer.

La municipalité ne fait pas rien, elle vient de voter les subventions pour le développement plus poussé d’une application[13] pour la mise en valeur du patrimoine Médiéval mais aussi Antique de la ville, celle-ci nous permettra de voir le Limonum antique ou bien le Poitiers Médiéval (en concours avec l’INRAP).  Sujet qui a aussi été soumis au vote par le conseil municipal : un nouveau monument aux morts « New Génération ». Quelques centaines de milliers d’euros pour un bâti high-tech du jeune artiste Antonin Fourneau, spécialiste des dispositifs interactifs. L’idée n’est pas forcement mauvaise mais la question est surtout de savoir si l’on n’a pas d’autres dépenses plus urgentes à Poitiers ? Le théâtre ? Les places en crèches ? Créer de nouveaux emplois ? Ces quelques questions pour soulever que dans le fond, tout est question de choix politique.

Conclusion

Résumer l’histoire de Poitiers pour ce qui est du patrimoine n’est pas toujours très rose. On voit de belles découvertes[14] cependant on parle bien de volonté de conservation et de politique du patrimoine, les volontés politiques elles, sont parfois moins flagrantes. On préfère mettre en valeur un pastiche de façade Art nouveau plutôt que les vestiges de l’amphithéâtre Gallo-Romain. On fait une politique culturelle de rentabilité avec l’affaire du théâtre. On s’acharne à faire de l’économie sur l’action de conservation-valorisation. Et quand il s’agit de communication, de couleurs clinquantes, ou d’un architecte renommé, Poitiers, ville d’Art et d’Histoire, cède tout ! C’est la preuve que les décisions en matière de patrimoine sont encore des volontés de communication et pas l’affaire de professionnels de la culture. Partout en France le patrimoine est bien trop souvent géré par des gens non qualifiés. C’est aussi souvent de tristes dégâts qui sont perpétués, tant de taches dans l’histoire des villes qui construisent les lacunes historiques de demain ! La mairie a à chaque fois des cailloux dans ses chaussures, des épines dans les pieds et continue pourtant à marcher quitte à boitiller un peu.

François MAILLET
Co-Chat Moka 

[1] Antonin Bourgnon de Layre, Ainé Lamotte, L’amphithéâtre romain ou les arènes de Poitiers avec des plans et une explication architectonique dressés, Société des antiquaires de l’Ouest, Saurin,‎ Poitiers, 1844.

[2] D’où quelques publications comme celle qui suit : Bélisaire Ledain, Mémoire sur l’enceinte gallo-romaine de Poitiers, sa configuration, sa composition, son origine, sa destruction, illustrations par Amédée Brouillet, Société des Antiquaires de l’Ouest, Poitiers, 1872.

[3] C’est aussi dans ces année-là que la France vit la création d’une commission de la recherche architecturale, on tend à une architecture collective depuis déjà une vingtaine d’années, on travaille sur le l’acte même de construire, son rôle, ses visées.

[4] Photographies, cartes postales, archives et films de l’époque dont
l’accès est plus que complexe

[5] Henry Perrault, Catalogue illustré des tableaux, dessins, gravures, statues de la ville de Poitiers, Musée Sainte-Croix, Société française d’imprimerie, Poitiers, 1930 : à l’époque déjà on avait conscience de la stupidité de la destruction des arènes de Poitiers dans les années 1857.

[6]  GOLVIN (Jean-Claude) et J.H., D’un « Palais Galien » à l’autre. Nouvelles recherches sur l’amphithéâtre de Poitiers (Lemonum Pictonum), dans : Hommage à Robert Etienne (Publ. du Centre Pierre Paris, 17 = extr. de la R.E.A., 88, 1986), Bordeaux, 1988, p. 77-108, fig. 11-21

[7] Documentation de la ville de Poitiers sur les Découvertes archéologiques : Le reste des vestiges se trouvant juste en dessous des paves des rues environnantes.

[8] CHOAY Françoise, Allégorie du Patrimoine, Edition du seuil, réed.  1992, Paris, 1999, pp. 130-151. C’est l’idée de ces résidus romantique d’admiration de nos vieux villages, d’un conservatisme présent à l’époque d’Haussmann et qui nous viennent tout droit de John RUSKIN.

[9] C’est à savoir s’il faut privilégier le patrimoine face à la création architecturale ou l’inverse.

[10] CHOAY Françoise, Le patrimoine en questions, Anthologie pour un combat, Coll.la couleur des idées, Ed. du Seuil, Paris, 2009, pp. 209-210.

[11] Ce miroir est signé de l’atelier Pansart,  des allégories sur fond d’arcades, Robert Pansart a notamment réalisé plusieurs décors du paquebot France.

[12] L’impression générale d’un rachat de conscience archéologique.

[13] Aux travers de nos smartphones précisons-le.

[14] Des exemples de fouilles comme les chantiers de la Rue Riffault, de la Rue de la Marne ou encore du Fanum de St Eloi. on peut aussi noter les fouilles des Cordelliers ou encore celles de l’immeuble des Hospitalières